Les Français contre la différence de traitement entre élèves vaccinés et non vaccinés, pour la vaccination obligatoire

  • Les mesures évoquées par le ministre de l'Education nationale tendent clairement à inciter les élèves à la vaccination.
    Les mesures évoquées par le ministre de l'Education nationale tendent clairement à inciter les élèves à la vaccination. Archives CP
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A un mois de la rentrée scolaire, les mesures présentées par le gouvernement pour celle-ci ne font pas l'unanimité. Elles ne seront en outre pas évoquées ni étudiées par le Conseil constitutionnel ce jeudi 5 août. C'est ce que révèle un sondage exclusif, où l'on note par ailleurs qu'une majorité de Français serait pour la vaccination obligatoire pour tous.
 

Selon un sondage exclusif réalisé pour le Hufftington Post et dévoilé ce jeudi, 55 % des Français sont hostiles au protocole pour la rentrée scolaire présenté le 28 juillet par le ministre de l'Education nationale Jean-Marie Blanquer. Et seuls 35 % d'entre eux y sont favorables. Selon les propos du ministre, "dans le secondaire, seuls les élèves non vaccinés seront évincés et devront suivre l’enseignement à distance”, si un cas de covid-19 est confirmé dans la classe". Une mesure qui fait tiquer donc les Français, pourtant majoritairement favorables au pass sanitaire.

Cette différence de traitement est bien sûr censée inciter les élèves non vaccinés à le faire, mais elle ne passe pas chez les principales organisations d'enseignants et de parents d'élèves, comme chez de nombreux responsables politiques. Qui dès la fin de l'annonce de Jean-Marie Blanquer fin juillet ont accusé le gouvernement de créer une "école à deux vitesses".

Le chef de l'Etat a beau dire qu'il n'y aura pas de pass sanitaire demandé à l'entrée des établissements, le premier syndicat des enseignants, le Snes-FSU, relève notamment  qu'il faudra bien contrôler la situation sanitaire de chaque élève, ce qui va provoquer selon lui de "gros problèmes organisationnels”.

Autre mesure, l'obligation de présenter un pass sanitaire pour toute sortie scolaire (musée, cinéma...) divise également les Français. Par ce biais, tout élève non vacciné est ainsi "invité" à rester chez lui, ou dans sa classe, alors que ses petits camarades vaccinés sont de sortie. Selon le sondage, si 47 % des français y sont favorables, 45 % y sont opposés. Alors qu'ils sont 6 à 7 Français sur dix à être favorables au pass sanitaire.

Egalement favorables à la vaccination obligatoire

En outre, si la majorité des Français (51 %) disent comprendre le mouvement des anti-pass sanitaire, ils sont que 36 à 40 % qui le soutiennent. 

Mais dans le sondage réalisé pour le Hufftington Post, les Français se sont prononcés majoritairement pour une autre mesure, non encore prise, mais qui risque de diviser brutalement et durablement la population si le gouvernement décide de l'appliquer : la vaccination obligatoire "universelle". 55 % des sondés y sont en effet favorables, et cette idée fait son chemin dans la sphère politique, du côté du Parti socialiste notamment, relève le journal. Ce pourcentage change du tout au tout dès lors que l'on s'adresse à la population des 18-34 ans, qui déjà soutiennent majoritairement le mouvement anti-pass sanitaire (47 % contre 45). Une "fracture" plus sociétale que sanitaire qui menace le pays, même si apparemment, nul ne veut de cette fracture dans le milieu éducatif...

L. R.
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