Hier encore : l’asile à Rodez

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    Hier encore : l’asile à Rodez
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Centre Presse

Dans les années 1900, il n’était guère question de malades mentaux mais de « fous ». En tenant compte du sens étendu donné à cette appellation, leur nombre était tel dans le département que les autorités décidèrent de poser, en mai 1837, la première pierre d’un asile sur le site de Paraire. Prévu à l’origine pour abriter 100 malades, l’établissement (qui n’ouvrit partiellement ses portes qu’en 1842) en comptait près de 600 en 1910, surtout issus des campagnes où l’on considérait l’alcoolisme comme motif d’aliénation. Aujourd’hui, il ne reste trace de cet ensemble, rasé après les années 50, que la chapelle Antonin-Artaud transformée en espace d’exposition du nom de cet artiste aux multiples facettes qui y fut interné de février 1943 à mai 1946. Inauguré en 2003, le lieu, sis au 1, rue Vieussens, est ouvert à tous les artistes et continue à être le théâtre d’animations dédiées à ce célèbre pensionnaire dont l’association du même nom soutient la mémoire.

Est-ce le vent d’ouest qui portait les cris des « agités » jusqu’au conseil général ? L’évasion d’un fou dangereux en 1856 ? C’est surtout le nombre croissant de malades et leurs conditions d’hébergement inhumaines (enfermement des jours durant dans des cachots privés de lumière) qui conditionnèrent, dès 1895, l’assemblée départementale à acheter le domaine de Cayssiols en vue d’y construire un asile d’aliénés pour servir d’annexe à celui de Rodez.

La congrégation « Sainte-Marie de l’Assomption » s’en porta acquéreur, pour 500 000 francs, début 1931. À la fin de la même année elle fit débuter les travaux de ce qui devait devenir l’un des plus importants ensemble asilaire de la région. On ne construit pas un hôpital comme une chaumière, surtout lorsqu’une guerre survient entre-temps : ce n’est qu’en 1952 que s’acheva le gros des travaux dont la finition ne s’opéra qu’en 1960 et, totalement, en 1967 avec la construction en pierre et béton brut de la chapelle Sainte-Cécile. Dans l’intervalle, les premiers transferts de malades s’étaient opérés progressivement ; d’abord les femmes (600) puis les hommes (400) pour dépasser le chiffre de 1 000 internés livrés aux bons soins d’une cinquantaine de religieuses ensuite secondées par du personnel civil. L’ensemble hospitalier compte alors 25 bâtiments et s’étend sur 175 ha de bois, prairies et terres arables.

En 1974, l’administration préfectorale anticipe : elle partage le département en quatre zones susceptibles de soigner les 1 250 patients que comptera l’hôpital psychiatrique en 1976. Aujourd’hui, le redéploiement et les nouvelles formes de soins, font que le site de Cayssiols assure le suivi d’un peu moins de 200 malades mais, l’Association Hospitalière Sainte-Marie occupe environ 1 000 salariés répartis sur plusieurs secteurs. Les religieuses ont quitté l’établissement en 2005.

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