Rodez

Rodez : une oeuvre d'art achetée 150 000€ par l'Agglo fait débat !

  • La ville a accueilli une exposition de Nicolas Sanhes de juin à octobre 2016.
    La ville a accueilli une exposition de Nicolas Sanhes de juin à octobre 2016. - CPA
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L'Agglo a validé mardi l'achat d'une oeuvre de l'artiste d'origine ruthénoise, Nicolas Sanhes, pour un montant de... 150 000€ !

Faut-il acheter une statue à 150 000 € (HT, 158 250 TTC) à l’artiste d’origine ruthénoise, Nicolas Sanhes, pour embellir le futur éco-quartier Combarel ? C’est le débat posé mardi au conseil d’Agglomération par l’opposition. « On parle bien d’argent public sur cette question ? J’étais d’accord sur l’idée, mais quand j’ai vu le montant, je me suis dit, il y a un zéro de trop, c’est une erreur ? Cela me fait penser à ces communes qui engraissent à prix d’or les auteurs d’œuvres pour orner des ronds-points », a regretté Serge Julien, visiblement ému par cette décision de la majorité. Sophie Charrié-Monestier a abondé dans le sens de son collègue. « Je pense que c’est une contrepartie car on avait promis à Nicolas Sanhes de lui prendre une sculpture pour la place de la Cité ! ».

"Il y a un zéro de trop !"

Certains se sont posé effectivement la question de savoir pourquoi cet artiste et pas un autre ? Ses origines ruthénoises ne sont pas un argument suffisant. Monique Herment-Bultel a défendu ce choix qui, selon elle, résulte de la dernière consultation organisée pour cet éco-quartier. « La population s’est positionnée très clairement pour la pose d’une œuvre d’art dans le quartier et tous les goûts sont dans la nature », affirme-t-elle. « Je ne vous parle pas de goût, mais de coût », a précisé Serge Julien avec agacement. Il est vrai que la population a été consultée, mais pas sur le coût de l’œuvre d’art en question. Ces arguments avancés « n’expliquent toujours pas pourquoi la majorité a fait le choix de Nicolas Sanhes plutôt qu’un autre artiste moins cher » : c’est ce qui inquiète Maryline Crouzet qui a regretté l’absence d’un appel d’offres. « On aurait pu demander des croquis à plusieurs artistes pour choisir ? », a-t-elle suggéré.

Jean-Michel Cosson, en charge de la culture, a justifié l’achat de cette œuvre par « non pas comme un positionnement d’une œuvre, mais il s’agit de l’attractivité de la ville, d’un parcours artistique qui invite les personnes à monter jusqu’aux musées ». Et de répondre aux élus jugeant le prix excessif : « Je pense Monsieur Julien que vous n’êtes pas au courant des cours (de ces œuvres), si vous regardez bien, ils sont largement en dessus de ce prix », a argumenté l’élu en faisant une comparaison avec le plasticien français Bernard Venet connu pour ses sculptures d’acier.

Quant à Jean-Louis Chauzy, ce débat lui a rappelé sa jeunesse. « Quand j’avais 16 ans, on raillait la peinture de Soulages, alors qu’aujourd’hui elle vaut des millions ». L’Agglo envisagerait donc cet achat comme un placement ? L’avenir le dira, mais pour l’instant, cette acquisition fait grand bruit. La majorité n’ayant pas su convaincre, le vote s’est soldé par six voix contre et deux abstentions.

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