Municipales 2020

Une campagne électorale, ça coûte combien en Aveyron ?

Abonnés
  • L’impression de tracts électoraux a un coût.
    L’impression de tracts électoraux a un coût. Illustration CP / José A. Torres / Illustration CP
Publié le / Modifié le S'abonner

De quelques  dizaines à des milliers d’euros, les candidats aux municipales engagent des frais pour mener leur campagne. Mais, heureusement, la grande majorité sera remboursée à l’issue du scrutin.

Location d’un local, tracts électoraux, affiches, organisation de réunions publiques, sites internets, coups de com’… Une campagne électorale, ce n’est pas gratuit. Qu’on soit à Rodez ou à Millau, où les listes débourseront plusieurs milliers d’euros, ou bien dans les plus petites communes de l’Aveyron, où les candidats débourseront quelques dizaines d’euros, la campagne a un coût.

Surtout pour les candidats des communes de plus de 9 000 habitants, où la réglementation est très stricte pour éviter la corruption.

Et les modes de financement aussi divers que les opinions politiques : certains font appel aux dons de particuliers, d’autres à l’emprunt auprès de banques… Mais, nouveauté dans cette campagne, les financements des partis politiques pour leurs "poulains locaux" sont désormais aussi rares qu’un candidat avec une étiquette bien marquée !

"Les partis traditionnels ont malheureusement connu une dure période récemment et il faut désormais se débrouiller sans", souffle ce candidat ruthénois, engagé de longue date, se remémorant notamment la vente "forcée" de Solférino par le Parti Socialiste à la suite de la débâcle de 2017. Pour cette campagne, sa liste a recouru à l’emprunt.

"Les banques prêtent car pour le remboursement des frais de campagne, il faut réaliser plus de 5 % des suffrages… Ce n’est donc pas un gros risque", explique encore un autre candidat de la préfecture.

Nouveaux modes de communication

Autre nouveauté : si les campagnes électorales font toujours le bonheur des imprimeurs, l’omniprésence des réseaux sociaux a quelque peu changé la donne. Aujourd’hui, ils sont un passage obligé pour toutes les listes. Gratuits, ces réseaux permettent surtout de faire baisser la facture globale… Et ça, les candidats ne s’en plaignent pas ! "Cela prend du temps mais ça ne nous oblige plus à organiser des meetings d’une autre époque. D’ailleurs, ces derniers ne sont plus vraiment à la mode, la communication passe par internet aujourd’hui. Macron l’avait parfaitement compris en 2017 et cela lui a plutôt bien réussi…", explique ce colistier, en charge de la… communication sur la liste de Serge Julien, à Rodez.

À l’image de l’échiquier politique, les méthodes de financement d’une campagne évoluent avec le temps.

Et si elles font toujours le bonheur des imprimeurs, les candidats, eux, ont toujours un double objectif : être élu bien entendu… Mais surtout dépasser les 5 % pour être intégralement remboursés.

Des comptes sous contrôle

Le financement de la campagne et son remboursement dépendent en fait du nombre d’habitants de la commune. Les moins bien lotis sont les petits villages, ceux de moins de 1 000 habitants : tout est payé par les candidats, notamment les bulletins de vote mais aussi les documents de campagnes. Au-dessus de 1 000 habitants, l’État rembourse aux candidats qui totalisent plus de 5 % des voix le coût du papier, l’impression des bulletins de vote, des affiches et des documents de campagne. Mais pas la conception, ni la distribution. Pour les communes de plus 2 500 habitants, les candidats sont remboursés aussi de la distribution des bulletins de vote et des professions de foi. Mais pas des dépenses de campagne, comme les réunions par exemple.

Pour les communes de plus de 9 000 habitants, la période de comptabilisation des dépenses électorales est ouverte depuis le 1er septembre 2019. Un plafond est fixé en fonction du nombre d’habitants : un peu moins de 40 000 € pour Rodez, par exemple. Il est majoré pour les listes présentes au second tour. C’est le mandataire financier désigné par le candidat, et lui seul, qui peut recueillir les fonds et engager les dépenses de campagne. Après l’élection, les listes doivent déposer un compte de campagne en équilibre, ou éventuellement en excédent, à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). C’est cette dernière qui valide, ou rejette, les comptes. Un remboursement forfaitaire est alors attribué aux candidats qui ont recueillis au moins 5 % des suffrages exprimés au premier tour de scrutin. Ce montant peut être modulé lorsque la commission relève des irrégularités qui n’entraînent pas le rejet du compte de campagne.

En cas de non-respect des règles applicables en matière de financement électoral, les peines encourues peuvent, outre l’invalidation du scrutin, aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement, 150 000 euros d’amende et 5 ans de radiation des listes électorales…

Centre Presse
Voir les commentaires
L'immobilier à Aveyron

45000 €

Immeuble comprenant un studio d'environ 30m2 habitables, avec cuisine ouver[...]

129000 €

Bel ensemble immobilier situé sur une parcelle de 1000 m² environ comprenan[...]

53000 €

Cette maison de ville d'angle, située sur une place, bénéficie d'un bel ens[...]

Toutes les annonces immobilières de Aveyron
Réagir