Découverte : le site de Laroque-Bouillac, ancienne porte fluviale du Rouergue

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De tout temps, l’histoire du village de Laroque-Bouillac a été liée à celle de la rivière Lot qui s’écoule à ses pieds. Pendant des siècles, le château des seigneurs de Laroque a occupé une position stratégique aux portes de la province du Rouergue.

On y passe régulièrement en voiture à moto ou à vélo sans jamais s’arrêter ou presque. Blotti le long de la paroi rocheuse, tout près de la rivière Lot, le site de Laroque-Bouillac, ancienne porte fluviale du Rouergue, mérite pourtant une halte. L’Office de tourisme de Decazeville Communauté vient d’ailleurs de l’inclure dans le programme de ses visites guidées. Virginie, guide conférencière, conduit cette visite pour le moins instructive.

À quelques kilomètres de Livinhac-le-Haut, à deux pas de Bouillac et de Boisse-Penchot, avec ses jardins "grands comme des mouchoirs de poche", le site de Laroque s’accroche depuis plus de mille ans à la paroi abrupte d’une gorge étroite et encaissée du Lot.

Bateaux et pèlerins rançonnés

"À Laroque-Bouillac, avait-on coutume de dire, on n’y voit que ciel eau et rocher." Le château de Laroque fut construit au sommet du Roc del Batut au début du XIe siècle pour protéger la population des invasions. Avec le développement du commerce, il permettait aussi au seigneur de taxer les ballots transportés. Une immense chaîne tendue entre les deux rives stoppait les embarcations, afin de prélever un droit de passage. Les pèlerins qui se rendaient de Conques à Rocamadour étaient également rançonnés.

La route actuelle fut ouverte en 1898. Les échelles de crue témoignent des soubresauts de la rivière. Malgré le danger qu’elle peut représenter, les habitants de Laroque ont toujours vécu avec elle. Ses eaux réputées poissonneuses leur permettaient de compléter leur alimentation, souvent maigre, et le commerce fluvial apportait du travail aux hommes devenus matelots. Même l’histoire de l’église est liée à la rivière puisqu’on l’appelle la chapelle des gabariers.

Sur les crêtes de Montredon et Livinhac

Sur les hauteurs du village, près des ruines de l’une des quatre tours du château, l’ancien cimetière livre une étonnante vision, avec ses croix et ses tombes envahies par la végétation. Après avoir emprunté le sentier d’évacuation du village lors des crues, ceux qui ont le pied agile et la marche facile, grimperont par un étroit et escarpé sentier sur les hauteurs du village. De tout là-haut, la vue y est splendide et l’on peut poursuivre son chemin sur les crêtes environnantes de Montredon et de Livinhac.

Seigneur "gendarme et pirate", Jean La Roque est mentionné dès 1014. En 1390, le site est envahi par les mercenaires, puis occupé par les Anglais, délogés par l’artillerie. Il restera dans la famille de Laroque pendant 700 ans.

Une croix, classée monument historique

Les seigneurs de Laroque étaient chevaliers ou avaient un grade militaire. Ils étaient influents et introduits à la cour de France depuis Jean de la Roque II et son célèbre combat contre les Anglais en 1424. À l’origine, l’église était bâtie près du château. En 1778, l’abbé Burguière décida de la construction d’une nouvelle église, après la chute mortelle d’un nourrisson le jour de son baptême.

La chapelle des gabariers renferme notamment, une croix processionnelle en argent, classée aux Monuments historiques.

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Joel Born
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