Rugby : à Millau, la belle transmission à l'aile entre père et fils chez les Wadelle

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  • Gautier et son père Jean-François Wadelle, pour l‘amour du rugby.
    Gautier et son père Jean-François Wadelle, pour l‘amour du rugby. Centre Presse Aveyron - DR
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Stéphane Sécail

Les Millavois démarrent demain dimanche 12 mai à Bourges les phases finales de Fédérale 2, leur place de dauphin de la poule 3 leur ayant octroyé un sésame direct en 16e de finale sans passer par les barrages. Pour envisager une éventuelle montée à l’étage supérieur, il faudra passer deux tours, les rencontres se jouant en match aller-retour avec avantage du terrain au mieux classé. Le Som n’a plus joué en Fédérale 1 depuis 2006 déjà, et la dernière montée remonte à la saison 1996-97, qui avait vu les Millavois s’imposer face à Morlaas à l’issue d’un combat épique et accéder ainsi au plus haut niveau fédéral de l’époque.

Cette saison-là, qui fut quasi parfaite, l’équipe une mais aussi la B échouaient en demi-finale de leurs championnats respectifs, ce qui d’ailleurs laissa beaucoup de regrets aux joueurs et aux nombreux supporters. Un joueur fit parler de lui notamment en inscrivant deux essais le jour du match d’accession face aux Béarnais : un certain Jean-François Wadelle, plus connu à Millau sous le surnom de "Fantou". Clin d’œil de l’histoire, le fils de ce redoutable finisseur et chasseur d’essais joue dans l’équipe millavoise contemporaine et est prêt à marcher sur les pas de son père, perpétuant ainsi la tradition de cette grande famille du rugby millavois, les Wadelle qui sur plusieurs générations ont fourni des joueurs de qualité au Som. Un père et un fils habités par un profond respect mutuel et de la fierté commune.

Lors de la montée en 1997, "on était sûr de nos forces"

Concernant la montée de 1997, "Fantou" se souvient : "Un super souvenir bien évidemment avec une très belle équipe, complète, conquérante devant avec l’apport de Gilbert Pages qui avait été champion de France au plus haut niveau français avec Castres quatre saisons plus tôt et une ligne de trois-quarts vraiment portée sur l’offensive dans laquelle je me suis éclaté. "

Et d’enchaîner : "L’objectif annoncé de la montée avait été réussi et le staff mené par Jean-Jacques Biscan pouvait s’appuyer sur 40 joueurs compétitifs. Avec un recrutement armé, on était sûr de nos forces. Belle histoire d’amitié et de convivialité aussi et, pour certains, on a gardé des rapports entre nous. Sur le match de la montée plus précisément, je me souviens que ce fut dur avec des prolongations à jouer dans lesquelles notre adversaire s’était écroulé et, au final, on avait réussi à s’imposer avec tout de même quatre essais inscrits par les trois-quarts".

Gautier, le fiston, 24 ans, joue le même poste que son père, ailier. "J’ai démarré à l’école de rugby vers 5-6 ans, petit détour vers le foot, puis je suis revenu vers 9 ans et j’ai toujours été licencié au Som, dit-il, avant d’enchaîner. Je n’ai jamais vu jouer mon père, j’avais 4 ans quand il a arrêté sa carrière ; mais j’en ai beaucoup entendu parler. Je sais qu’il a été un bon joueur et que le rugby, c’est sa vie. Sur mes matches, on échange et il m’a toujours encouragé avec des relations saines sans pression. "

Le rugby a changé depuis toutes ces années, le format des phases finales aussi avec des matches en aller-retour, ce qui change quelque peu la donne. Pas de match couperet, moins de pression que sur un seul match, le premier duel n’est pas éliminatoire et on peut analyser l’adversaire en vue du match retour. Mais l’avantage du terrain lors de la deuxième manche peut quand même être une chance.

"Je joue au rugby pour rendre fier mon père"

Déjà présent la saison dernière, Gautier a une analyse sur le groupe actuel et sur la fin de saison qui se profile : "On a pas mal d’anciens qui effectuent leur dernière saison à l’instar de Gauthier Escalais et qui ont envie de bien finir l’aventure. L’équipe est plus mature et on semble davantage prêts à ce genre de matches, en témoigne nos résultats à l’extérieur cette saison lors desquels on n’a jamais rien lâché. Mais il ne faudra pas faire les mêmes erreurs que la saison passée, augmenter la concentration et soigner les petits détails. Ne pas avoir de regrets et ainsi concrétiser la fin d’un cycle pour faire passer un cap au club ; ce qui serait une très belle récompense pour tout le monde. " Et de poursuivre avec conviction : " On a un challenge à relever et j’ai toujours entendu de la bouche de mon père que la montée avait marqué l’histoire du club. "

Concernant leurs qualités respectives, pour le paternel : "Gautier a la même vitesse que j’avais mais est plus porté sur l’offensive avec des crochets déroutants et semble être plus complet que moi sur les qualités rugbystiques. " Tandis que selon l’héritier : "Papa était plus finisseur, chasseur d’essais et avait le flair d’être toujours placé au bon endroit au bon moment." Le successeur a subi quelques gros chocs et traumatismes sérieux depuis qu’il joue en équipe fanion, mais a toujours eu le mental pour revenir. Motivé par quelque chose de plus. "Je joue au rugby pour rendre fier mon père, ne cache-t-il pas. Papa, dans sa carrière, a toujours porté le numéro 11 et alors que j’ai toujours évolué à droite, je porte tout le temps ce numéro." Pour marcher sur les traces de son père ? Le fiston sait en tout cas que son paternel aimerait qu’il fasse pareil que lui et "Fantou", tout simplement et affectivement, conclut : "Je suis fier de mon fils." La boucle serait ainsi bouclée.

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