Football : à Rodez, une folie contagieuse en cette fin de saison de Ligue 2

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    À Rodez, une folie contagieuse dans la ville comme en tribune. Centre Presse Aveyron - Jean-Louis Bories
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Mathis Fessard

Vendredi 17 mai, à 20 h 45, Rodez a rendez-vous avec son histoire face à Ajaccio au stade Paul-Lignon, à l’occasion d’une dernière journée de Ligue 2 qui doit l’envoyer tout droit en play-offs d’accession en Ligue 1. De quoi accroître un engouement déjà bien présent sur le Piton.

"Autour de moi, au boulot, tout le monde en parle (de la folle saison du Raf, NDLR). Mes collègues sont unanimes. Ils se disent : "Waouh, c’est génial ce qu’il se passe, il faut que ça continue." C’est dommage qu’on n’ait pas fini le stade, parce qu’on aurait rempli les travées de Paul-Lignon à tous les derniers matches qu’on a fait, estime sans hésitation aucune l’ancien président du Kop ruthénois, Michel Sanchez. On sent un fort engouement. La preuve, à Saint-Étienne, il y avait 400 supporters (aveyronnais)." Bien au-dessus, évidemment, des standards sang et or.

"C’est la première année qu’il y a cette qualité de jeu à Rodez"

Il faut dire que les résultats des hommes du coach Didier Santini, et leur actuelle 5e place, synonyme de play-offs d’accession en Ligue 1, emportent tout sur leur passage. Des scénarios les plus dingues, aux résultats les plus surprenants, les Ruthénois font rêver leurs supporters très largement au-delà de leurs attentes. "C’est la première année qu’il y a cette qualité de jeu à Rodez. Je viens au stade depuis l’époque Brouard/Rizzetto, dans le vieux Paul-Lignon, et on a été habitué depuis quelques années à un jeu un peu plus fébrile, plus défensif. Cette année, franchement, on se régale. C’est vraiment un plaisir énorme", se délecte Anthony Lacaze, un assidu de la tribune cathédrale de Paul-Lignon.

« C’est dommage qu’on n’ait pas fini le stade, parce qu’on aurait rempli les travées de Paul-Lignon à tous les derniers matches »
Michel Sanchez, ex-président du Kop

Même constat pour Jérôme Laurens, abonné depuis trois saisons, croisé lundi matin à l’entraînement à Vabre, pour qui les sorties à domicile du Raf sont un moment de partage avec son fils, qui évolue, par ailleurs, en U11 au club : "Il vient tout le temps au stade avec moi, à part quand il a des tournois. Vendredi, on y sera, on ne va pas rater ça. Il est fier de son club. Pour les enfants, c’est super." Mais pas seulement pour eux ! Du haut de ses 55 ans, l’ex-représentant du Kop, Michel Sanchez, qui suit le club depuis 48 ans maintenant, n’en finit plus de vibrer. "En termes de résultat, c’est la meilleure saison que j’ai pu vivre en tant que supporter. C’est énorme. Même si en termes d’émotion peut-être pas, par rapport à ce qu’on a vécu en Coupe de France avec l’épopée de la demi-finale (au stade Vélodrome, en 1991). Les matches à élimination directe, c’est complètement différent d’un championnat, où on voit l’équipe évoluer."

Loïc Poujol : "Les gens sont passionnés, parce que les joueurs sont passionnants"

Une saison complètement dingue qui attire très souvent à domicile plusieurs anciens de la maison sang et or. Dirigeants, entraîneurs ou joueurs, d’ailleurs. Parmi eux, Loïc Poujol, acteur des montées du Raf de CFA en National, puis en Ligue 2, en 2019, qui a pris l’abonnement au stade : "On se régale, il y a du spectacle, c’est très agréable à voir. Quand j’y étais, on jouait surtout le maintien en Ligue 2, c’était compliqué. Les gens nous soutenaient aussi, mais là c’est vrai qu’on sent que les gens sont fiers de Rodez. Le stade est plein à chaque rencontre. Les gens sont passionnés, parce que les joueurs sont passionnants."

« La bascule s’est faite post-Bordeaux »
Thomas Escourbiac, stadium manager

Une adoration des Ruthénois pour leur équipe qui est de plus en plus prégnante ! "La bascule s’est faite post-Bordeaux, car même sil y a eu un nul (2-2), on a eu aussi un gros spectacle et une énorme ferveur populaire", explique le stadium manager, Thomas Escourbiac, faisant ici référence à une rencontre qui fait date dans la saison sang et or, jouée le 2 mars dans un contexte d’extrême tension pour le premier match à Paul-Lignon entre ces deux équipes depuis l’agression de Lucas Buades en Gironde, il y a un an. Le piston avait d’ailleurs reçu un soutien inconditionnel de son public ce jour-là. Un moment presque hors du temps. "À partir de là, les guichets fermés ont été encore plus rapides qu’avant", précise le dirigeant.

Mais l’engouement des Ruthénois pour leur équipe ne se cantonne pas aux murs de l’enceinte de la rue Vieussens. "On donne beaucoup de plaisir, mais on en reçoit aussi beaucoup dans les salons après les matches, dans la ville ou quand on sort faire les courses", disait récemment Giovanni Haag, un des grands artisans de la folle saison aveyronnaise. Killian Corredor, le chouchou local et deuxième meilleur buteur de la saison aveyronnaise, allant aussi dans ce sens : "Moi qui connais tout le monde ici, qui aime bien sortir, aller au resto, qui bouge souvent, c’est vrai que les gens m’en parlent beaucoup et soulignent le fait que ce qu’on fait cette saison, c’est incroyable, mais qu’il ne faut pas qu’on gâche tout et qu’on aille chercher ces barrages !"

À Rodez, une folie contagieuse dans la ville comme en tribune.
À Rodez, une folie contagieuse dans la ville comme en tribune. Centre Presse Aveyron - Jean-Louis Bories

Du monde dans les bars pour les rencontres

Un emballement autour des sang et or également perceptible au niveau des bars de la ville qui diffusent les rencontres. Parmi lesquels Le Central. "Ce sont des matches attendus, il y a de l’engouement. Pour Saint-Étienne (1-1, vendredi dernier), c’était plein, se réjouit Damien Froment, gérant de l’établissement qui illumine sa façade aux couleurs sang et or les soirs de match. Il y a un peu moins de monde sur les matches à domicile, parce que les gens sont au stade, mais on en a qui viennent après pour manger. C’est sûr qu’il y a plus de Ruthénois quand c’est à l’extérieur." On n’ose alors pas imaginer ce que ce serait en cas de qualification historique en play-offs !

Le groupe ruthénois au complet pour recevoir Ajaccio

À deux jours de la réception d’Ajaccio pour la 38e et dernière journée de Ligue 2, le groupe ruthénois affiche complet.

Depuis la perf' qu’ils ont signé à Saint-Étienne en égalisant à la 79e minute et en ramenant le point du nul (1-1), les sang et or n’ont enregistré aucun blessé. Tous les Ruthénois participent à la semaine d’entraînement depuis lundi 13 mai, selon le club. Et seul Lionel Mpasi, qui est en convalescence depuis fin février (genou) est à l’infirmerie.

Côté effectif, tous les voyants sont au vert pour Rodez, qui vise les play-offs au bout des 90 minutes.

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