"C’était un véritable massacre" : les attaques de chiens se multiplient dans l'ouest de l'Aveyron

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  • Les moutons d’Antoine Rodriguez n’avaient jusque-là jamais été attaqués.
    Les moutons d’Antoine Rodriguez n’avaient jusque-là jamais été attaqués.
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Depuis le début de l’année, une dizaine de moutons ont été tués par des chiens errants sur les communes de Decazeville et Aubin.

"Ce sont des chiens tueurs." À Decazeville, depuis le début de l’année, les attaques de chiens visant des moutons d’Ouessant, plébiscités pour l’écopâturage, se multiplient. Après une première attaque en février dernier route de Bonissard – une brebis avait été gravement blessée –, deux nouvelles, plus violentes encore, ont eu lieu le mois dernier sur les hauteurs de l’ancienne cité minière et d’Aubin.

Ce 23 avril, vers 22 h 30, alors qu’Antoine Rodriguez regardait la télévision, des bruits l’ont alerté. "J’ai entendu des chiens aboyer. […] Je suis sorti et j’en ai vu deux poursuivre mes moutons", raconte l’habitant du lieu-dit La Buscalie. "Je suis arrivé à temps, même s’ils en avaient déjà mordu. La vétérinaire a été obligée de piquer une brebis. Si on ne les avait pas entendus, ils les auraient tous massacrés."

Neuf moutons morts dans la même nuit

Au petit matin, à quelque centaine de mètres route de Lacombe, les animaux de Jean-Paul Dieude ont également été pris pour cible par deux chiens, entre 5 heures et 6 h 30. "Ma tante [voisine] a entendu du bruit à 6 heures, des aboiements, des moutons qui bêlaient de façon inquiétante. Une brebis était venue se terrer sous sa terrasse. […] Quand je suis arrivé, c’était un véritable massacre. Le bélier avait la colonne vertébrale cassée. Les agneaux, dont les plus petits avaient à peine trois semaines, étaient à moitié égorgés. Je l’ai tous mis dans mon fourgon pour les amener chez la vétérinaire. Elle m’a dit qu’elle n’avait jamais vu ça", se rappelle le propriétaire.

Bilan de l’attaque, quatre agneaux, deux béliers et deux brebis tués, alors même qu’ils étaient protégés par une clôture électrique. "La clôture était cassée, il y avait de la laine partout", témoigne l’habitant désemparé, qui a déposé plainte contre X, comme son voisin, pour mort ou blessures involontaires causées à un animal domestique.

"Le risque, c’est qu’ils s’attaquent à des enfants"

"Avec la torche, j’ai vu qu’ils avaient des colliers. Ils ont un propriétaire, ce n’est pas des chiens abandonnés", estime l’habitant de La Buscalie. "Pour ces chiens, c’est un jeu. Les responsables sont les propriétaires qui les laissent divaguer. Ils ont dû rentrer les babines sanguinolentes", présume Jean-Paul Dieude qui craint de nouvelles attaques. "Il me reste trois brebis, mais pas pour longtemps je pense. […] Maintenant que les chiens y ont pris goût, le risque c’est qu’ils s’attaquent à des enfants." Aucun élément d’enquête n’a permis d’identifier les animaux en cause dans ces attaques. Douze jours avant, deux chiens de grosse corpulence avaient déjà été aperçus par une équipe de policiers appelés sur les lieux d’une autre attaque de moutons – la quatrième de l’année à ce jour-, précise le commissariat.

En février dernier, le policier municipal Christophe Zarate rappelait qu’à Decazeville, un arrêté municipal complète le Code civil. Il oblige, entre autres, à la tenue en laisse des chiens dans les espaces publics, leur identification, le ramassage des déjections canines et sanctionne les aboiements intempestifs. Il avait été mis en place par le maire en 2019, suite à plusieurs morsures graves survenues dans le Bassin.

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