Attentat: le suspect avoue l'assassinat, son selfie macabre envoyé en Syrie

  • Yassin Salhi escorté par des policiers alors qu'il vient de récupérer son passeport dans son appartement de Saint-Priest avant d'être transféré à Paris, le 28 juin 2015
    Yassin Salhi escorté par des policiers alors qu'il vient de récupérer son passeport dans son appartement de Saint-Priest avant d'être transféré à Paris, le 28 juin 2015 AFP - PHILIPPE DESMAZES
  • Carte de localisation du domicile de Yassine Salhi, qui a reconnu avoir décapité son patron Carte de localisation du domicile de Yassine Salhi, qui a reconnu avoir décapité son patron
    Carte de localisation du domicile de Yassine Salhi, qui a reconnu avoir décapité son patron AFP - L. Saubadu/P. Defosseux, pld/rdc
  • Convoi de voitures de police devant le domicile de Yassin Salhi à Saint-Priest, le 28 juin 2015
    Convoi de voitures de police devant le domicile de Yassin Salhi à Saint-Priest, le 28 juin 2015 AFP - PHILIPPE DESMAZES
  • L'usine d'Air Products à Saint-Quentin-Fallavier, le 28 juin 2015
    L'usine d'Air Products à Saint-Quentin-Fallavier, le 28 juin 2015 AFP - PHILIPPE DESMAZES
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Centre Presse Aveyron

Yassin Salhi, le suspect de l'attentat en Isère, a avoué avoir assassiné la victime décapitée et a envoyé un selfie macabre à un destinataire qui se trouve en Syrie, connexion qui alourdit encore un contexte de menace durable d'attaques jihadistes.

L'exploitation du téléphone portable de Yassin Salhi avait permis d'établir que le selfie pris avec la tête de son patron assassiné vendredi avait été envoyé vers un numéro canadien, par l'application de messagerie instantanée WhatsApp.

Mais les enquêteurs étaient convaincus que le destinataire était en fait dans les zones de jihad irako-syriennes et pensent avoir identifié un jihadiste français présent dans les zones de combats et qui est répertorié parmi les 473 jihadistes françai actuellement sur place.

Originaire de Vesoul, cet homme, prénommé Sébastien-Younès, est parti en novembre 2014 en Syrie, rejoignant le secteur de Raqa, où il combattrait dans les rangs de l'organisation État islamique (EI), selon des sources proches du dossier.

Aucune source n'a fait état d'éléments montrant que Yassin Salhi se serait lui-même rendu en Syrie, bien qu'il ait été repéré depuis le milieu des années 2000 par les services de renseignement comme s'étant radicalisé dans sa ville natale de Pontarlier (Doubs).

Le suspect, 35 ans, a été conduit dans l'après-midi de dimanche pendant une heure à son domicile de Saint-Priest, près de Lyon, notamment pour récupérer son passeport, selon une source proche du dossier. Entouré de policiers cagoulés et armés, il était revêtu d'un gilet pare-balles, la tête couverte d'un tissu blanc.

Son épouse et sa sœur, qui avaient été placées en garde à vue, ont elles été relâchées dimanche.

D'abord mutique, Yassin Salhi avait commencé samedi soir "à s'expliquer sur le déroulé des faits", avant d'avouer l'assassinat de son patron, Hervé Cornara, 54 ans, selon des sources proches du dossier.

Le suspect devait être conduit dimanche à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (SDAT) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), selon une source proche du dossier. Sa garde à vue, débutée vendredi soir à Lyon, peut durer jusqu'à 96 heures.

- Tué sur un parking -

Les premiers résultats de l'autopsie d'Hervé Cornara n'ont pas permis de déterminer les causes exactes de la mort, et notamment s'il était décédé au moment de la décapitation. Des examens complémentaires sont en cours.

La tête avait été retrouvée accrochée à un grillage d'enceinte d'une usine de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), entourée de drapeaux où était écrite la profession de foi islamique rappelant les mises en scène macabres du groupe EI. Des fleurs ont été déposées depuis à cet endroit.

L'épouse d'Hervé Cornara avait vu son mari pour la dernière fois peu après 07H30 vendredi, dans leur société de transport de Chassieu (Rhône). L'attentat a eu lieu deux heures plus tard. Après une explosion dans l'usine de Saint-Quentin, Yassin Salhi a été rapidement interpellé.

Le suspect a expliqué aux enquêteurs avoir tué son patron sur un parking en se rendant sur les lieux de l'attentat.

Deux jours plus tôt, Yassin Salhi avait eu un différend d'ordre professionnel avec sa victime. Le ton était monté entre les deux hommes, quand l'employé avait fait tomber une palette de matériel informatique.

Dimanche, les principales autorités musulmanes de la région ont appelé à un rassemblement silencieux en fin d'après-midi devant la mosquée de Villefontaine (Isère), à quelques kilomètres du lieu de l'attentat. "Dans le calme, le silence et la dignité" pour condamner un "acte diabolique perpétré en plein mois de ramadan", temps sacré du calendrier musulman.

Fiché de 2006 à 2008 par les services de renseignement pour radicalisation, Yassin Salhi, originaire du Doubs et fraîchement arrivé à Saint-Priest, dans la métropole lyonnaise, avait de nouveau été repéré entre 2011 et 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste lyonnaise.

Il s'était radicalisé à Pontarlier au début des années 2000 au contact d'un homme soupçonné d'avoir préparé des attentats en Indonésie avec des militants d'Al-Qaïda.

Interrogé dimanche sur cette attaque et les deux autres attentats de vendredi, en Tunisie et au Koweït, le Premier ministre Manuel Valls a parlé de "guerre de civilisation" et a mis en garde contre une "menace terroriste majeure" qu'il faudra combattre "dans la durée", estimant que les moyens de renseignement et de sécurité mis en œuvre étaient "à la hauteur de la menace".

Source : AFP

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