A l'Alpe d'Huez, Youtube fait de l'oeil au cinéma

  • Au Festival du film de comédie de l'Alpe d'Huez, des jeunes youtubeurs côtoient le milieu du 7e Art.
    Au Festival du film de comédie de l'Alpe d'Huez, des jeunes youtubeurs côtoient le milieu du 7e Art. kizilkayaphotos / IStock.com / kizilkayaphotos / IStock.com
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(AFP) - Ils rêvent de faire du cinéma, ou se sont déjà lancés. Au Festival du film de comédie de l'Alpe d'Huez, des jeunes youtubeurs côtoient le milieu du 7e Art, attentif aux nouveaux talents qui émergent sur le web.

Âgés de 21 à 26 ans, Florent et Faustine Koziel, Zoé Marchal et Tonio Life - de son vrai nom Alexandre Antonio - font l'objet cette année du "coup de projecteur" du Festival, qui met en avant des jeunes issus du web, en partenariat avec le studio de création humoristique Golden Moustache (groupe M6), lancé en 2012.

Les trois premiers ont créé une web-série, "Close Up", dont deux saisons ont été diffusées sur Youtube, avec près de 70 millions de vues. Ils y racontent de façon crue la vie de jeunes filles d'aujourd'hui, et ont tourné ensemble un court métrage.

Vidéaste de 23 ans découvert sur Vine avant de se lancer sur Facebook et Instagram, Tonio Life a de son côté coproduit sa web-série "Débordé" dont chaque épisode a été visionné 1 million de fois. Aujourd'hui, celui qui dit admirer Omar Sy et Louis de Funès a fait ses premiers pas au cinéma dans "Walter" de Varante Soudjian (2019).

Pour ces jeunes, être exposés dans un festival qui accueille des stars de la comédie comme Dany Boon est une occasion de se faire remarquer par le 7e Art.

"Il y a des jeunes qui rencontrent la profession, ils font financer leurs films. Il y a des projets qui démarrent à l'Alpe d'Huez", explique Frédéric Cassoly, directeur du Festival.

- De Mister V à Hakim Jemili -

Certains talents du web sont même sélectionnés en compétition, comme Justine Le Pottier ("Les Emmerdeurs" sur Youtube), qui présente cette année l'un des dix courts métrages en lice. Ou Arnaud Mizzon, présent aussi avec un court métrage, qui a commencé sur internet avec des web-séries ("Les CDD", "En coloc").

L'actrice Alison Wheeler, révélée sur internet avec le collectif d'humoristes Studio Bagel (Canal+), joue de son côté dans l'un des longs métrages en compétition, "Forte" de Katia Lewkowicz, après notamment "Gaston Lagaffe".

Nombre de youtubeurs se sont déjà aventurés sur le grand écran ces dernières années, de Mister V ("Place publique") à Norman ("Alibi.com"), Hugo tout seul ("Avis de mistral"), Andy raconte ("Daddy Cool") ou Hakim Jemili du collectif Woop Gang, présélectionné comme meilleur espoir aux César pour "Docteur?", dans lequel il joue avec Michel Blanc.

Car avec quelque 300 chaînes françaises qui ont passé le cap du million d'abonnés en juin, la plateforme Youtube, propriété de Google, incontournable pour les chaînes de télévision, est aussi devenue une pépinière de talents pour le cinéma.

Elle l'est notamment pour l'humour, qui y est très présent et se professionnalise, alors que Youtube a lancé en 2018 ses premières séries françaises, produites par Studio Bagel et Golden Moustache.

- "catalogué" -

"Les gens perçoivent Youtube différemment d'année en année. Ca évolue beaucoup. Quand on était adolescents, c'était vraiment que des chiens et des chiots filmés en fisheye" (objectif à très grand angle), se souvient Florent Koziel. 

Aujourd'hui, "on se met en conditions cinéma, on prend le temps de faire la lumière, de choisir le bon matériel", poursuit-il. "Ca devient une banque de données je pense pour les producteurs et distributeurs".

Pour le directeur de Golden Moustache Younes Nemiche, qui veut "détecter les stars de demain", il "faut aussi être curieux de toutes les plateformes", comme Tik Tok, réseau social apprécié des adolescents, où "des choses extrêmement créatives se passent" aujourd'hui.

Un succès sur internet promet-il pour autant une carrière sur le grand écran? Rien n'est moins sûr, d'autant que le milieu du cinéma continue régulièrement à nourrir une certaine méfiance vis-à-vis des Youtubeurs, francs-tireurs souvent formés hors des codes du 7e Art.

"Quand on arrive dans le cinéma en étant catalogué comme Youtubeur, c'est assez compliqué de sortir de cette image", témoigne Tonio Life.

"Malheureusement, ils ne nous font pas trop confiance les gens...", regrettait récemment aussi Hakim Jemili. "Le cinéma français se passe trop souvent des Youtubeurs".

Relaxnews
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