Transmission du coronavirus: gouttelettes, mains et aérosols

  • Le premier mode de transmission du coronavirus mis en évidence est celui des postillons, des gouttelettes de salive expulsées par une personne infectée quand elle tousse ou éternue, mais aussi quand elle chante ou parle.
    Le premier mode de transmission du coronavirus mis en évidence est celui des postillons, des gouttelettes de salive expulsées par une personne infectée quand elle tousse ou éternue, mais aussi quand elle chante ou parle. LukaTDB / IStock.com
Publié le , mis à jour

(AFP) - Les gouttelettes respiratoires, les contacts par les mains et les nuages de particules virales (aérosols) dans des espaces clos mal aérés restent les modes privilégiés de transmission du coronavirus.

Qui peut aussi survivre neuf heures sur la peau et jusqu'à 28 jours sur des écrans de téléphones.

- Gouttelettes ou postillons

Le premier mode de transmission du coronavirus mis en évidence est celui des postillons, des gouttelettes de salive expulsées par une personne infectée quand elle tousse ou éternue, mais aussi quand elle chante ou parle.

Les scientifiques jugent que cela nécessite un contact rapproché, d'un mètre à un mètre cinquante, estimation que l'on retrouve dans les recommandations sanitaires officielles de distanciation physique.

En revanche, ces gouttelettes sont relativement "lourdes" et retombent rapidement. Elles ne se maintiennent pas en suspension dans l'air.

- Contacts et surfaces

Le virus peut aussi se fixer sur une surface souillée par les gouttelettes: mains, mouchoirs, lunettes, robinets, poignées de porte, bouton d'ascenseurs, rampes d'escalier, etc. Le risque de contamination intervient si on se touche le visage après les avoir touchés.

Le virus survit neuf heures sur la peau contre environ 1,8 heure pour celui de la grippe, selon une étude originale japonaise parue dans le journal Clinical Infectious Diseases. Mais l'application de désinfectants pour les mains à base d'alcool, neutralisent ces deux virus "en 15 secondes".

Et dans un milieu frais et sombre, le coronavirus SARS-CoV-2 peut survivre jusqu'à 28 jours sur des écrans de téléphone, du verre, de l'acier et des billets de banque en plastique polymère (qui existent notamment en Australie, Canada ou Grande-Bretagne) selon une étude expérimentale de l'agence scientifique nationale australienne (CSIRO).

Pour autant, "cela ne signifie pas que cette quantité de virus pourrait infecter quelqu'un", a souligné Trevor Drew, directeur du Centre australien de prévention des maladies sur la chaîne publique ABC. Le principal message reste que "les personnes contaminées sont beaucoup plus contagieuses que les surfaces".

"Cela peut néanmoins aider à expliquer pourquoi, même lorsque il n'y a plus de personnes contagieuses, il arrive que (l'épidémie) revienne même si le pays est considéré comme exempt de virus", a-t-il ajouté.

D'où les recommandations de ne pas se serrer la main, de se les laver fréquemment au savon ou au gel hydroalcoolique et de désinfecter régulièrement les surfaces touchées fréquemment, en particulier au travail et dans les lieux publics.

- Aérosols

Dans les endroits fermés, mal aéré, les aérosols, ces nuages de microscopiques gouttelettes de particules virales qu'on libère rien qu'en respirant, peuvent franchir des distances plus importantes et directement atterrir sur le visage d'autrui dans un périmètre allant jusqu'à près de 2 mètres. Ces nuages invisibles sont suspectés de rester en suspension dans l'air pendant des minutes voire des heures, selon la ventilation.

Les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CD) ont récemment actualisé leur liste des modes de propagation possibles du coronavirus en y ajoutant les aérosols, même si le principal reste selon eux, les gouttelettes respiratoires type postillons projetées à proximité par une personne infectée. Les CD se sont ainsi rangé à l'avis de nombreux scientifiques partisans de prendre en compte ce risque. Ce mode de transmission "ne peut être exclu", a aussi reconnu début juillet l'OMS, en particulier dans "certains endroits fermés, comme les lieux très fréquentés et mal aérés" et lorsque les gens y sont présents "pendant une durée de temps longue".

On ignore la dose de particules virales nécessaire pour provoquer une infection, mais plus elle est conséquente, "plus la probabilité d'infection augmente", indiquait récemment à l'ADP Steve Nigelle, généticien spécialiste des virus à Harvard.

- Quelles implications pour la prévention?

"Rien de nouveau sous le soleil pour ce qui est des recommandations. Il y a trois modes de transmission : gouttelettes, aérosols, et manuportés, sans que l'on connaisse la part relative de chacun. Donc il faut poursuivre tous les gestes barrières et ouvrir les fenêtres", résume à l'AFP le Pr Arnaud Fontanet, épidémiologiste de l'Institut Pasteur, après la récente parution des publications japonaise et australienne.

Les courants d'air favorisent la dispersion des particules virales. Et le message "aérer, aérer, aérer" vaut également pour la grippe.

Le port du masque, en couvrant le nez, notamment à l'intérieur dans des lieux collectifs (transports en commun, bureaux, usines, abattoirs, commerces...), sans l'oublier lors de la préparation des aliments en restauration collective, et le lavage fréquent des mains au savon ou avec du gel hydroalcoolique font partie, avec la distanciation physique, des mesures barrières. Dehors, le port du masque dans des lieux très fréquentés s'est peu à peu étendu dans la batterie de consignes.

"Une recommandation universelle est la stratégie la plus sûre", estime Kristal Pollitt, professeure d'épidémiologie et d'ingénierie environnementale à l'université Yale. Et sur un trottoir, un passant peut éternuer à l'instant où vous le croisez, rappelle-t-elle.

Relaxnews
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