Mode à Paris: une élégance empreinte de nostalgie pour l'hiver 2021

  • La styliste de Dior s'inspire d'une photo où elle pose à côté de sa mère, portant un foulard en bandeau et des bas à genoux: les deux accessoires traversent la collection.
    La styliste de Dior s'inspire d'une photo où elle pose à côté de sa mère, portant un foulard en bandeau et des bas à genoux: les deux accessoires traversent la collection. Anne-Christine POUJOULAT / AFP / Anne-Christine POUJOULAT / AFP
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(AFP) - Une élégance empreinte de nostalgie sera à la mode l'hiver prochain, pimentée pour les plus audacieuses avec des pièces en latex et cuissardes: voici quelques tendances à retenir de la Paris Fashion week qui se termine mardi.

- La silhouette se rétrécit -
"Epurée et simplifiée": c'est ainsi que définit la silhouette la directrice artistique Maria Grazia Chiuri qui donne le ton.

Le roi du streetwear, l'Américain Virgil Abloh avait prédit en décembre que cette tendance allait "mourir" et le défilé de sa marque Off-White en est la preuve: Adieu oversize et même les sneakers, pièces phares de la marque, sont écrasés par des sandales et bottines à talons.

La silhouette élancée se prolonge avec des pantalons longs et étroits, les vestes près du corps, les robes moulantes.

Petite robe noire graphique et tailleur pantalon mettant en valeur la silhouette sont au coeur de la collection de la marque parisienne Coperni.

Hedi Slimane dessine pour Celine une collection unisexe, avec la coupe de pantalon acérée, sa marque de fabrique.

Chez l'avant-gardiste américain Rick Owens, les robes asymétriques en cachemire, gris, rouge et noir, embrassent le corps. Les épaules larges mutent en épaules "monstres" tirées vers le haut.

Une ligne similaire, appelé "pagode" chez Balenciaga avec des tailleurs structurés et près du corps... en jersey. "On a fait tout un travail sur le stretch pour les tailleurs", souligne le styliste de Balenciaga, Demna Gvasalia. Une silhouette qui évoque "la corseterie, presque victorienne, une posture élégante qu'on ne voit pas aujourd'hui".

Glenn Martens de Y/Project crée pour sa part l'effet de corset grâce à la coupe du pantalon.

"On a des matériaux qui vont accompagner ces changements avec de la fluidité et de la légèreté. On va probablement revenir vers des choses plus sexy, plus près du corps, après avoir couvert depuis des années le corps de XXL et de superpositions", déclare à l'AFP Pascaline Wilhelm, directrice mode du salon Première vision de l'amont de la filière mode.

- Latex et cuissardes -
Les deux sont associés à l'univers du sexe et difficiles à porter sans basculer dans la vulgarité. Les créateurs les détournent comme Balenciaga pour en faire une longue robe noire évasée. D'autres utilisent cette connotation pour casser le côté "bonne fille".

Chez Saint Laurent, Anthony Vaccarello fait porter des leggings brillants en latex avec des vestes en cachemire. "Saint Laurent, c'est la nécessité de l'élégance et la perversité. (...) Saint Laurent, c'est un danger", explique-t-il.

Olivier Rousteing de Balmain fait en latex des hauts plissés et drapés pour une "sensualité surprenante" comme enveloppant le corps de chocolats fondu. Saint Laurent comme Balmain chaussent leurs femmes de cuissardes.

Chez Rick Owens, elles sont en plastique recyclé avec des poches zippées. En daim caramel, les cuissardes Celine sont sages portées sur un jean et avec un poncho, une pièce qu'on trouve pratiquement dans toutes les collections.

- Nostalgie -
Seventies "romantiques" chez Celine, libératrices pour Chloé et Dior dont les créatrices Natacha Ramsay-Levi et Maria Grazia Chiuri.

La styliste de Dior s'inspire d'une photo où elle pose à côté de sa mère, portant un foulard en bandeau et des bas à genoux: les deux accessoires traversent la collection.

Robes en dessous du genou, taille soulignée par une fine ceinture, un gros pendentif sur une chaîne fine: Celine joue aussi aux seventies.

Bruno Sialelli de Lanvin tente de "faire des ponts" entre lui-même et Jeanne Lanvin, fondatrice en 1889 de la maison. En manteau blanc col fourrure, bouche rouge et brushing années 30, la mannequin star Bella Hadid est quasi-méconnaissable.

Balmain revisite les 80-90 en détournant les codes bourgeois.

- Maquillage arty -
Ombres rose et bleu sur les paupières et des taches de couleurs vives sur des cheveux lissés: le maquillage apporte une touche supplémentaire de couleurs chez Dries Van Noten qui mélange textures et imprimés.

Traits de liner exagérés, noir violet ou orange: ce maquillage de Margiela va avec les chapeaux et bijoux art déco.

Pour le défilé médiation de Yohji Yamamoto, les mannequins, teint blanc, bouche noire et dessin graphique autour d'un oeil, évoluent dans de longues robes noires.

- Inclusion -
Les enfants défilent pour Marine Serre dans son univers post-apocalyptique, histoire de donner un peu d'espoir.

Helena Christensen, mannequin d'origine danoise et péruvienne de 51 ans ou l'Espagnole Esther Cañadas, 42 ans défilent pour Balmain.

Naomi Campbell, 49 ans, enflamme le podium, en robe faite en aso oke, tissu traditionnel de l'Afrique de l'Ouest pour soutenir le jeune créateur nigérian Kenneth Ize.

Femme de ménage, assistante en santé mentale, fondatrice d'un abri pour les animaux, galeriste, gymnaste, étudiants: des gens venant des milieux différents et aux apparences atypiques défilent pour Balenciaga, affichant sans complexe leurs rides et cheveux gris.

Relaxnews
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