Suivre un régime alimentaire spécifique peut conduire à un sentiment de solitude lors du partage des repas

  • Par rapport aux personnes sans régime spécifique, celles qui se sont soumises à une restriction alimentaire ont déclaré un sentiment de solitude accru de 19%.
    Par rapport aux personnes sans régime spécifique, celles qui se sont soumises à une restriction alimentaire ont déclaré un sentiment de solitude accru de 19%. gordana jovanovic/Istock.com
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(Relaxnews) - Ne pas manger comme les autres lorsque l'on partage un repas en communauté peut susciter un sentiment de solitude et d'exclusion sociale chez les personnes aux habitudes alimentaires spécifiques, telles que le végétalisme ou un régime sans gluten. 

La nourriture occupe une place importante lors des fêtes de fin d'année, en particulier à Noël et au Nouvel An. Mais alors que ces périodes sont censées rimer avec retrouvailles en famille ou entre amis, les personnes qui entretiennent un régime alimentaire particulier, que ce soit pour des raisons de santé, d'éthique ou par conviction religieuse, peuvent éprouver un sentiment de solitude au moment de passer à table, avance une nouvelle recherche de l'Université Cornell (États-Unis) parue dans le Journal of Personnality and Social Psychology.

"Bien qu'ils soient physiquement présents avec les autres, les gens qui sont soumis à une restriction alimentaire se sentent exclus parce qu'ils ne peuvent pas participer à la création de liens pendant le repas", explique Kaitlin Woolley professeure adjointe de marketing à la Samuel Curtis Johnson Graduate School of Management de l'université Cornell et autrice principale de la recherche.

Peur d'être jugés ou de ne pas se sentir à sa place

Pour parvenir à cette conclusion, l'équipe de Kaitlin Woolley a réalisé sept études. L'une d'entre elles a montré que le fait d'assigner des personnes qui n'entretiennent pas un régime particulier à une expérience de restriction alimentaire contribuait à augmenter le sentiment d'exclusion sociale. Ce constat s'appliquait aussi bien aux adultes qu'aux enfants.

Une enquête menée lors d'une célébration de pâques juive suggère que ce sentiment de solitude augmentait chez ceux qui ne pouvaient pas consommer d'aliments au levain avec les autres. A l'inverse, une autre expérience réalisée sur des individus ne se connaissant pas entre eux ont montré que ces derniers avaient davantage confiance les uns dans les autres lorsqu'ils partageaient la même nourriture.

Les études 4 et 5 ont par ailleurs démontré que les personnes qui ne peuvent pas manger comme les autres s'inquiètent de la façon dont les autres pourraient les juger. Ces soucis ont généré un degré de solitude comparable à celui des adultes célibataires ou à faible revenu, et plus fort que celui des écoliers dont la langue maternelle n'était pas l'anglais, souligne la recherche.

"Ce phénomène d'exclusion est un problème dont je ne pense pas que les gens soient conscients" alerte Kaitlin Woolley.

Relaxnews
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