La télémédecine arrive en Aveyron

  • Montclar et son secteur espèrent œuvrer à l’image de ces infirmières avec un chariot Healphi de télémédecine.
    Montclar et son secteur espèrent œuvrer à l’image de ces infirmières avec un chariot Healphi de télémédecine. Photo Healphi
Publié le , mis à jour

Montclar, le village du Sud-Aveyron s’équipe d’un chariot et d’une mallette de télémédecine pour un projet novateur, inédit en Aveyron et Occitanie.

Le temps presse. Montclar comme de nombreuses communes aveyronnaises souffre de la pénurie de professionnels de santé. Face à ce désert médical, Marina Vidal-Condamines, actuelle adjointe à Montclar, a mis sur pied un projet s’appuyant sur la télémédecine. "L’idée a germé pendant le confinement où mon fils, sportif de haut niveau, et mon mari, souffrant d’une maladie auto-immune ont pu assurer leur rendez-vous par le biais de la téléconsultation."

La réflexion et la réalisation du projet ont été menées de concert avec Patrick Loupias, conseiller municipal et infirmier à la retraite.

Décision a été prise de s’équiper d’un chariot de télémédecine pour l’installer dans le cabinet médical du village et d’une mallette de télémédecine pour permettre aux deux infirmières libérales partantes pour le projet, d’être contactées pour des rendez-vous, répondre à des situations d’urgence et se rendre au domicile. "Nous étions partis pour répondre à la problématique des personnes âgées mais on se rend compte que cela touche l’ensemble de la population. Il y a trop de cas d’urgence et une demande des gens. Ce dispositif marche très bien en Australie, je ne vois pas pourquoi cela ne fonctionnerait pas en Aveyron", poursuit l’élue.

Répondre à la bobologie

Il s’agit d’un appui, en aucun cas de se substituer aux médecins. "Cela ne remplace pas le médecin mais de répondre à de la bobologie ou à éviter de faire des kilomètres pour une ordonnance", prévient-elle. Concrètement, ce dispositif inédit en Occitanie, pourrait être lancé fin février, début mars. L’investissement de ce projet novateur s’élève à 31 340 € avec un abonnement mensuel de 359 € pour l’entretien du matériel et le travail de la secrétaire des infirmières. Un électrocardiogramme et un dermatoscope connecté ont aussi été commandés à la demande des infirmières qui rencontrent les médecins pour être en lien. Le matériel provient de la société Healphi, basée à Marseille (lire par ailleurs).

" La pharmacie de Coupiac est enchantée par le projet. Je souhaiterais que ce projet puisse servir les autres communes ", avance Marina Vidal-Condamines. Il faut dire que cela va dans l’intérêt des infirmières libérales pour correspondre à leur champ d’activité.

" La téléconsultation pourrait être d’une demi-journée par semaine au cabinet, puis elle serait ouverte aux spécialistes avec une demi-journée pour le cardio et une autre demi-journée pour les consultations en pneumo… ", détaille Marina Vidal-Condamines, pour qui la réussite du projet dépend de son adhésion. " C’est l’accès à la santé, c’est vital pour continuer à pouvoir vivre sur notre territoire. "

Une adhésion en bonne voie puisque le cabinet médical de Broquiès a d’ores et déjà donné son feu vert pour y être rattaché.

L’élue voit très loin en misant sur la réception à la fin de l’année de l’accès par satellite à Internet avec Starlink, pour remédier à la problématique de connexion et permettre notamment la lecture des IRM (imagerie par résonance magnétique).

Une initiative salutaire qui montre qu’un élu peut agir, vite et bien, pour servir les citoyens.

Le partenariat avec "Healphi"

Tel est le nom de la start-up fondée en 2017 à Marseille à laquelle s’associe la commune de Montclar pour mettre en place son dispositif. "Notre concept initial consiste à faire appel aux infirmiers dans les déserts médicaux et à les mettre en relation avec des médecins distants. Pour une prise en charge optimale, nous équipons les cabinets de télémédecine d’instruments médicaux connectés (stéthoscope, otoscope, etc.) qui permettent de pousser le diagnostic beaucoup plus loin qu’une simple visioconférence avec le médecin", explique Tarik Mouamenia, cofondateur. Concrètement, les patients prennent rendez-vous par téléphone auprès du secrétariat médical ou en ligne sur www.mablouseblanche.fr (autre start-up fondée par les membres de Healphi).

Aujourd’hui, cette société revendique près de 30 000 patients passés par leurs cabinets et quinze ont ouvert dans le Loiret, le Rhône, la Drôme et le Cantal. "La patientèle est très variée. Les patients âgés sont très à l’aise avec la téléconsultation assistée par infirmier puisqu’ils ne sont pas laissés seuls face aux outils", précise Tarik Mouamenia. Et de conclure : "Afin de faire évoluer nos solutions, nous avons aussi conçu une mallette de télémédecine permettant d’être transportée au chevet des patients ne pouvant plus se déplacer. Celle-ci reprend les instruments connectés du cabinet mais est miniaturisée."

Cette mallette a d’ailleurs aussi été achetée par la commune de Montclar pour permettre aux infirmières d’être autonomes et joignables.

 

Ordre des médecins : former et mettre en réseau

Pour le Dr Sébastien Combes, secrétaire général de l’Ordre des médecins exerçant à La Cavalerie, "la télémédecine peut pallier certaines carences mais la relation est inéluctable. Il faut protocoliser et travailler en réseau car il ne faut pas faire n’importe quoi. Sur du chronique et du renouvellement, pas de souci, mais il faut un avis, une expertise." Face aux déserts médicaux, le praticien mise sur la formation des infirmières en pratique avancée (IPA) avec un diplôme proposé à Marseille depuis deux ans, et l’élaboration des communautés professionnels territoriales de santé (CPTS) dont la première a vu le jour dans le département, en Nord-Aveyron (édition du 23 décembre, NDLR). "On est tous à flux tendu. Le maillage du CPTS permet d’avoir toujours un médecin disponible. Un projet est en cours à Rodez, un autre dans le Sud-Aveyron." En ce sens, le projet de Montclar propose un maillage avec les infirmières en lien avec les médecins ainsi que pharmacie et ambulance pour le transport. L’embryon d’un CPTS ?

 

 

 

Olivier Courtil
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