Aveyron : Quel avenir pour les marchands de journaux ?

  • Francine Bousquet, Alain Francès, Hubert Cantagrel et Eric Redon sont les responsables respectifs des Maisons de la presse de Decazeville, Villefranche, Espalion et Laguiole.
    Francine Bousquet, Alain Francès, Hubert Cantagrel et Eric Redon sont les responsables respectifs des Maisons de la presse de Decazeville, Villefranche, Espalion et Laguiole. Repro CP
  • Aveyron : Quel avenir pour les marchands de journaux ?
    Aveyron : Quel avenir pour les marchands de journaux ? José A. Torres / Centre Presse Aveyron
Publié le , mis à jour

Presse. Alors qu’un vaste plan d’aide pour les diffuseurs se dessine au plan national, le président départemental de l’union nationale des diffuseurs de presse, Joël Adger, évoque les difficultés et les espoirs d’une profession qui veut encore y croire.

Les temps sont durs pour la presse écrite. Et ils sont tout aussi durs pour les diffuseurs de presse. Selon une récente enquête des Échos, après une brève et relative embellie, de 2006 à 2009, le nombre de points de vente de presse est en chute libre.

Accusant une baisse de 10% en cinq ans. On en comptait 29 749 en 2009. Ils n’étaient plus que 26 816 en 2013. Et, face notamment à la redoutable et tentaculaire concurrence numérique, l’on peut craindre le pire... Comme si le serpent se mordait la queue, c’est aussi parce que les points de ventes spécialisés disparaissent massivement que les ventes des journaux au numéro (hors abonnés) sont considérablement en retrait, avec une baisse de l’ordre de 25%, selon les estimations du Conseil supérieur des messageries de presse. Une spirale infernale.

Un métier difficile, mal rémunéré

Le métier est difficile, insuffisamment rémunéré au regard notamment d’une distribution et d’une gestion d’une grande complexité. Considérant qu’il y a péril en la demeure et qu’il est temps de prendre le taureau par les cornes, le Conseil supérieur des messageries de presse (CSMP), qui fixe les rémunérations des marchands de journaux, a décidé d’engager une enveloppe de l’ordre de 30 millions d’euros.

L’essentiel de ce plan, dont les premières retombées devraient intervenir dans les derniers mois de 2014, sera financé par les éditeurs de presse. Plus de la moitié de cette aide, devenue indispensable, reviendra aux magasins spécialistes de la presse. "Quand la rémunération sera meilleure tout ira beaucoup mieux", avoue Joël Adger, le président départemental de l’union nationale des diffuseurs de presse (UNDP). Le gérant de la Maison de la presse de Millau est dans le métier depuis 20 ans. Et malgré les difficultés et les nombreuses heures de présence, si c’était à refaire, il le referait. Car, dit-il, c’est un métier exceptionnel.

"Il y a du boulot, certes, mais on travaille pour nous et on rencontre tout un tas de gens." Pour le porte-parole de l’UNDP, il est nécessaire de consolider l’ensemble du réseau, ce qui passe, selon lui, par des économies d’échelle au niveau des messageries. Ainsi, à terme, l’Aveyron devrait être desservi par les seules Messageries lyonnaises de presse (MLP). Joël Adger voit, évidemment, d’un bon œil le plan de soutien aux diffuseurs.

Le taux de rémunération moyen est aujourd’hui de l’ordre de 14% pour la presse régionale et 18% pour la presse nationale. "Pour bien faire, il faudrait porter ce taux à 20, 22%, estime-t-il. Il faut aussi remettre à plat plusieurs éléments, en fonction du chiffre d’affaires, des mètres linéaires, de la géocommercialisation... La gestion a considérablement évolué mais il faut se positionner comme de vrais commerçants." Ce qui n’est pas toujours évident.

Avoir une offre adaptée au territoire

Joël Adger regrette, entre autres, que deux dépositaires aveyronnais sur trois (ceux de Rodez et Millau) aient refusé de mettre en place le plafonnement, pour "mieux gérer les quantités" (NDLR: le taux d’invendus des magazines est en moyenne de 50%) et moins charger les magasins; ainsi que l’assortiment, pour "avoir une offre plus adaptée au territoire, en fonction de l’emplacement du magasin et de ses possibilités de vente".

De la même façon, il déplore une trop grande dispersion des points de vente de la presse régionale. "Il y en a partout, chez tous les boulangers. Du coup, les diffuseurs sont moins motivés." Joël Adger est bien placé pour en parler. "En 2000, je vendais chaque jour 180 quotidiens régionaux, je suis tombé aujourd’hui à 70 !" Au final, le président départemental de l’UNDP fait néanmoins preuve d’optimisme. "Il y a encore de la place pour le papier. Pour l’info immédiate, la concurrence du numérique est rude mais quand il y a des articles de fond, des trucs un peu creusés, les gens vont les chercher. Sachant aussi qu’internet consomme beaucoup de temps."

Et de citer les bons exemples de modernité suivis par la profession. Comme le site lalibrairie.com, qui permet de commander des bouquins sur le Net et de les retirer chez son marchand de journaux. Ou l’application Zeens de la messagerie Presstalis, pour consulter les unes des magazines, s’informer sur les promotions, les nouveautés, les dates de parution. Et surtout localiser le point de vente de proximité ou se les procurer.

Aveyron : Quel avenir pour les marchands de journaux ?
Aveyron : Quel avenir pour les marchands de journaux ? José A. Torres / Centre Presse Aveyron

Joël Born
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