Santé

Santé : un soutien de poids pour les obèses

  • Frédérique Grialou n’a gardé qu’un vêtement de sa garde-robe de l’époque où
elle pesait 50 kilos de plus. Le jean ne laisse pas de place au doute
    Frédérique Grialou n’a gardé qu’un vêtement de sa garde-robe de l’époque où elle pesait 50 kilos de plus. Le jean ne laisse pas de place au doute Rui Dos Santos / Rui Dos Santos
  • Le docteur Taher Aziz est heureux de présenter la plaquette de l'association qu'il a créée.
    Le docteur Taher Aziz est heureux de présenter la plaquette de l'association qu'il a créée. Rui Dos Santos / Rui Dos Santos
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Santé. Chirurgien viscéral à l’hôpital de Figeac, le docteur Taher Aziz vient de donner naissance à Je me retrouve, une association qui a pour objectifs d’accompagner les personnes qui sont en surpoids et de leur permettre, également, de sortir de leur isolement

Le poids divisé par la taille au carré... Voilà la formule pour connaître l'indice de masse corporelle, laquelle permet de déterminer la corpulence d'une personne. L'Organisation mondiale de santé (OMS) a défini cet IMC comme le standard pour évaluer les risques de surpoids. Avec un résultat situé entre 25 et 30, il est question de surpoids ; de 30 à 35, on parle d'obésité normale ; plus de 35, cette obésité devient morbide. Et l'Hexagone est de plus en plus rond ! L'obésité ne cesse, en effet, de progresser en France (4 Français sur 10 sont considérés comme « trop gros »), une tendance suffisamment alarmante pour être un véritable enjeu de santé publique. Il est fini le temps où l'on pouvait s'horrifier de l'épidémie d'obésité massive qui sévit aux États-Unis. 

Toutes les enquêtes récentes confirment une augmentation rapide du surpoids et de l'obésité en France, dans toutes les classes d'âge. Aujourd'hui, la situation est identique à celle observée Outre-Atlantique il y a 20 ans. Si rien n'est fait, les Français n'auront bientôt rien à envier aux Américains. Taher Aziz compte agir. Chirurgien viscéral, opérant à l'hôpital de Figeac depuis 2009 (il arrivait de La Réunion), il agit déjà depuis cinq ans puisqu'il a lancé la chirurgie bariatrique à son installation dans le Lot. S'il existe trois types d'interventions possibles, ce Syrien d'origine, âgé de 49 ans, pose très peu d'anneaux gastriques ajustables.

Il se consacre ainsi à 90 % à la gastrectomie longitudinale (ou sleeve), le reste étant le by-pass (ou court-circuit gastrique). Mais sa « grande fierté » actuelle est la reconnaissance par la direction de l'établissement et par l'Agence régionale de santé (ARS) du centre de prise en charge de l'obésité, le seul dans la région. « Il est virtuel, pas encore opérationnel, mais mon vœu le plus cher est que ce bébé grandisse rapidement, croise les doigts Taher Aziz. Et ce dans l'intérêt des patients car la plupart sont obligés, pour l'instant, d'aller à Toulouse, à Brive ou à Aurillac. » En attendant, le praticien vient d'ajouter une corde à son arc. Il a ainsi créé une association baptisée Je me retrouve, dont le siège social est situé au centre hospitalier de Figeac. 

« Je me suis rendu compte qu'il y a certes le suivi médical mais que les malades sont isolés, souligne l'intéressé. L'objectif est donc d'ouvrir les portes pour permettre aux gens de se rencontrer, de lutter de façon collective. J'ai envie qu'ils disent 'Je suis obèse et j'assume !'. Du coup, l'association ne pouvait pas s'appeler autrement. Le nom respecte son ambition ». Et d'ajouter : « L'obésité ne doit plus être taboue. Par pudeur, les patients préfèrent aller se faire opérer ailleurs. Les regards doivent changer et notre motivation est de faire une action dans la société ». Aujourd'hui, les malades suivis par Taher Aziz sont lotois mais ils viennent aussi de Villefranche, de Capdenac, du Bassin et même de Rodez ; 90 % sont des femmes et, tandis que la plus jeune a 22 ans, la doyenne est âgée de 62 ans.

Frédérique Grialou n’a gardé qu’un vêtement de sa garde-robe de l’époque où
elle pesait 50 kilos de plus. Le jean ne laisse pas de place au doute
Frédérique Grialou n’a gardé qu’un vêtement de sa garde-robe de l’époque où elle pesait 50 kilos de plus. Le jean ne laisse pas de place au doute - Rui Dos Santos

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