Musique : l’Aveyronnais Gabriel Delmas entend mener sa vie tambour battant

  • Gabriel Delmas sur la scène du Moulin Rouge, l’an dernier
    Gabriel Delmas sur la scène du Moulin Rouge, l’an dernier
Publié le , mis à jour

Il n’y a pas que les Chinois qui naissent des baguettes entre les doigts. Cela arrive ailleurs, mais c’est beaucoup plus rare. Et encore plus rare, c’est quand ces baguettes ne sont pas destinées à la gastronomie extrême-orientale, mais à la pratique de la musique. Et plus précisément la pratique de la batterie. Un drôle d’instrument, soit dit en passant, qui ne fait aucune mélodie mais qui est le plus à même, depuis la nuit des temps, à faire danser l’humanité. Il y a bien longtemps, un batteur amateur qui s’appelait Yves disait qu’en jouant, il tentait de transmettre les pulsations terrestres et de les traduire en rythme.

Ces pulsations terrestres, ce rythme, Gabriel Delmas a peut-être dû les sentir très tôt, dès sa naissance en fait. Comment expliquer autrement que ce jeune homme d’aujourd’hui 26 ans ait ressenti si tôt l’impérieux besoin de taper sur des objets, tout le temps, partout ?

Né en région parisienne mais ayant grandi autour de la maison familiale « depuis toujours » à Sauveterre-de-Rouergue, dès deux ans, « j’aimais à taper sur les casseroles de ma grand-mère », dit-il. Avec assurément tant d’assiduité qu’à 4 ans, ses parents lui offrent sa première batterie. Et dans la foulée l’inscrivent à l’école de musique de Beaumont-de-Lomagne. Endroit où il va sans répit apprendre l’art de frapper sur des peaux, des toms, des caisses et des cymbales. Apprentissage qu’il va poursuivre ensuite, à l’école Agostini de Toulouse. Car c’était peut-être déjà décidé en lui : sa vie, il la mènera tambour battant.

Pendant toutes ces années, les vacances et les étés, il retourne à Sauveterre, baguettes toujours en main, et là aussi, il tape. Chance, les voisins ne se plaignaient pas, ils ne le font toujours pas, et même, ils aiment.

Gabriel se souvient : « Les étés, je jouais dans la cour, les touristes passaient, et s’arrêtaient souvent. On tirait aussi les chaises avec les copains, on faisait des affiches où l’on marquait « concert ce soir chez Gabriel ». Parfois il n’y avait pas grand-monde, sauf mon grand-père : c’était un fidèle...»

Les années passent et les baguettes restent toujours dans ses doigts. Plus que jamais. « Je bossais en parallèle dans l’informatique. Je voulais économiser de l’argent pour me permettre de vivre de la musique. Des batteurs en France qui vivent de la musique, il n’y en a pas beaucoup. Mais maintenant, je suis lancé à fond. »

Durant ces quatre dernières années, c’est presque en auto-entrepreneur que Gabriel Delmas avance, son esprit frappeur plus que jamais frappant. Dans de multiples groupes et orchestres de tous styles. Depuis deux ans, c’est le côté démonstrateur qui domine : Gabriel gagne de prestigieux concours, le Wikidrummer de Nogent-sur-Marne en 2015, et en octobre 2017, celui de la Baguetterie qui lui permet de jouer à l’un des plus grands festivals du genre, le Bag’Show au Moulin Rouge à Paris. Avec la crème des batteurs de la planète, dont des dinosaures qui fabriquaient le groove chez James Brown ou Earth, Wind & Fire, ou encore son idole, l’Allemand Benny Greb, « un des démonstrateurs les plus demandés au monde ». « Moi, à côté, je faisais office du petit jeune prometteur », commente celui dont le visage poupin, mais surtout sa technicité et son jeu ont attiré les sponsors. « Ça m’a permis d’avoir plus de visibilité, d’être sollicité par des marques. » Les batteries Sonor et les cymbales Zidjian le fournissent ainsi en matériel. Gabriel, lui, donne des cours de batterie à Toulouse où il vit maintenant, ou anime depuis deux ans, une fois par mois, les bœufs musicaux du Krill à Onet-le-Château. Évitant toutefois de trop faire « de trucs alimentaires où trop de musiciens se perdent », il a monté l’an dernier Makafunk, un groupe de funk, puis il y a peu Socrate, un quartet de jazz-funk. Il entend « surfer sur la vague » pour faire encore des démonstrations, et goûter un jour à l’excitation d’une grande tournée. Tambour battant : « Je suis encore jeune, j’ai le temps de mettre ma patte. Avec deux bouts de bois dans les mains, il peut se passer beaucoup de choses. »

La batterie, c’est pour Gabriel comme un groove du cœur, « un instrument synonyme de liberté ». Et depuis toujours, il l’a prise.

Centre Presse / Laurent Roustan
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