Patrimoine

Rodez : des voitures hippomobiles aux automobiles

  • Hippolyte Assié,  tailleur-chemisier installé à Rodez au début du XX e siècle.
    Hippolyte Assié, tailleur-chemisier installé à Rodez au début du XX e siècle. Carto club aveyronnais / Repro CP -
  • « Moteur à crottin » et automobiles ensemble au Faubourg de Rodez.
    « Moteur à crottin » et automobiles ensemble au Faubourg de Rodez. SPRA /Repro CP -
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Tout ce qui roule et mobilise les artisans pour les fabriquer et les réparer, trouvait place à l’époque à l’ouest de la Rodez.

Avant l’avènement de la voiture automobile, les voitures hippomobiles connaissent leur apogée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Leur fabrication et leur entretien mobilisent de nombreux corps de métiers : charrons, forgerons, carrossiers… Et pour l’équipement des chevaux, les selliers et les bourreliers, métiers tous représentés dans la rue Combarel.

Le charron fabriquait les chars et charrettes depuis les roues (moyeux, rayons, jantes en bois et bandages et essieux en fer) jusqu’au bâti. Le travail de forge effectué sur le métal par les charrons les faisait confondre avec des forgerons par certains enfants.

En 1913, Rodez compte 13 charrons ainsi que 13 carrossiers, métiers complémentaires l’un de l’autre. En effet, les carrossiers aménageaient le bâti et le mécanisme roulant des véhicules destinés aux personnes et effectuaient les réparations nécessaires après des accidents. Dès la fin du XIXe siècle cependant, la production industrielle de charrettes met à disposition des véhicules fabriqués en série, au rang des entreprises de cette branche on citera Peugeot frères, dont le siège se trouvait à Valentigney, dans le Doubs et qui avait des succursales à Paris et Bordeaux.

En Aveyron les automobiles, réservées à une clientèle aisée, apparaissent au tout début du siècle. En 1901, neuf voitures automobiles sont recensées dans le département, en 1903, déjà 53. Les mécaniciens concessionnaires se multiplient. Entre 1900 et 1913, 412 immatriculations sont enregistrées.

Un arrêté municipal est pris le 30 août 1912 pour modifier le règlement de 1899 qui limitait la vitesse des voitures à 30 km/h en campagne et 20 km/h dans les agglomérations ; cette vitesse est ramenée à 10 km/h en ville mais des accidents ont cependant lieu. Il faut attendre 1921 pour que le premier code de la route voie le jour. En 1929, Le Journal de l’Aveyron évoque le nouveau système de circulation giratoire sur la place d’Armes à Rodez et aussi sur l’éducation du piéton "[…] rien ne manque : agents aux bâtons blancs et aux sifflets impérieux, bandes rouges, flèches indicatrices. Il y aura aussi à faire l’éducation du piéton, à lui apprendre que s’il y a des trottoirs, c’est pour s’en servir, et que la badauderie au milieu des chaussées est aussi inutile que dangereuse. Ce deuxième point sera plus difficile à réaliser."

Les garages, reflets de la modernité

La profession de loueur de voitures est florissante au cours de la première moitié du XXe siècle. Elle était exercée par des particuliers et par les hôtels. Les hôtels Broussy et Biney assuraient en outre un service d’omnibus, voitures capables de transporter une douzaine de personnes, jusqu’à la gare.

Dès 1902, ces services sont concurrencés par l’arrivée du tramway électrique à Rodez. En 1903, l’hôtel Biney interrompt ainsi son service d’omnibus pour la gare. Les autobus apparaissent en 1907 dans l’Aveyron et en quelques années évincent les diligences pour les trajets jusqu’à Espalion par exemple. Si le chemin de fer est fondateur du tourisme au XIXe siècle, c’est l’automobile qui conduit son développement au XXe siècle et les hôtels se doivent donc d’être équipés de garages. Le Broussy et le Biney intègrent donc des garages.

Plusieurs garages voient le jour dans le quartier. Au premier rang d’entre eux, le Grand garage moderne tenu dans les années 1910 par Cabanié et Duveau, successeurs de Pouget, un des premiers propriétaires de voiture à Rodez, installé depuis le début du siècle au n°1 boulevard Gambetta, à l’angle de la place d’Armes.

En 1912, le garage indique sur la vitrine qu’il est concessionnaire de Motobloc et Clément Bayard. Le garage est ensuite géré par Douziech, Durand et Cabrières, concessionnaires de modèles Citroën.

Les garages sont le reflet de la nouveauté, de la modernité.

Il faudra attendre encore un certain temps pour que les maisons individuelles ruthénoises soient pourvues de garages, après la Seconde Guerre mondiale, signe que l’automobile ne se démocratise vraiment qu’un bon demi-siècle après son apparition dans le département.

Chaque semaine, Centre Presse ouvre ses colonnes au service du patrimoine de Rodez Agglomération. Laissez-vous entraîner dans son sillage à la découverte de ces trésors, connus ou méconnus, de l’agglomération ruthénoise.

Retrouvez le service du Patrimoine (agenda des visites et conférences, notices historiques : églises et châteaux du territoire, commerces anciens de Rodez, moulins etc. sur : www.patrimoine.rodezagglo.fr
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