Coronavirus: sur la balance, le compteur tourne

  • Sédentarité, activité physique réduite quasiment à néant, proximité avec le réfrigérateur et ses tentations forment un cocktail explosif pour la ligne... et inédit sur une aussi longue durée.
    Sédentarité, activité physique réduite quasiment à néant, proximité avec le réfrigérateur et ses tentations forment un cocktail explosif pour la ligne... et inédit sur une aussi longue durée. LaylaBird / Istock.com / LaylaBird / Istock.com
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(AFP) - "Bikini body" versus silhouette bedonnante... Sur les réseaux sociaux, l'affaire est entendue: le confinement se traduira par des kilos en trop. Une conséquence quasi-inévitable, confirment des experts, mais aussi une occasion en or de se mettre aux fourneaux.

"Je ne sais pas si on sortira grandis de cette expérience, mais on aura grossi", alerte la nutritionniste Béatrice de Reynal, pour qui il faut agir sans plus attendre... en mangeant moins.

"On va tous y passer, même si on essaie de s'entretenir", renchérit Julian Mercier, conseiller culinaire en sport et santé. "Moi le premier, j'ai plus tendance à me tourner vers du chocolat qu'une pomme. C'est ce qui risque de nous jouer un mauvais tour".

Sédentarité, activité physique réduite quasiment à néant, proximité avec le réfrigérateur et ses tentations forment un cocktail explosif pour la ligne... et inédit sur une aussi longue durée.

"On a déjà eu des craintes de pénurie (avec des consommateurs faisant des stocks) pendant la guerre du Golfe ou des périodes où les gens restaient chez eux - après les attentats - mais ils allaient travailler. Là, on a une partie de la population qui ne travaille pas et ne bouge pas", souligne Pascale Hébel, directrice du pôle consommation au Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie).

- Manger moins -
La question du surpoids est d'abord mathématique: en l'absence de quasiment toute activité physique, un adulte dépense chaque jour 200 à 400 calories en moins, avance la diététicienne Jennifer Aubert. D'où la nécessité de réduire les portions et de continuer à bouger.

La période générant également beaucoup de stress (peur de la mort et la maladie, angoisses économiques...), la nourriture sert de refuge. Et "en passant tant de temps à la maison, il est facile de manger plus que de raison", souligne la British Nutrition Foundation.

Les conditions de vie - l'isolement comme le confinement en famille - ont aussi des répercussions sur la façon de manger. "Pour ceux qui ont des enfants pour éviter les soucis, on va faire des spaghetti bolognese que tout le monde aime bien plutôt que combattre à leur faire manger des épinards", estime, par exemple, Julian Mercier.

Autre paramètre: le fait que tout le monde ne cuisine pas, souligne Pascale Hébel, et l'absence de fours dans certains foyers démunis.

D'où une tendance déjà observée à se replier sur des plats tout prêts type raviolis en boîte, qui se sont envolés, une fois le confinement mis en place et après la ruée initiale sur les pâtes et le riz.

Quelles recommandations donnent les experts pour éviter de trop faire pencher la balance ? Structurer sa journée et les heures de repas pour éviter de manger à toute heure, avoir une activité physique et cuisiner le plus possible par soi-même, disent-ils en choeur.

- Fait maison -
Le contexte peut avoir aussi du bon, souligne Jennifer Aubert. "Pas de sorties, c'est donc moins d'écarts et aussi plus de temps pour faire du sport chez vous". Avec pour résultat, des patients perdant quasiment tous du poids, depuis le confinement, dit-elle.

Pour le chef Cyril Lignac, qui anime pendant le confinement une émission très suivie "Tous en cuisine" sur M6, le confinement est aussi une occasion de "manger sain et équilibré".

"Entre tous les tournages où je mange des gâteaux, les restaurants où je goûte des plats, l'élaboration de mes pâtisseries, je profite de cuisiner à la maison et manger léger, sans trop de sucre", confie-t-il à l'AFP.

"Je comprends qu'on a, à la maison, une facilité: on regarde la télé, on bouquine, on aime bien grignoter, moi le premier d'ailleurs. Mais j'aime assez le principe qu'on fasse du fait maison (...) Cette période est une occasion d'apprendre aux enfants et aux ados à cuisiner des choses simples".

Un appel que certains parents ont bien entendu, dévalisant les rayons d'oeufs et de farines et affichant leurs prouesses pâtissières sur la toile, avec des hashtags comme #homemadefood ou #cestmoiquilaifait.

Relaxnews
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