Patrimoine

Le château de Peyrelade renaît de ses cendres

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Situé au-dessus du village de Rivière-sur-Tarn, le château de Peyrelade a été durant le Moyen Âge une des forteresses les plus convoitées du Rouergue, avant d’être démantelé sur ordre de Louis XIII au XVIIe siècle et de tomber dans l’oubli jusqu’à la fin du XXe siècle.

Il existe en Aveyron bien des châteaux dont les mystères n’en sont plus véritablement. Belcastel et Najac en font partie. À l’inverse, Peyrelade demeure plus secret. Situé aux portes des Gorges du Tarn, la forteresse située cinquante mètres au-dessus du village de Rivière-sur-Tarn a bien failli ne jamais livrer ses secrets.

Le promontoire rocheux, qui ne passe pas inaperçu lorsqu’on sillonne les routes du sud-est du département, était abandonné jusqu’au milieu des années 1960. Le rachat de la parcelle par un particulier dix ans plus tard et l’installation d’un gîte dans les années 1980 ont changé le regard sur ce qui fut considéré autrefois comme une des places fortes du Rouergue.

Un site édifié vers l’an 1000

Pour trouver trace de vie sur le site, il faut remonter au début du deuxième millénaire. " Son édification remonte à l’an 1000 et celui-ci a été bâti jusqu’au XVIe siècle", précise Jessie Brunel, animatrice incollable de l’association culturelle arts et loisirs de Peyrelade, en charge de la gestion du château. Cinq siècles durant, seigneurs et habitants ont fait vivre ce rocher si particulier, jusqu’au démantèlement de la forteresse ordonnée en 1633 sous le règne de Louis XIII.

De cette histoire, ne restent que quelques vestiges, qui permettent à ce lieu d’être répertorié dans le catalogue des monuments protégés depuis la fin du XXe siècle.

En premier lieu, l’enceinte extérieure. Construite au XIVe siècle, elle n’offre qu’une vision biaisée de l’activité du site, importante durant le Moyen Âge. Seul demeure aujourd’hui la porte de Boyne, accès principal menant jusqu’au cœur du promontoire.

Occupé par les protestants durant les guerres de Religion

L’une des plus importantes forteresses du Rouergue se dévoile quelques pas plus tard, en pénétrant dans la seconde enceinte, la plus fonctionnelle. En cet endroit, où sont installés divers aménagements réalisés pour capter l’attention des plus jeunes, le visiteur y découvre la maison noble, située au pied du rocher-donjon, et la tour telle qu’elle l’a été érigée au XVIe siècle. "Auparavant, la tour du château de Peyrelade était une tour composée d’échafaudages en bois ", explique la guide du jour, dans cette partie à laquelle ne pouvaient accéder que les seigneurs. Gérée en co-seigneurie, selon le principe de féodalité, la forteresse de Peyrelade n’était en rien un lieu d’habitation mais plutôt une tour de défense.

L’emblématique donjon, qui permet d’accéder à la partie haute, n’a pas été occupé que par les catholiques. Restauré à mi-hauteur, l’élément dans lequel se trouvait une sorte de coffre-fort, où étaient stockés nourriture et objets de valeurs, est passé sous le joug des protestants une année durant pendant les guerres de Religion.

Ouverte au public, la partie supérieure témoigne également du riche passé de Peyrelade. Si la venue à 360 degrés sur les Gorges du Tarn et une partie des Grands Causses éblouie l’œil des curieux, les assommoirs et autres hourds en bois, considérés comme des guets pour surveiller les allées et venues, montrent la pérennité du site siècle après siècle. La citerne servant à récupérer les eaux de pluie l’est tout autant.

Basse-cour pour protéger les villageois

Les travaux de restauration et les chantiers jeunes mis en place dès les années 1990 au sein du château du Sud-Aveyron ne se sont pas contentés de mettre en valeur le piton rocheux. À l’arrière du célèbre rocher-donjon, chacun peut se balader sur un espace herbé autrefois aménagé en basse-cour. "Elle servait de refuge pour les villageois lorsque des attaques avaient lieu ", ajoute Jessie Brunel. Ces réhabilitations, réalisées depuis une vingtaine d’années, ont également servi à recréer le chemin de ronde et la tour à gorge ouverte, très prisée par les photographes amateurs pour sa vue imprenable sur le promontoire.

 

 

La porte de Boyne et une enceinte consolidées

Le chantier au sein du château de Peyrelade se poursuit. Entamés il y a presque trente ans par des travaux de déblaiement et de débroussaillage, ces derniers ont connu une accélération au début des années 2010, lorsque la communauté de communes de Millau et des Grands Causses, qui administre le site, a réalisé une étude documentaire, sanitaire et archéologique poussée pour définir les priorités. « Une nouvelle phase de travaux a été définie et validée au cours de la réunion de mars 2019, commente Jessie Brunel, ravie du coup d’accélérateur donné en faveur de Peyrelade. Elle concernera la pérennisation de la seconde enceinte et celle de la porte de Boyne. »
La porte de cet élément-ci s’accompagnera de la création d’un chemin de contournement. Les réhabilitations planifiées pour le château, intégrées dans le plan Grands Sites d’Occitanie, sont financées à hauteur d’1,2 million d’euros.

 

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