Valls: "la France sans les juifs de France n'est plus la France"

  • Le Premier ministre Manuel Valls serre la main de personnes participant à un rassemblement le 10 janvier 2015 Porte de Vincennes, près de la supérette casher attaquée la veille
    Le Premier ministre Manuel Valls serre la main de personnes participant à un rassemblement le 10 janvier 2015 Porte de Vincennes, près de la supérette casher attaquée la veille AFP - Kenzo Tribouillard
  • Des personnes en deuil se rassemblent à Porte de Vincennes en hommage aux victimes de la prise d'otage de vendredi le 10 janvier 2015 à Paris
    Des personnes en deuil se rassemblent à Porte de Vincennes en hommage aux victimes de la prise d'otage de vendredi le 10 janvier 2015 à Paris AFP - Kenzo Tribouillard
  • Des personnes se recueillent le 10 janvier 2015 Porte de Vincennes à Paris devant la supérette casher attaquée la veille
    Des personnes se recueillent le 10 janvier 2015 Porte de Vincennes à Paris devant la supérette casher attaquée la veille AFP - Kenzo Tribouillard
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Centre Presse Aveyron

Manuel Valls a garanti samedi que "la France sans les juifs de France n'est plus la France", devant la supérette casher où ont été tués quatre personnes la veille par un jihadiste, répondant ainsi au Premier ministre israélien qui avait lancé plus tôt: "Israël est votre foyer".

Arrivé par surprise vers 19H25 au rassemblement convoqué par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), le Premier ministre a dit que "les juifs de France, depuis de nombreuses années, ont peur", proclamant aussi: "nous sommes tous aujourd'hui Charlie, tous policiers, tous des juifs de France".

"La France, sans les juifs de France, n'est plus la France", a surtout affirmé M. Valls. Une phrase prenant le contrepied des propos tenus un peu plus tôt par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui avait lancé aux juifs de France qu'Israël était "leur foyer", dans une allocution télévisée sur la prise d'otages meurtrière dans l'épicerie casher.

Plusieurs milliers de personnes, ont constaté des journalistes de l'AFP, s'étaient rassemblées porte de Vincennes à Paris, dont de nombreuses personnalités politiques, associatives ou religieuses.

Parmi celles-ci étaient présents: les ministres de l'Intérieur (Bernard Cazeneuve), de la Justice (Christiane Taubira), de l'Education nationale (Najat Vallaud-Belkacem), le secrétaire d'Etat aux affaires européennes Harlem Désir, les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, Claude Bartolone et Gérard Larcher, la maire de Paris Anne Hidalgo, l'ancienne ministre UMP Valérie Pécresse, le président du Crif Roger Cukierman, le président du Consistoire central israélite Joël Mergui, le président de la région Midi-Pyrénées Martin Malvy, l'ambassadeur d'Israël en France Yossi Gal, le président de SOS Racisme Dominique Sopo, etc.

Les manifestants brandissaient de petites pancartes proclamant : "Charlie Juif Flic : je suis la République". Des affichettes étaient brandies avec le nom des victimes.

Des personnes ont aussi crié "Je suis juif" sur le mode de "Je suis Charlie" mais aussi "morts parce que juifs" ou "Je suis hyper casher", du nom de la supérette attaquée par le jihadiste.

Des centaines de bouquets de fleurs étaient aussi déposés aux pieds des barrières métalliques entourant l'immeuble abritant la supérette. "Jihad, casse-toi, la France n'est pas à toi", pouvait-on lire.

Des manifestants agitaient quelques drapeaux français ainsi qu'un drapeau israélien et la foule a chanté la Marseillaise à plusieurs reprises. Quelques personnes ont aussi chanté "Merci M. Chalghoumi", du nom de l'imam de Drancy qui était présent.

D'autres au contraire ont entouré le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve en criant "sécurité ! sécurité !" ou "non au laxisme!". Il y a eu aussi quelques cris "Taubira démission !", ou des : "Agissez" lancés aux personnalités politiques.

Silencieuses, recueillies, toutes les personnalités présentes ont observé une minute de silence avant l'arrivée de M. Valls. Une lecture des noms des quatre victimes d'Amedy Coulibaly, leur meurtrier, qui s'est revendiqué de l'Etat islamique, a été faite, avant une nouvelle minute de silence suivie d'une tonitruante Marseillaise initiée par le locataire de Matignon.

"On a peur pour nos enfants", a lancé un homme au Premier ministre Manuel Valls, présent sur place, qui lui répond simplement: "Il ne faut pas avoir peur". La circulation avait été coupée dans les rues reliant la capitale à Vincennes.

Source : AFP

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