Santé

Les femmes sont moins diagnostiquées pour un AVC mineur que les hommes

  • Les femmes étaient 10 % plus susceptibles de recevoir un diagnostic sans AVC.
    Les femmes étaient 10 % plus susceptibles de recevoir un diagnostic sans AVC. Martinan / Istock.com / Martinan / Istock.com
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(Relaxnews) - Les femmes victimes d'un AVC mineur sont moins susceptibles de recevoir un diagnostic approprié que les hommes lorsqu'elles se rendent aux urgences, même si elles présentent des symptômes semblables, pointe une étude canadienne.

Dirigés par des chercheuses et des chercheurs de l'université de Toronto et de l'université de Calgary (Canada), ces nouveaux travaux publiés dans JAMA Neurology et présentés le 22 mai lors de la conférence de l'Organisation européenne de l'AVC (Milan, Italie) dénotent une différence significative de diagnostic dans les symptômes annonçant un AVC mineur (également appelé accident ischémique transitoire) entre les hommes et les femmes.

L'équipe de scientifiques a analysé les données de 1.648 patientes et patients reçus dans des services d'urgence universitaires dans les villes canadiennes de Victoria et de Calgary entre décembre 2013 et mars 2017 et suivis pendant 90 jours.

"Dans notre étude, les hommes étaient plus susceptibles de recevoir un diagnostic d'AVC mineur, et les femmes étaient 10% plus susceptibles de recevoir un diagnostic sans AVC, par exemple une migraine ou un vertige, même si les hommes et les femmes étaient aussi susceptibles de déclarer des symptômes atypiques d'AVC", explique la Dre Amy Yu, MD, co-autrice de l'étude et neurologue spécialisée dans les AVC au Sunnybrook Health Sciences Centre de l'université de Toronto.

"Notre étude a également révélé que le risque d'avoir un autre AVC ou une autre crise cardiaque dans les 90 jours suivant le diagnostic était le même pour les femmes et les hommes", ajoute la Dre Shelagh Coutts, neurologue spécialisée en AVC et professeure agrégée au Cumming School of Medicine (CSM) de l'université de Calagary et également co-autrice de l'étude.

Des risques similaires 90 jours après le diagnostic

Comment expliquer un tel écart ? Selon les médecins à l'origine de l'étude, cela pourrait être dû à un manque de précision dans la déclaration des symptômes par les patients, à une interprétation approximative de ces symptômes par les cliniciens ou bien à une combinaison de ces deux facteurs, même s'ils précisent que d'autres recherches sont nécessaires pour étayer cette théorie.

Les symptômes les plus courants d'un AVC sont une fatigue soudaine, un affaissement du visage ou des difficultés d'élocution. Mais d'autres troubles plus rares peuvent annoncer l'arrivée d'un AVC, comme des étourdissements, des picotements ou une confusion mentale. Cette étude montre que les hommes et les femmes sont tous deux concernés par ces symptômes atypiques de l'AVC. 

"Ce qu'il est important de reconnaître dans l'AVC, c'est que le cerveau a de multiples fonctions et que lorsqu'un AVC survient, les gens peuvent ressentir des choses différentes au-delà des symptômes typiques de l'AVC. Un diagnostic précis d'AIT et d'AVC changerait le plan de traitement d'un patient et pourrait aider à prévenir un autre AVC", estime la Dre Yu.

"Nos conclusions attirent l'attention sur les occasions manquées potentielles de prévention des accidents vasculaires cérébraux chez les femmes, ainsi que d'autres événements vasculaires indésirables, comme les crises cardiaques", ajoute la Dre Coutts.

Relaxnews
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