La BCE confiante en son action, mais veut un accord solide sur la Grèce

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    Logo de l'euro sur le siège de la BCE à Francfort AFP/Archives - Daniel Roland
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Centre Presse Aveyron

La Banque centrale européenne (BCE) a exhorté mercredi la Grèce à conclure un accord solide avec ses créanciers, et promis de continuer à soutenir la zone euro via des achats massifs de dettes, sans en ralentir le rythme.

"Le conseil des gouverneurs de la BCE veut que la Grèce reste dans la zone euro", a martelé le président de la banque centrale Mario Draghi au cours de sa conférence de presse régulière à Francfort.

L'Italien, qui participe aux efforts déployés ces derniers jours pour arriver à un accord entre le gouvernement grec d'Alexis Tsipras et le trio BCE, Fonds monétaire international, Commission européenne, a essuyé que cette question un feu nourri de questions de la part des journalistes.

Tout en évoquant "une volonté commune et une forte détermination" pour trouver une solution, le gardien de l'euro a plaidé en faveur d'un "accord solide" et a maintenu une ligne dure vis-à-vis d'Athènes.

La BCE refuse, tant que les négociations ne sont pas conclues, de relever un plafond d'émission de bons du Trésor qu'elle impose à la Grèce. Elle a aussi fermé aux banques grecques ses opérations régulières de refinancement, tant que l'horizon ne s'est pas éclairci et "nous n'en sommes pas encore là", a dit M. Draghi.

- "Trajectoire ferme"-

Le chef de la banque centrale s'est en revanche engagé à continuer à déverser des montagnes de liquidités dans le circuit financier de la zone euro pour faire baisser les taux d'emprunt, et par ce biais relancer l'économie et l'inflation.

Pour stimuler la dynamique des prix, la BCE achète depuis début mars de la dette privée et publique avec un programme baptisé "QE". Elle compte débourser plus de 1.100 milliards d'euros d'ici à fin septembre 2016.

Le programme, qui a permis l'achat de près de 240 milliards d'euros de titres, a reçu de nombreux éloges et ses débuts prometteurs ont alimenté les conjectures sur un arrêt avant terme ou une réduction de la voilure. Des options catégoriquement repoussées par M. Draghi.

Si le besoin s'en fait sentir, "nous devrons peut-être revoir la taille, le calendrier ou les modalités du programme, mais jusqu'à présent franchement nous ne voyons aucune raison de le faire", a déclaré M. Draghi, selon qui les derniers indicateurs de conjoncture confirment la nécessité de maintenir "une trajectoire ferme de politique monétaire".

Les achats de dettes commencent à produire leurs effets sur l'économie réelle par le biais notamment de conditions de financement plus avantageuses et la banque centrale mise sur une accélération de la reprise économique actuellement à l'oeuvre dans la zone euro.

Mais la BCE est encore "vraiment loin" d'engager une réflexion sur une sortie de ce programme, voire même sur un hypothétique ralentissement, a souligné M. Draghi.

- Volatilité accrue -

Pour lui, "il y a encore du chemin à faire" avant de retrouver un niveau d'inflation proche de 2% dans la région, l'objectif de la BCE. En mai, l'inflation dans la région est ressortie à 0,3% sur un an. Pour l'ensemble de 2015, l'institution table désormais sur une hausse des prix à 0,3%, selon ses prévisions actualisées communiquées mercredi.

M. Draghi a répété que la BCE entendait procéder à ses achats de dettes "au moins" jusqu'à fin septembre 2016, et que seule la "pleine réalisation" de son plan permettrait à ses projections macro-économiques - avec une inflation prévue de 1,8% en 2017 - de devenir réalité.

D'ici là, l'institution monétaire européenne n'exclut pas de possibles turbulences sur les marchés financiers, comme celles qui ont conduit depuis mi-avril à une remonté des taux obligataires européens. Ces mouvements, qui ont également affecté les marchés boursiers et des changes, ont été imputés par de nombreux observateurs entre autres à la politique de la BCE.

"Nous devrions nous habituer à des périodes de volatilité accrue", a prévenu M. Draghi.

Il a aussi réitéré son appel pressant aux gouvernements européens à s'atteler à des réformes structurelles de leurs économies, seul moyen d'assurer la pleine efficacité de ses efforts à lui.

Source : AFP

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