Avec "Tout simplement noir", Jean-Pascal Zadi veut "lutter contre les clichés"

  • "Tout simplement noir" de Jean-Pascal Zadi, en salles mercredi
    "Tout simplement noir" de Jean-Pascal Zadi, en salles mercredi Courtesy of Gaumont Distribution / Courtesy of Gaumont Distribution
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(AFP) - Avec la comédie "Tout simplement noir", en salles mercredi, le réalisateur Jean-Pascal Zadi veut "lutter contre les clichés" en espérant que les récentes manifestations contre le racisme puissent devenir "un moment charnière comme #MeToo".

Dans ce film qu'il coréalise avec John Wax, Jean-Pascal Zadi se met en scène dans le rôle de JP, un comédien raté qui décide d'organiser une marche de contestation noire en France.

Pour ça, il veut demander le soutien de personnalités influentes de la communauté noire, épaulé par l'humoriste Fary qui y voit l'occasion de redorer son image. Au fil de ses rencontres, qui ne prennent pas toujours la tournure espérée - avec les chanteurs JoeyStarr et Soprano, les acteurs Lucien Jean-Baptiste, Eric Judor, Omar Sy ou Fabrice Eboué, l'actrice Stefi Celma - il va découvrir que les fédérer n'est pas si simple.

"L'origine du projet, c'est que je me suis rendu compte qu'on connaissait beaucoup l'identité noire américaine, mais pas tellement l'identité noire française", a expliqué à l'AFP l'acteur et réalisateur de 39 ans qui a grandi à Ifs, dans la banlieue de Caen, et a débuté comme rappeur au sein du groupe La Cellule. "J'avais envie de questionner ce qu'était le communautarisme, ce que ça voulait dire d'être noir et français, d'être français aujourd'hui".

Pour Jean-Pascal Zadi, qui a voulu montrer "la complexité de l'identité noire", "les Noirs, ça ne veut presque rien dire". "Moi je suis noir, Fabrice Eboué est noir, Lucien Jean-Baptiste est noir, mais on n'a rien en commun", dit-il. "Entre nous, on ne se vit pas comme noirs, on se vit comme des êtres humains".

Alors que son film sort dans le contexte des manifestations contre le racisme et les violences policières qui ont eu lieu en France à l'appel du comité de soutien à la famille d'Adama Traoré, et après la mort aux Etats-Unis de George Floyd, il estime que l'"on est dans un moment où le monde entier remet en perspective ce que c'est que d'être Noir".

Ces manifestations auxquelles il a participé, Jean-Pascal Zadi dit qu'il "aimerait bien que ce soit un moment charnière comme #MeToo". "J'ai envie que ce moment-là permette à tout le monde, même ceux qui ne se positionnent pas comme racistes, de se poser des questions et qu'on puisse évoluer ensemble".

Relaxnews
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