Sauna vaginal : cette mode qui inquiète

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    Sauna vaginal : cette mode qui inquiète
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Popularisé par certaines stars hollywoodiennes, le sauna vaginal fait un carton sur les réseaux sociaux. Mais de nombreux gynécologues mettent en garde.

Une bassine, de l’eau chaude, des herbes… Le sauna vaginal est un bain de vapeur censé purifier les parties génitales, réduire les douleurs menstruelles, améliorer la fertilité… Popularisée par la comédienne Gwyneth Paltrow, cette tendance connaît un fort engouement sur Tik-Tok. Mais cette mode est-elle sûre ?

Déséquilibre de la flore

Interrogée par le quotidien The Independant, le Dr Vanessa Mackay, porte-parole du Collège royal britannique des obstétriciens et gynécologues précise que cette tendance – hormis le fait de ne présenter aucun intérêt sur le plan de la santé – peut provoquer, par un excès d’hygiène, un déséquilibre de la flore vaginale et augmenter le risque de mycoses ou d’inflammation. "C’est un mythe de croire que le vagin nécessite un nettoyage approfondi".

De façon très imagée, le Dr Jen Gunther, gynécologue américaine et chroniqueuse au New York Times – déjà à l’origine d’une alerte sur une autre mode consistant à s’insérer de l’ail dans le vagin pour lutter contre une mycose – explique que "le vagin (et l’utérus et la vulve d’ailleurs) doivent être considérés comme des fours autonettoyants". Rappelant que "les douches vaginales sont à éviter", elle conseille l’utilisation de savons simples et non parfumés sur la zone externe de la vulve uniquement.

Brûlure au second degré

Autre risque, celui rapporté dans une étude publiée dans le Journal of Obstetrics and Gynecology Canada en 2018. Les auteurs y décrivent le cas d’une femme de 62 ans qui a tenté le sauna vaginal pour réduire la douleur engendrée par un prolapsus vaginal, ou "descente d’organes", qui se caractérise, par le glissement vers le bas, dans le vagin, d’un ou plusieurs organes pelviens. Non seulement la vapeur n’a pas permis de soulager cette femme, mais elle a provoqué des brûlures au deuxième degré. Nouvelle preuve, s’il en était encore besoin, que cette pratique est loin d’être anodine.

Destination Santé
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