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Ces cinq groupes vont faire bouger l'été aveyronnais !

  • Deluxe se produira, place d'armes à Rodez mercredi 13 juillet.
    Deluxe se produira, place d'armes à Rodez mercredi 13 juillet.
  • Ces cinq groupes vont faire bouger l'été aveyronnais !
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    Ces cinq groupes vont faire bouger l'été aveyronnais ! DENIS ROUVRE / DENIS ROUVRE
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Concerts. Ils seront sur scène, à Millau et Rodez, pour secouer l'été en Aveyron. Chroniques des groupes à venir !

Ils seront sur scène, à Millau et Rodez, pour secouer l'été en Aveyron. Chroniques des groupes à venir !

  • 1- Ils font rouler, Djaboss «Quand t’es dans le brouillard...»

Ces cinq groupes vont faire bouger l'été aveyronnais !
Ces cinq groupes vont faire bouger l'été aveyronnais !

Djaboss y est, et le duo s’y plait. Deuxième album de ce duo bien rock en français, punk-rock en anglais, qui aime aller à la pêche, mais de l’autre côté du monde, appâter les sirènes avec leurs coeurs mis à nu. Sept morceaux brûlots avec guitares sèches et puissantes à la fois, un sens certain pour la mélodie et les textes , l’envie de partir avec ou sans la belle, l’envie d’espace à planer à dix mille au milieu de la pesanteur du monde, du rock dans les esgourdes, une deudeuch’ so british comme vaisseau spatial, et cette voix déchirée qui résonne comme une situation d’urgence, et qui prend aux tripes. «Antidépressurisé...»

Djaboss sera en concert au Bal des pompiers de Rodez, le 14 juillet.

 

  • 2- Quick jazz : Omar Sosa et Paolo Fresu à Millau

Le pianiste Omar Sosa et le trompettiste Paolo Fresu avaient produit ensemble il y a quatre un premier album «Alma» où ils mélangeaient (attention, pas d’équivoque) leurs deux instruments dans un jazz atmosphérique, planant et plein de bruits qui dansaient langoureusement, presque savamment, autour d’eux. Ils remettent le couvert, cette fois sur les traces d’Eros, en compagnie cette fois de Natacha Atlas. Car il faut bien sûr une présence féminine quand on cause d’amour. Et Natacha vient ici lier son célèbre «Habibi» à un morceau de Massive Attack, «Teardrops». Peter Gabriel, qui passait par là, livre également aux deux compères un morceau original. Et ainsi armés, Fresu et Sosa célèbrent le culte d’Eros tout en délicatesse, convoquant un cello, des samples ou encore un quatuor à cordes. Atmosphérique, une sensualité lancinante, comme des corps qui s’étirent, non après, mais vers l’amour. Avec un finish tropical et un morceau caché, parce qu’en amour, on ne dit jamais tout...

Paolo Fresu sera en concert au Crea de Millau, le 16 juillet en ouverture du festival Millau en Jazz.

 

  • 3- Moustaches à paillettes pour fun de luxe à Rodez

C’est carrément fou la disco, chantait au temps du punk un curé défroqué chargeant avec sa horde de Huns les discothèques françouèses. C’était au dernier millénaire, ça môdame, et d’oncques auront dit que les temps des boites de nuit était révolu. Ces discothèques, v’savez, ces vieux mammouths musicaux coincés dans les glaces des années 80, vous voyez ?

Des glaces au demeurant restées chaudes comme des braises, suffisamment pour réchauffer des corps vieillissant ahanant sur les chansons de ces temps-là, se les dansant en boucle, et les apprenant à leur progéniture comme on apprend les versets du Coran dans une école islamique, si tu retiens pas t’as des coups de fouet. Une progéniture qui du coup remettait façon perroquet les mêmes chansons soit dans ses gestuelles amoureuses, soit dans ses chants, enfin bref s’en foutait à son tour plein les oreilles de ce temps-là, et voilà pourquoi les pachydermes ont de grandes oreilles.

Ceci dit, je dis le Coran, mais si vous faites pareil avec l’almanach Vermot ou l’annuaire téléphonique, ça marche de la même manière, c’est ce qu’on appelle de l’inculqueture. Bref, ne nous égarons pas. Adonc ces temps de boule à facettes et de paillettes dans les mirettes, où les nanas remuaient leurs roploplos uniquement pour ferrer le goujon, ce temps-là j’y arrive n’est pas si révolu que ça. La musique, c’est comme la mode, le truc qu’on avait oublié ou qu’on avait enterré dans les Ehpad sous une bonne couche d’Alzheimer revient au goût du jour un jour ou l’autre, passque les idées nouvelles se fabriquent dans les vieilles marmites, et la marmite, apparemment, les Deluxe y ont trempé dedans quand ils étaient tout petits.

Ces cinq groupes vont faire bouger l'été aveyronnais !
Ces cinq groupes vont faire bouger l'été aveyronnais !

"On remue les roploplos et les services trois pièces"

A coups de Coran ou d’almanach peut-être, ou alors en réactionnaires en culottes courtes pour réagir contre des parents trop rockeurs ou trop métal qui sait, on s’en fout. Ressortant même les moustaches de nos grands-pères, la bande à Liliboy s’est tournée vers les sunlights des dancefloors d’avant le réchauffement climatique pour une seule raison: allez, on fait la fête, on remue les roploplos et les services trois pièces, on y rajoute de la pop, un trois fois rien de rock, du péplum, et même un soupçon de rap et on entre dans la danse. Mais tout ça, c’est fait avec les recettes d’aujourd’hui, on ne sent rien de suranné, pas de naphtaline, et Deluxe sait remettre dans le groove et le funk des nostalgiques d’alors.

Comme -M-, un rebelle aux chansons bonbon de son père et devenu du coup amoureux de ce temps-là, ou alors quelques membres d’IAM qui se souviennent la larmichette à l’oeil quand ils dansait le mia dans ces temps-là. Et voilà donc ce «Stachelight» aux bacchantes généreuses, foutraque, poétique et déluré, où on danse et on shalalalise avec plaisir et jubilation, où l’on se prend à vouloir choper de nouveau la fièvre du samedi soir, mais en live et pas dans des radios nostalgie. Du coup ça fait neuf, du coup on se fout si dehors le temps est maussade, avec les Deluxe on le sait, on ne va pas s’ennuyer une seconde. Vous attendez les slows? Bon courage !

Deluxe, «Stachelight», chez Chinese man records. En concert le samedi 16 juillet, place Foch à Rodez.

 

  • 4- Jazz Kapital à Millau

Ces cinq groupes vont faire bouger l'été aveyronnais !
Ces cinq groupes vont faire bouger l'été aveyronnais ! - DENIS ROUVRE

Un Danois, m’sieur Poulsen, un Allemand, m’sieur Erdmann, un Français, m’sieur Perraud, en traduction instrumentale une guitare, un sax et une batterie, et cela suffit pour relancer l’Internationale du jazz. Baptisé Das Kapital, le trio aime à se retrouver pour arpenter des chemins musicaux variés, des chansons d’un certain m’sieur Hanns jusqu’aux chants de Noël, mais là, ce sont ses propres chemins qu’il propose, invitant d’abord les camarades Kapitaliens, puis nos oreilles. Une guitare qui envoie parfois western, ou eastern, c’est selon, avec d’ailleurs un «Webstern» qui ouvre l’écoute de ce rouge album, qui fait tomber certains murs. Sans oublier un certain goût pour l’impro, Das Kapital façonne la musique à leur image, libre. Das Kapital, «Kind of red», chez Label Bleu.

En concert le mercredi 20 juillet à Saint-Georges de Luzençon dans le cadre du festival Millau en Jazz.

 

  • 5- Sidi Wacho, libre d’en bas... à Ramazick 

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Ces cinq groupes vont faire bouger l'été aveyronnais !

Il y a eu aussi des défections au ministère des Affaires populaires, depuis quelques quinquenats. Il est vrai que nos chers élus sont occupés à tenter de trouver un accord semble-t-il en ne tenant pas plus compte de leurs électeurs que des hommes et bonnes à tout faire qui s’occupent de leur confort. Et même, je pourrais vérifier sur Entrenet, je me demande s’il existe encore, ce ministère. Officiellement non. Comme la plupart d’entre nous d’ailleurs. Mais revenons à la musique. Quoiqu’il soit difficile de faire autrement avec Sidi Wacho.

Saïdou, le rappeur du groupe hip hop accordéon lillois MAP, pour ministère des Affaires populaires, et des Chiliens de Santiago. Là dessus se greffe Boris Vianda, le trompettiste DJ des Balkans, et hop, voilà un Santiago de Lille qui se lie pour une musique latino plus que rebelle, car solidifiée par un discours rap des banlieues sans concession, dénonçant racisme, inégalités sociales et «économisme» à outrance. Sidi Wacho dégomme tout, les financiers et les puissants, mais aussi la bien pensance tiède et inactive.

Les textes sont donc taillés dans la roche. Mais Sidi Wacho n’en oublie pas de balancer tout ça dans un fourreau festif où les tempos latinos donnent furieusement envie de danser. Si l’on a du mal à se lâcher les hanches au début, vu le discours puissant et l’espagnol d’étrange aloi, ça ne dure pas: après avoir présenté on ne peut plus convaincants leur «disque de charbon», Sidi Wacho lance un «Ils nous emmerdent» qui sent le jeu de massacre des fêtes foraines, et là on commence vraiment à se remuer et on pense Java, Mano Negra, Sergent Garcia, Béranger et bien d’autres.

Ca remue rebelle, anar et consorts, ça renifle les Nuits debout, la saucisse-frites et les bals populaires. Populo est la musique, dansante et métissée. On retrouve avec plaisir Flavia Coelho sur «La Tierra», entre autres. Et même si Sidi Wacho balance velu dans le texte, vu que ça balance velu dans le tempo, c’est la bonne humeur et la «Buena onda» qui l’emporte. Car certes, s’ils nous emmerdent, la joie de vivre n’est pas monnayable.

En concert le samedi 27 août au festival Ramazick de Rodez.

Centre Presse Aveyron
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