Circulation - Déplacements

Aveyron : des routes très dangereuses pour les cyclistes

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  • Une cohabitation pas toujours évidente entre cyclisteset automobilistes.
    Une cohabitation pas toujours évidente entre cyclisteset automobilistes. Archives CPA / Archives CPA
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Le récent décès accidentel du président du Vélo d’Olt de Saint-Geniez, Christian Woittequand, a provoqué beaucoup d’émotion et de nombreuses réactions dans les rangs des cyclistes et cyclotouristes aveyronnais. Le président départemental, Victor Santos, réclame une vraie prise de conscience collective.

Le récent décès accidentel du président du Vélo d’Olt de Saint-Geniez, Christian Woittequand, organisateur de la Marmotte d’Olt, qui a perdu la vie après avoir été heurté par une voiture, a suscité une vive émotion dans les rangs des cyclistes et cyclotouristes aveyronnais. Cette tragique disparition remet, hélas, une fois de plus sur le devant de la scène la dangerosité de la pratique cycliste, et la difficile cohabitation entre les différents usagers de la route.

On se souvient du coup de gueule, sur son lit d’hôpital, de Pauline Sabin-Teyssèdre. En mai 2017, la Ruthénoise championne du monde amateur de cyclo-cross avait été grièvement blessée, après qu’un automobiliste, qui ne l’avait pas vue, lui ait coupé la route, à l’entrée de Rodez. Le visage tuméfié, la jeune femme avait alors interpellé ces automobilistes qui " ont peur de perdre quelques minutes, mais qui n’ont pas peur de renverser un cycliste… ". Il suffit de circuler sur certains axes, comme la route de Combelles, entre Le Monastère et Flavin, pour saisir pleinement la dangerosité de certaines départementales aveyronnaises. Un département où rares sont les pistes cyclables.

"On va droit dans le mur !"

Au-delà de la colère provoquée par ce nouvel accident mortel (*), le président du Vélo-Club ruthénois et du Comité départemental de cyclisme, Victor Santos, qui est aussi trésorier du Comité régional, dit toute son inquiétude. " La problématique du 80 km/h sert à masquer l’obsolescence du réseau routier secondaire. La circulation douce s’est développée, il y a de plus en plus de pratiquants avec les vélos électriques. Prenez, par exemple, la piste de Vabre, ce n’est plus une piste cyclable, car il y a trop de monde, de gens qui viennent en famille. En plus, maintenant, dans les villes, il y a aussi le problème des trottinettes. Si on continue comme cela, on va droit dans le mur. Depuis début 2019, cinq cyclistes ont été tués sur les routes d’Occitanie ", précise l’assureur ruthénois, réclamant une vraie prise de conscience pour une meilleure cohabitation. " Certains automobilistes ne respectent pas les cyclistes et ont parfois un comportement agressif. En Espagne, c’est complètement différent. Il faut un vrai changement. Une action en profondeur. Ce serait peut-être aussi le moment de faire fleurir plus de panneaux “Partageons la route”. " Favorable au port du casque obligatoire pour les vélos en libre-service, dans les villes, ce qui n’est pas le cas actuellement, Victor Santos ne veut pas en rester là. Il va prochainement saisir les pouvoirs publics et les parlementaires.

"Ça décourage les gens de faire du vélo"

Défenseur de la cause cycliste depuis de nombreuses années, l’élu Vert decazevillois, Jean-Louis Calmettes, qui s’est notamment mobilisé pour défendre le projet de Véloroute de la Vallée du Lot, dont le balisage interviendra début 2020, est assez critique envers les collectivités, communes et départements. Des collectivités qui, selon lui, "ne font rien pour les déplacements des cyclistes. Des accidents comme cela, il y en aura malheureusement de plus en plus. Et cela décourage les gens de faire du vélo".

Dominique Treille : « Plein de gens ont la trouille ! »

Dominique Treille se rend tous les jours sur son lieu de travail, dans le centre-ville de Rodez, à vélo. Il est l’un des responsables de l’association Cyclos Motivés 12. Cette association a été relancée depuis un an et demi, afin d’interpeller notamment les élus sur la cause cycliste et la nécessité d’aménager des voies sécurisées, particulièrement en ville. « Nous sommes en train de travailler, entre autres, avec les mairies de Rodez et d’Onet-le-Château, pour formuler des propositions à court, moyen et long terme, explique-t-il. Objectivement, on sent que ça bouge. Il y a une première écoute. Un mouvement se met en place et je crois qu’on va avancer. On ne va pas tout faire du jour au lendemain, mais nous essayons d’intervenir en amont, chaque fois qu’il y a un aménagement urbain. Avec l’explosion des vélos électriques, même à Rodez, il y a de plus en plus de cyclistes, ce qui n’était pas forcément pensable il y a de cela quelques années. Cela étant, je vais travailler tous les jours à vélo et je vois plein de gens qui ont la trouille, parce qu’ils ne savent pas vraiment où passer… »

 

(*) En mai 2003, l’organisateur d’épreuve de VTT La Sauveterrate, Yvon Mai Andrieu, avait lui aussi perdu la vie, dans la région de Sauveterre-de-Rouergue, après avoir été violemment percuté par un automobiliste.
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