Libye: l'Occident dénonce des frappes aériennes des Emirats contre les islamistes

  • Des combattants islamistes de Fajr Libya montent la garde à l'entrée de l'aéroport de Tripoli le 24 août 2014
    Des combattants islamistes de Fajr Libya montent la garde à l'entrée de l'aéroport de Tripoli le 24 août 2014 AFP/Archives - Mahmud Turkia
  • Un combattant islamiste de Fajr Libya fait le signe de la victoire à l'entrée de l'aéroport de Tripoli le 24 août 2014
    Un combattant islamiste de Fajr Libya fait le signe de la victoire à l'entrée de l'aéroport de Tripoli le 24 août 2014 AFP/Archives - Mahmud Turkia
Publié le
Centre Presse Aveyron

Les Emirats arabes unis ont mené secrètement et avec l'appui de l'Egypte des frappes aériennes contre des milices islamistes en Libye, des "interférences extérieures" dénoncées lundi par les pays occidentaux dans un communiqué commun.

Washington, Paris, Londres, Berlin et Rome ont condamné les "interférences extérieures en Libye qui exacerbent les divisions", ainsi que "l'escalade des combats et des violences" dans ce pays en plein chaos semé par des groupes islamistes.

Selon le New York Times, qui a révélé l'information, les premières frappes ont eu lieu il y a une semaine à Tripoli contre des positions tenues par les milices et un dépôt d'armes, faisant six personnes sont mortes dans ces raids.

Une deuxième série de frappes a eu lieu au sud de la capitale libyenne tôt samedi et a visé des lance-roquettes, des véhicules militaires et un entrepôt. Les Emirats ont utilisé leurs appareils et leurs équipages et l'Egypte a prêté des bases aériennes, selon le journal.

"Les Emirats arabes unis ont mené ces raids", ont confirmé à l'AFP deux responsables américains à Washington, sans préciser si les Etats-Unis avaient été prévenus de ces opérations.

Les islamistes, qui dominent l'Assemblée libyenne sortante, accusent le gouvernement et le Parlement issus des élections de juin et siégeant à Tobrouk d'être complices de ces raids.

Réunie lundi à Tripoli, l'Assemblée a chargé lundi Omar al-Hassi, un pro-islamiste, de former un "gouvernement de salut national", considérant que les autorités de Tobrouk avaient "perdu toute légitimité".

La situation dans le pays, en proie à l'anarchie depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, risque ainsi de devenir encore plus complexe: la Libye pourrait se voir doter de deux gouvernements concurrents, parallèlement à ses deux Parlements rivaux.

- 'Cesser les tueries' -

Lors d'une conférence de presse avec le chef du Parlement à Tobrouk, M. Al-Theni a rejeté l'annonce de l'Assemblée sortante, affirmant: "la réunion est illégale, ses décisions sont illégales et le seul corps législatif légal est le Parlement" élu le 25 juin.

Le Parlement a assuré son soutien à "l'armée pour qu'elle continue sa guerre (contre la coalition de milices islamistes Fajr Libya et le groupe jihadiste Ansar Asharia qui contrôle une bonne partie de Benghazi, la deuxième ville du pays) jusqu'à les contraindre à cesser les tueries et à remettre leurs armes".

Ansar Asharia, classé "terroriste" par les Etats-Unis et les autorités libyennes, a appelé les autres milices islamistes, notamment Fajr Libya, à rejoindre ses rangs.

"Proclamez que votre combat a pour objectif (l'application de la charia) et non celui de la légitimité démocratique pour que tout le monde s'unisse sous la même bannière", a ajouté le groupe.

Cet appel du pied survient après l'annonce samedi par Fajr Libya de la prise de l'aéroport de Tripoli aux miliciens nationalistes de Zenten.

Des images diffusées lundi par la télévision Annabaa semblent confirmer cette prise. Elles montrent la salle d'embarcation de l'aéroport ravagée et une dizaine d'avions de compagnies libyennes légèrement endommagés par les combats.

Sur le plan diplomatique, les pays voisins de la Libye, réunis lundi au Caire, ont assuré leur soutien "aux institutions libyennes légitimes, à leur tête le Parlement élu, représentant l'expression de la volonté populaire libyenne".

Ils ont par ailleurs appelé au désarmement des milices, rejetant toute "ingérence" étrangère dans les affaires de ce pays.

Avant la réunion, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri avait mis en garde contre un possible débordement des violences dans les pays voisins.

Source : AFP

Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?