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Millau : "Les métiers de l’aide à domicile pas assez valorisés"

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  • Armand Haon pourrait mettre fin à son mandat en 2020.
    Armand Haon pourrait mettre fin à son mandat en 2020. Repro CPA / Repro CPA
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Le président de l’Union des Mutuelles millavoises (UMM) Armand Haon, secoue le Département pour ses "sous-financements".

Votre assemblée générale avait lieu la semaine passée. Vous avez eu la dent dure contre le Département de l’Aveyron et son manque, dites-vous, de soutien financier…

Cela fait dix ans que le Département nous raconte la même histoire : l’état lui coupe les financements. Il reproche à l’état ce qu’on reproche au Département. Nous avons eu à négocier avec lui le Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM). Si nous sommes d’accord à 100 % sur les objectifs, pour les moyens c’est autre chose. Le contrat que nous propose le Département, et qui correspond à un engagement envers nous de financements pendant trois ans, n’était pas négociable sur la partie la plus importante, à savoir la tarification. On nous impose un taux non négociable de 1 % par an. Celui-ci est insuffisant et ne prend pas en compte l’inflation. Ce CPOM est un contrat de dupe. Seul le Département s’y retrouve financièrement. Cette politique creuse notre déficit et nous oblige à surfacturer. On nous dit qu’on a trop de personnels qualifiés. Moi, j’estime que tout le personnel devrait être qualifié pour bien prendre en charge les personnes âgées.

Vous semblez en vouloir au président Galliard…

Si je me réfère au budget 2019 et aux commentaires du président, le budget est en augmentation de 3 %, sauf dans sa partie allouée aux solidarités. Le budget "personnes âgées" est passé de 60,5 M€ en 2016 à 56,5 M€ en 2018. En 2019, il augmente de 1 %, soit 57,1 M€, alors que le budget solidarités territoriales a explosé en 2018 de 8 M€, soit 16,66 % d’augmentation… Il faut arrêter de revoir à la baisse les aides aux personnes âgées dépendantes. Il y a une injustice flagrante d’augmenter les signataires du CPOM de seulement 1 %. Cette fixation des tarifs nous empêche de couvrir nos charges. Tout cela est contraire aux règles du Code de l’action sociale. Je pense que nous allons saisir les services de l’État afin que soit opéré un contrôle de légalité. Sans oublier que Jean-François Galliard est élu du canton de Millau-1.

Il traite les gens du nord mieux que ceux de son propre canton. Je pense que les personnes âgées du secteur de Millau se souviendront et apprécieront la décision du conseil départemental…

Moi, je suis prêt à politiser cette histoire.

Dans un contexte où les Français souhaitent, en cas de dépendance, rester vivre à domicile…

Oui, c’est la raison pour laquelle la population souhaite une plus grande implication des pouvoirs publics. Les personnes veulent rester chez elles. C’est le sens du Vill’âge bleu que nous avons construit à Saint-Georges. Cela ne coûte pas 1 € au Département. Il y a aussi les Fleurines, et j’ai d’autres projets en tête. Maintenir à domicile, c’est une façon de préserver un environnement avec ses souvenirs, des conditions de vie favorables, une liberté, de l’autonomie… Le problème, c’est que le domicile est plébiscité mais est sous-financé.

C’est aussi la raison pour laquelle l’aide à domicile doit être valorisée. L’un de vos autres griefs…

Si la profession a autant de mal à recruter, c’est parce que ce métier n’est pas assez valorisé. Cela passe par une évolution des grilles salariales pour en augmenter l’attractivité. Des salaires qui prennent en compte l’épuisement, la pression, les amplitudes horaires, la contrainte de travailler les week-ends et jours fériés… Quand vous faites un métier pénible payé au lance-pierre, au bout d’un moment vous ne le faites plus. Si on veut attirer du personnel vers cet emploi, il faut le rendre attractif.

Vous-même à Millau, le problème est-il palpable ?

Le personnel se retourne vers moi, on me traite de “patron” qui ne fait que ce qu’il veut. Mais je ne me bats pas pour moi ! Je ne touche pas un centime pour ce que je fais. Je ne suis qu’un prestataire de services, pas un "patron". Je ne fais que redistribuer ce que les financeurs nous donnent. Moi, je connais les difficultés du métier, ses contraintes. Mais ce sont les syndicats qui signent les conventions collectives. Le métier d’aide à domicile n’est pas valorisé par les syndicats et l’État. Il ne faut pas se tromper de cible. Les représentants du personnel devraient aussi se tourner vers le Département, qui pense "personnes âgées" en période d’élection, puis les oublient pour se préoccuper de la RN88… Je suis désabusé et j’hésite à poursuivre mon combat, pourtant légitime, après 2020…

Propos recueillis par Victor Guilloteau
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