Hôpital de Rodez : « Le budget est revenu à l’équilibre mais cela reste précaire »

  • Frédéric Bonnet dirigeait l’hôpital ruthénois depuis mai  2012.
    Frédéric Bonnet dirigeait l’hôpital ruthénois depuis mai  2012.
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Centre Presse / Joel Born

Après plus de quarante ans de carrière au service de l’hôpital public, dont plus de cinq ans à la direction du centre hospitalier de Rodez, Frédéric Bonnet s’apprête à tirer sa révérence et à faire valoir ses droits à la retraite. âgé de 66 ans, il quittera ses fonctions ce vendredi, son successeur, Vincent Prévoteau, prenant la tête de l’établissement Jacques-Puel, dès lundi. L’occasion de faire le point avec Frédéric Bonnet sur ses cinq années ruthénoises, qui ne furent pas toujours un long fleuve tranquille.

Quelle impression générale vous laissent ces années ruthénoises ?

Ces cinq années ont été marquées par des étapes essentielles dans l’évolution de l’offre de soins. Après la fermeture de la clinique Saint-Louis, nous avons accueilli une vingtaine de praticiens libéraux. Avec le recul cela s’est bien passé. Deux d’entre eux sont partis à la retraite et n’ont pu être remplacés. C’est dommage.

Justement, ce problème de recrutement médical semble peser sur le bon fonctionnement de l’hôpital...

En effet, je l’ai vécu pendant 5 ans. Cela reste compliqué pour les postes d’anesthésistes. par contre, la situation a bien progressé pour la radiothérapie qui était en grande difficulté. Après le recrutement de deux praticiens publics, nous avons aujourd’hui une équipe de trois radiothérapeutes. Les finances allant un peu mieux, on a pu lancer les travaux de renouvellement de l’un des accélérateurs de particules. Cela permet de proposer une équipe médicale et des équipements de qualité. C’est un point fort de l’hôpital et ça marche. Nous avons également recruté en urologie.

La chirurgie accuse-t-elle toujours des faiblesses ?

En chirurgie orthopédique, on était en difficulté. Les orthopédistes de Saint-Louis nous ont échappé et un praticien est parti. Nous avons réussi à recruter deux jeunes chirurgiens orthopédiques. On était faible, on est mieux bordé. On développe notamment la chirurgie ambulatoire.

Y a-t-il d’autres services en difficulté ?

En cardiologie, il manque des praticiens hospitaliers. Trois sont partis. Nous avons dû passer un accord avec le secteur privé. En pneumologie, nous n’avons plus qu’un seul praticien, ce n’est pas suffisant.

Qu’en est-il du pôle mère-enfant après la fermeture de Decazeville, et du service des urgences, qui sature ?

à la maternité, on y arrive. On a la chance d’avoir pu recruter de jeunes patriciens, mais il nous faut encore des pédiatres et des obstétriciens. Aux urgences, il nous manque 4 ou 5 urgentistes, pour que le service tourne correctement. Cela étant, je n’ai pas le sentiment d’une situation plus grave à Rodez qu’ailleurs. Sur ce sujet-là, le bilan est plutôt positif, mais il faut continuer d’être attractif.

Le niveau important d’endettement de l’hôpital a également constitué un frein ?

L’endettement s’améliore tout doucement mais c’est l’un des handicaps. De plus de 90 M€, nous sommes aujourd’hui à 85 M€. Pendant plusieurs années, nous n’avons pas eu accès à l’emprunt. Cela freinait les investissements. Depuis 2015-2016, le budget est revenu à l’équilibre. Cela nous permet un retour sur le marché bancaire mais cela reste précaire.

Comment avez-vous vécu les périodes de fortes tensions avec le personnel ?

Il a y eu une grosse période de tensions au quatrième trimestre 2016. Progressivement, le dialogue social a permis de l’atténuer, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de sujets de mécontentement. Il faut concilier les exigences réglementaires de plus en plus nombreuses, les aspirations légitimes du personnel qui veulent améliorer la prise en charge des patients et les contraintes budgétaires, avec des dotations financières de plus en plus chichement mesurées. Depuis 35 ans, cette pression ne cesse d’augmenter.

Quelle est votre principale réussite ?

Avoir permis l’évolution de l’offre de soins. C’est une réussite collective. Nous avons bâti un projet médical avec la création d’une unité de soins palliatifs, le doublement de la capacité de l’unité neuro-vasculaire, la création d’un service de chirurgie et de médecine ambulatoire. Il y a aussi l’hospitalisation à domicile en maternité.

Votre principal regret ?

De n’être pas arrivé à stabiliser suffisamment l’effectif médical. C’est là qu’est la clé d’un hôpital ?

Le groupement hospitalier de territoire semble difficile à mettre en œuvre ?

Le GHT a été mon dernier challenge. Nous en sommes au début d’un projet médical partagé, qui n’est pas terminé. Ce n’est pas toujours facile d’apprendre à travailler ensemble (NDLR : Rodez, Villefranche, Decazeville), mais ça ne pourra que se faire.

Si vous deviez adresser un conseil à votre successeur ?

Des conseils, j’en ai plein. Il faut bien prendre la mesure des établissements et peut-être faire le bilan du virage ambulatoire. Mais il devra avoir une approche différente de la mienne. Il va trouver lui-même sa voie.

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