Marginaux à Rodez : quel accompagnement social proposé ?

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Publié le
Salima Ouirni

Les marginaux et SDF sont pris en charge à Rodez par un dispositif social qui maille le territoire et les champs d’intervention. Ce travail permet d’appréhender le profil de cette population plutôt stable.

Depuis l’assassinat de Pascal Filoé, directeur adjoint des services de la mairie de Rodez, les sans domicile fixes sont montrés d’un doigt accusateur. Forcément. Mais, l’assassin présumé n’est pas un SDF. C’est un marginal sédentarisé. SDF et marginaux peuvent se côtoyer, mais n’ont pas les mêmes modes de vie. Ces « frères de rue », comme ils s’appellent se rendent des services parfois, s’hébergent souvent, surtout quand il fait froid. Ils peuvent prendre en charge les chiens des uns et des autres, quand leur maître doit s’absenter.

Le Claj (Comité pour le logement autonome des jeunes), le Secours catholique, l’État, le centre communal d’action social (CCAS), l’association la Pantarelle, entre autres accueillent et travaillent au quotidien avec cette population, en marge de la société. « Ce sont majoritairement des hommes. Il y a aussi des couples », explique Geneviève Compredon, adjointe au maire et responsable du restaurant social. « Il est rare de voir une femme seule dans la rue. En général, elle n’y reste pas longtemps », explique Stéphanie, éducatrice à la Pantarellle. « On constate un rajeunissement de cette population, un peu comme dans d’autres villes. Il y a parfois des étudiants avec les SDF », ajoute Jean-Paul Espinasse, le président de la Pantarelle.

« Les marginaux possèdent un logement mais n’y restent pas le jour. Ils passent leur temps dans la rue et rentrent chez eux le soir », explique Jean-Paul Espinasse. Ils seraient « une vingtaine de marginaux à Rodez, actuellement et une quinzaine de SDF », souligne Jean-Paul Espinasse. 

Et d’ajouter : « L’assassin présumé de Pascal Filoé était inconnu de nos services. Nous avons passé en revue nos archives, mais nous n’avons pas trouvé de trace. On ne l’a jamais vu chez nous », ajoute le président de la Pantarelle.


Un travail d’insertion de longue haleine avec peu de réussites

L’objectif de la Pantarelle étant d’approcher les SDF ou marginaux pour nouer des liens et leur venir en aide… S’ils le souhaitent. « Dans ce domaine, il n’y a pas de contrainte sociale. S’ils ne veulent pas s’intégrer, on ne peut rien faire pour eux », explique un agent de la ville. « En clair, nous ne pouvons forcer un marginal ou un SDF à se faire soigner ou trouver un travail ou un logement », confirme Jean-Paul Espinasse.

Malgré cela, depuis le début de l’année, la Pantarelle a pu consolider un poste de travailleur de rue, pour aller à la rencontre de cette population marginale. Le but étant de les fixer dans un logement, pour ensuite les orienter et in fine les insérer.
Avant cela, cette population de passage doit avoir une domiciliation, c’est-à-dire une adresse. C’est là qu’intervient le CCAS. « La plupart des gens de passage sont domiciliés chez nous. Nous les orientons ensuite vers le restaurant social pour les repas et les assistantes sociales de secteur pour un accompagnement d’insertion ou encore pour soigner leurs addictions », ajoute Geneviève Campredon.

Le travail du CCAS est de longue haleine, parfois en vain. Mais, finalement, lorsque les travailleurs sociaux arrivent à insérer trois personnes par an, « c’est déjà un bon résultat », se satisfait Jean-Paul Espinasse. Quand on évoque la violence potentielle des personnes en marge, l’ancien élu s’oppose. « Ici à la Pantarelle, les quatre salariés dont le travailleur de rue sont des femmes. Elles n’ont jamais rien risqué ». Une information confirmée par les salariées, dont l’une a assisté une fois à une bagarre, « séparée assez rapidement et sans aucune incidence. Il y a même beaucoup plus de respect pour nous », précisent-elles.

Alors autant du côté du CCAS que de la Pantarelle, on appelle à de la retenue. Et de rappeler que l’assassin présumé de Pascal Filoé était inconnu des services sociaux de la ville. « Il est clairement passé à travers toutes les mailles du filet », résume Helena Young, directrice du CCAS.

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