La sortie de confinement nous rend-elle agoraphobes ?

  • L'agoraphobie apparaît comme un symptôme post-confinement présent chez les Français, ainsi qu'ailleurs dans le monde.
    L'agoraphobie apparaît comme un symptôme post-confinement présent chez les Français, ainsi qu'ailleurs dans le monde. Circlephoto / Shutterstock
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(ETX Studio) - La réouverture des terrasses, des cinémas et des lieux culturels a ravi certaines personnes en manque de sortie et de lien social. Mais pour d'autres, ce retour à une vie normale n'a fait qu'amplifier une anxiété installée depuis le premier confinement. Une période propice à l'agoraphobie qui peut mettre du temps à s'effacer.


La France connaît depuis le mercredi 19 mai un début de fin de confinement. Bonne nouvelle pour certains, ce retour (presque) à la normale, mais légèrement abrupt, peut cependant en inquiéter d'autres.

L'agoraphobie, ou la peur des espaces publics et de la foule, apparaît alors comme un symptôme post-confinement encore présent chez quelques Français, ainsi qu'ailleurs dans le monde. Comment gérer une foule plus présente aux abords des restaurants et des cafés ? Et dans le métro ? Autant de questions, que les agoraphobes peuvent se poser, et vivre avec souffrance.

L'agoraphobie est un trouble d'anxiété causé en général par un événement psychiquement traumatique. Ici, nul besoin de chercher plus loin : la pandémie peut être cet évènement. Dans une étude parue en 2020, Danny Horesh, professeur agrégé du département de psychologie de l'Université Bar-Ilan, et Adam D. Brown, professeur adjoint du département de psychologie de l'Université de New York, considèrent la crise sanitaire comme un événement traumatique. Le psychothérapeute Pierre Nantas expliquait lui aussi, en mai 2020, que "la situation [...] ressemble fortement à un état de stress post-traumatique".

"Un certain temps pour dégeler"

Ces personnes seraient-elles atteintes du syndrome de la cabane ? Ce syndrome désigne la volonté de rester chez soi, bien à l'abri du monde extérieur et de ses interactions. C'est une certaine forme d'agoraphobie. Avec la pandémie, beaucoup témoignent avoir préféré rester chez soi, s'adonnant à de nouvelles activités, comme cuisiner, peindre, lire ou juste regarder une série. 

L'agoraphobie et le syndrome de la cabane existaient déjà avant la pandémie. La crise n'a fait qu'amplifier sa médiatisation. Et bien heureusement, ces troubles ne sont pas figés dans le temps. Le changement de situation du "tout fermé" au "tout ouvert" s'est opéré brutalement. Dans un article de Business Insider, sur la peur de la distanciation sociale, la journaliste Aria Bendix explique que la crise sanitaire nous a "gelés" et qu'il faudra du temps pour se réadapter. "Je réalise maintenant qu'il me faudra un certain temps pour dégeler", écrit-elle.

Relaxnews
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