Anesthésie générale : la manœuvre de Sellick remise en question

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    Anesthésie générale : la manœuvre de Sellick remise en question
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La manœuvre de Sellick consiste à réaliser une occlusion manuelle de l’œsophage au niveau cervical pendant la mise en place d’une anesthésie générale. Et ce lorsque le jeûne n’a pu être respecté avant l’opération chirurgicale afin d’éviter l’inhalation bronchique du contenu gastrique. Une équipe française vient de mener une étude remettant en question cette pratique ancienne.

Bien que prônée dans la plupart des recommandations internationales, l’efficacité de la manœuvre de Sellick reste controversée. En effet, « elle peut rendre l’intubation trachéale plus difficile pour l’anesthésiste et être source de complications traumatiques, voire favoriser de manière paradoxale les régurgitations du contenu gastrique », expliquent les auteurs de la première étude randomisée sur ce sujet.

Pas de supériorité avérée

Sous la direction du Dr Aurélie Birenbaum et du Pr Bruno Riou de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, cette étude a permis d’évaluer l’intérêt de la manœuvre de Sellick lors de l’induction en séquence rapide de l’anesthésie générale chez 3 472 patients. Les chercheurs ont comparé l’incidence de l’inhalation bronchique dans deux groupes de patients. Pour le premier, la manœuvre était systématiquement appliquée. Pour l’autre, elle n’était que simulée.

Résultats, « une inhalation bronchique a été observée chez 10 patients (0,6%) du groupe Sellick et 9 patients (0,5%) du groupe ‘simulé’ ». La très faible incidence d’inhalation bronchique observée dans deux groupes de patients ne permet donc pas de démontrer de manière significative la non-infériorité de la manœuvre simulée. « Ces résultats ouvrent donc la voie à la remise en cause d’un dogme proposé en 1961 et suivi par la plupart des recommandations professionnelles internationales jusqu’à maintenant », concluent-ils.

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