Le mois de la création et reprise d'entreprise

Didier Laffargue : “En un an, notre entreprise a quadruplé de taille !”

Il y a un an, Didier Laffargue et Sandrine Lafond reprenaient la société gersoise Themis, alors moribonde. Depuis, l'effectif de l'entreprise a quadruplé et son chiffre d'affaires a triplé. Interview de Didier Laffargue, à l'occasion d'“Entreprenez en Occitanie !”, le mois de la création reprise d'entreprises organisé du 13 novembre au 13 décembre par l'agence régionale de développement économique AD’OCC et ses partenaires.

Comment est née l'idée de reprendre une entreprise ? 
Avec Sandrine, nous avons travaillé pendant une vingtaine d'années dans le secteur aéronautique, en tant que salariés, chez des acteurs de rang 1, comme Latécoère, Figeac Aéro ou encore Lauak Group. Nous avions en nous l'envie d'entreprendre. En 2018, nous avons sauté le pas. Nous avons quitté le salariat pour reprendre une entreprise. Le choix d'une reprise, plutôt que d'une création, est directement lié à la nature de notre secteur d'activités. Dans l'aéronautique, il est difficile de partir de zéro, car le "ticket d'entrée" est très important. Il faut en effet investir dans un bâtiment, des machines, du matériel. Tout cela coûte cher. Nous avons donc fait le choix de reprendre une entreprise existante. 

Comment avez-vous choisi votre "cible" ? 
Nous avons tout d'abord étudié un autre dossier. Il s'agissait d'une entreprise en bonne santé. Le coût d'acquisition était important. Finalement, cela ne s'est pas fait. Nous nous sommes alors penchés sur un autre dossier : celui de la société Maurel et fils, basée à Lias, spécialisée dans l'usinage de pièces mécaniques de précision. Elle était en mauvaise situation et allait prochainement être liquidée. Lorsque nous l'avons reprise en octobre 2018, elle comptait 5 salariés et enregistrait 600 000 euros de chiffre d'affaires. Nous avons beaucoup hésité, car sa dette était profonde et l'outil de travail n'était pas bien entretenu. Mais l'équipe, elle, présentait un réel potentiel humain. Nous avons eu la chance d'être accompagnés par la banque historique de l'entreprise, et nous nous sommes lancés.

Avec succès, puisqu'un an après, l'entreprise - désormais baptisée Themis – s'est clairement relevée...
On dit que pour dresser le bilan d'une reprise, il faut attendre deux ans. Alors disons que nous en sommes à la mi-temps ! Au bout d'un an, notre effectif a quadruplé. Nous comptons désormais 20 salariés. Et nous avons investi un million d'euros dans notre outil de production, afin de nous diversifier dans l'aéronautique. Nous avons gagné des clients et cette année, nous devrions atteindre 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires. Reste maintenant à consolider tout cela. Les douze prochains mois seront décisifs. 

Retrouvez tous les événements du mois de la création reprise d'entreprises sur www.entreprenez-en-occitanie.fr.

Centre Presse Aveyron