Disparition de Delphine Jubillar : les révélations du procureur de la République

  • Cédric Jubillar
    Cédric Jubillar - DDM-MARIE PIERRE VOLLE
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La conférence de presse de Dominique Alzéari, procureur de la République de Toulouse était très attendue ce jeudi à la suite des nombreux rebondissements de ces dernières 48 heures. 

Au regard des développements récents, le procureur s'est présenté ce jeudi 18 juin devant la presse pour apporter les derniers éléments liés à cette affaire de disparition, ont rapporté nos confrères de L'Indépendant

Le procureur est d'abord revenu sur les faits et sur ce 16 décembre dernier quand Cédric Jubillar a prévenu les forces de l'ordre de la disparition de son épouse, vers 3h45 du matin.
Delphine Jubillar "a disparu avec son téléphone", note le procureur. "Ce téléphone sera activé encore à 22h55 la veille et passera en messagerie à 7h48 très précisément pour ne plus jamais être activé."

Une disparition inquiétante 

Le procureur explique que la disparition est rapidement qualifiée d'inquiétante car Delphine Jubillar a disparu en pleine nuit, laissant ses deux enfants en bas âge, avec son téléphone mais sans autres effets personnels, comme ses lunettes ou ses clés de voiture.

La disparition ne peut pas non plus être qualifiée de volontaire. La thèse de l'accident est exclue", ajoute Dominique Alzéari. Il écarte également la piste du suicide, "en contradiction avec tous les éléments du dossier". Et de développer :  "Delphine Jubillar était une mère de famille, une infirmière qui adorait son métier, qui avait des enfants, des proches, des amis. Elle n'avait aucune raison de disparaître. Elle avait aussi le projet de quitter son conjoint et de s'installer avec un autre homme. Elle avait pris un crédit pour acheter une voiture, effectuée des recherches pour trouver un logement, elle avait acheté des meubles : elle avait un projet de vie nouveau. Elle avait engagé une procédure de divorce."

L'hypothèse d'une disparition criminelle est privilégiée

Le procureur indique que Cédric Jubillar a été interrogé sur ces éléments : "Il a fait état d'une séparation qui n'était pas conflictuelle et qu'il ignorait que son épouse allait le quitter pour un autre homme". "Il s'avérera que ces déclarations étaient totalement mensongères", note Dominique Alzéari.

D'où "l'hypothèse d'une disparition criminelle qui est désormais privilégiée", comme l'indique le procureur de la République de Toulouse. "On se trouve sur une présomption d'homicide, de crime." Car "très vite, l'enquête s'est tournée vers l'hypothèse de l'enlèvement. Mais la piste du rôdeur a été écartée. Puis les investigations se sont rapprochées de son cercle proche. Le procureur ajoute que le nouvel amant de Delphine Jubillar, qui se trouvait à une centaine de kilomètres au moment de la disparition de l'infirmière, a été totalement mis hors de cause. L

Le procureur a alors abordé l'intimité du couple, en pleine séparation. "Sur le couple, le contexte de séparation était très conflictuel et donnait lieu à de nombreuses disputes. Cédric vivait très mal cette séparation". "Il pouvait être brutal, grossier, agressif, même devant ses enfants". 

La soirée de la disparition décryptée

Lors de la soirée, des indices ont amené à cette mise en examen. Vers 4 h 50, les gendarmes trouvent Cédic Jubillar en train de faire tourner une machine...Dans le tambour, les gendarmes ont effet retrouvé la couette dans laquelle dormait Delphine Jubillar. Un indice surprenant dans la mesure où l'état de propreté de la maison a été qualifié de "léger". L'analyse du siphon de la machine à laver est en cours et pourrait révéler de nouvelles preuves.

Dominique Alzéari affirme que les déclarations de Cédric Jubillar sur le soir de la disparition ont évolué. "Il y a toute une série d'éléments qui sont venus infirmer ces déclarations. M. Jubillar y a répondu par des contradictions, des adaptions, voire des mensonges." Enfin, il n'y a pas eu de traces de sang relevé dans la maison, a précisé le procureur. 

Un témoignage clé, celui de leur fils de 6 ans

Cédric Juillar continue d'affirmer qu'il n'y avait pas eu de dispute lors de cette soirée, indique ensuite le procureur. Mais surtout, il donne deux nouveaux éléments, certainement déterminant, datant de la soirée de la disparition de Delphine Jubillar. Tout d'abord le témoignage du fils du couple Jubillar, âgé de 6 ans. Un enfant qui sait que sa maman est avec un monsieur, il l'a vu par visio. Il dit avoir entendu une violente dispute entre les parents. C'est un témoignage qui me paraît crédible." "Le mis en examen conteste, dit que son fils doit avoir confondu avec une soirée", ajoute le procureur.

Enfin, "les enquêteurs ont établi que deux voisines, à 23h07, vont entendre des cris stridents et de détresse d'une femme, en provenance de la maison du couple Jubillar", indique encore le magistrat.
 

Avec L'Indépendant
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