Des chercheurs utilisent des briques de Lego pour reproduire les mécanismes des cellules

  • Equipé d'une roue et relié par une batterie, cet outil jaune et gris construit à partir de 326 pièces de LEGO est également doté d'une boîte en silicone, permettant un procédé dit de "cell stretching" qui stimule des cellules en culture.
    Equipé d'une roue et relié par une batterie, cet outil jaune et gris construit à partir de 326 pièces de LEGO est également doté d'une boîte en silicone, permettant un procédé dit de "cell stretching" qui stimule des cellules en culture. Etienne Boulter et Chloé C. Féral
Publié le , mis à jour

(Relaxnews) - Utiliser des pièces de la marque LEGO pour reproduire les mécanismes des cellules de l'organisme humain. C'est l'idée originale d'une équipe de scientifiques de l'Inserm qui a imaginé cette solution pour pallier les très coûteux moyens humains et matériels requis pour ce type de recherches. 

Reproduire les paramètres mécaniques des cellules représente un challenge de taille pour les chercheurs en biologie cellulaire, car ces procédés relèvent de principes physiques qui dépassent leur domaine de compétences. De surcroît, les équipements nécessaires pour réaliser ce travail sont souvent très coûteux à l'achat et à l'entretien.

Pour réduire les coûts, une équipe de chercheurs de l'Inserm supervisée par Chloé C. Féral, directrice de recherche Inserm au sein de l'Institut de recherche sur le cancer et le vieillissement, a eu une l'idée ingénieuse de recourir au célèbre jeu de briques colorées de la marque danoise LEGO. Grâce à ce jeu de construction, les scientifiques sont parvenus à mettre sur pied un dispositif permettant de reproduire le mouvement des cellules, afin d'étudier comment celles-ci réagissent aux contraintes mécaniques. 

"L'idée nous est venue de développer des outils permettant des stimulations biophysiques. Comme nous ne sommes pas nous-mêmes physiciens, nous avons assemblé ce système en briques de Lego car ceux-ci permettent une utilisation facile de moteurs, rouages, etc...", explique à Relaxnews Etienne Boulter, chercheur Inserm et premier auteur de l'étude parue dans le Journal of Cell Sciences

Un dispositif personnalisable et facilement accessible

Équipé d'une roue mécanique et relié à une batterie, cet outil jaune et gris construit à partir de 326 pièces de LEGO est également doté d'une boîte en silicone, permettant un procédé dit de "cell stretching" qui stimule des cellules en culture en les étirant de façon cyclique suivant un même axe.

"Concrètement, les cellules sont cultivées sur une boîte en silicone flexible, étirée par le système mécanique. Cela génère une contrainte mécanique dont les conséquences peuvent être étudiées par tout un éventail de techniques de biologie cellulaire classiques", précise Etienne Boutler.

Les scientifiques qui ont imaginé cette alternative pour le moins originale se sont également rendu compte que ce dispositif est personnalisable et qu'il peut s'étendre à de nombreuses disciplines, allant des techniques de biochimie à l'imagerie. 

"C'est un système low-cost qui permet de débuter un projet sans avoir à faire un investissement de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Les LEGO permettent d'assembler des systèmes pour un coût très modeste et ils sont disponibles pour ainsi dire partout, ce qui permet également à des chercheurs dans des pays aux ressources financières ou technologiques limitées d'utiliser ce système'", assure Etienne Boutler. 

Relaxnews
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