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Les collectivités veulent aider l’Etat à s’engager sur la RN 88

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Les élus aveyronnais de tous bords ont rencontré la ministre des Transports pour lui dire que les collectivités concernées participeraient au financement des 256 M€ nécessaires à la réalisation du tronçon Rodez-Sévérac. Ils attendent la réponse.

Parler d’une même voix pour défendre la deux fois deux voies. Les cinq parlementaires aveyronnais (trois députés et deux sénateurs), le président du conseil départemental et l’élue régionale Emmanuelle Gazel ont fait litière de toutes considérations politiques pour plaider une cause commune : accélérer la réalisation de la RN 88 en mettant en œuvre au plus vite la programmation du tronçon Rodez-Sévérac-le-Château.

Ils ont rencontré à cet effet la ministre des Transports Élisabeth Borne, le 6 mars, pour lui proposer un financement dans lequel les collectivités, Département et Région, seraient parties prenantes. Il en va de 256 millions d’euros d’engagement financier, dans lequel, bien sûr, l’état prendrait sa part...
Pour les élus, l’intérêt d’une telle manœuvre est de sortir du Contrat de plan état-Région (CPER) où se trouve consigné l’itinéraire de la RN 88.

Un CPER avec lequel il faut ferrailler tous les cinq ans pour espérer y voir figurer les inscriptions budgétaires nécessaires.Et qui finit par avoir raison de la patience des élus, rien n’étant vraiment assuré pour la période 2020-2025.


La ministre interpellée par l’urgence
Qui plus est, la RN 88 ne figure pas dans le rapport Duron, du nom du président du Conseil d’orientation des infrastructures, qui a remis sa copie à la ministre le 1er février dernier. Rien ne serait perdu, Elisabeth Borne « nous a laissés entendre que notre proposition pouvait être intégrée dans la loi Mobilités », relève Stéphane Mazars.
Et le député de la première circonscription d’assurer que la ministre « connaît bien le dossier aveyronnais, s’est montrée attentive au fait que les collectivités étaient prêtes à participer...Elle a semblé découvrir que la déclaration d’utilité publique est effective et que le dossier pouvait donc aller très vite. »
« Et la ministre a été d’autant mieux interpellée sur l’urgence à agir que trois décès ont été constatés depuis janvier sur la RN 88 », renchérit le sénateur Jean-Claude Luche.
Le volet programmatique de la loi Mobilités devait être présenté en avril au Conseil des ministres. Mais à ce jour, il manque encore des garanties aux élus aveyronnais qui assurent n’avoir pas de retour, quelques semaines après leur entrevue au ministère.


Contractualisation spécifique
Des élus qui prennent donc les devants pour que les choses avancent enfin à travers une contractualisation spécifique proposée à l’état.

« Il faut que l’état accepte l’idée de cette contractualisation, dérogatoire sur un itinéraire national, mais qui revêt un intérêt majeur pour l’Occitanie. Nous relions par cet itinéraire les deux capitales régionales et notre démarche est vertueuse : le territoire n’est pas seulement demandeur mais acteur, et tous les politiques quels qu’ils soient, travaillent ensemble », martèle le député Arnaud Viala, également président de la mission parlementaire sur la préparation d’une nouvelle étape de la décentralisation qui défend avec la RN 88 « un vrai projet d’envergure ».


Une habitude pour le Département
« Une convention avec toutes les collectivités locales concernées est la meilleure de nos chances », plaide à son tour Jean-Claude Luche.

L’ancien président du conseil départemental en sait quelque chose : le Département a débloqué en son temps une enveloppe de 50 M€ sur le segment Tanus-Rodez de la RN 88, aux côtés de la Région et de l’état. Et a obtenu la maîtrise d’ouvrage déléguée pour la réalisation (en cours) du tronçon Rodez-Causse Comtal (« le « barreau de Saint-Mayme ») en engageant seul l’intégralité des 25 M€ de travaux...
Les élus en sont conscients : si l’on n’aide pas à l’état à financer, il ne fera rien. Et tant pis si les collectivités doivent intégrer cet engagement financier au bénéfice du territoire dans leurs choix budgétaires.
Pour Rodez-Sévérac, l’ardoise s’annonce sévère avec une évaluation chiffrée à 256 M€. « Il est clair que la plus grosse partie serait prise en charge par l’état », prévient Stéphane Mazars. « Il faut voir ce que l’état est capable de mettre avant que les contribuables d’Occitanie et de l’Aveyron ne soient sollicités pour boucler le tour de table », ajoute Arnaud Viala.

« Concernant ces 256 M€, tout reste à négocier, résume Jean-Claude Luche. 50 M€ pour le Département, comme il l’a fait sur le tronçon entre le Tarn et Rodez ? C’est pas dit...»

Pas dit, pas vraiment fait encore, mais bien parti pour mettre un terme à un feuilleton vieux déjà de près de 30 ans... 
 

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