Impôts : pourquoi les collectionneurs de cartes Pokémon doivent rendre des comptes au fisc ?

  • En cas de transaction à plus de 5 000 euros, la fiscalité se mêle aux échanges de cartes Pokémon.
    En cas de transaction à plus de 5 000 euros, la fiscalité se mêle aux échanges de cartes Pokémon. Archives Centre Presse Aveyron - José A.Torres
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Alors que les cartes Pokémon continuent de prendre de la valeur avec les années, elles ne sont pas considérées comme des objets de collection, et ça change tout aux yeux du fisc.

En 2022, l’influenceur américain Logan Paul dépensait presque 4,4 millions d’euros pour acquérir une carte Pokémon "Pikachu illustrator". Si toutes les cartes des créatures japonaises du studio Game Freak ne valent pas une fortune, elles ont clairement pris de la valeur ces dernières années.

Les cartes les plus rares peuvent partir à plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros aux enchères. Au point que les collectionneurs sont prêts à dépenser des fortunes pour chasser les cartes rares et les revendre. Mais le terme de collectionneur n’est pas au goût du fisc.

Comme le rapporte le journal Les Echos, les cartes de jeu ne sont pas considérées comme des objets de collection, comme précisé par le bulletin officiel des finances publiques. Et cela signifie que ces cartes acquises ou vendues pour des sommes folles sont imposées à hauteur de 36,2 % sur la plus-value, en cas de transaction supérieure à 5 000 euros. Ce n’est pas le cas pour les timbres-poste, les objets archéologiques ou les véhicules de collection, par exemple, qui sont imposés à 6,5 %.

Les collectionneurs utilisent Patience

Toujours auprès des Echos, l’avocat Thomas Le Boucher explique que les règles sont fixées par le texte européen, qui liste les objets de collection, à laquelle les cartes de jeu n’appartiennent pas. "Sauf s’il s’agit d’une carte historique, l’une des premières produites par exemple". Ce qui ne court pas les rues, même parmi les cartes les plus rares.

Les collectionneurs de Pokémons sont clairement défavorisés. "L’objectif est peut-être aussi de freiner la spéculation", ajoute l’avocat, alors que les cartes Pokémons attisent de plus en plus la convoitise des investisseurs.

Néanmoins, les collectionneurs qui décident d’acquérir des cartes lors d’une transaction supérieure à 5 000 euros peuvent finir par être gagnant… sur le long terme. Un abattement progressif, à hauteur de 6 % chaque année, s’applique au bout de six ans de détention du bien. À l’occurrence, la carte Pokémon. Le vendeur pourra bénéficier d’une exonération complète au bout de 22 ans, à la condition très importante d’avoir toujours en sa possession ses justificatifs d’achat.

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