"Le virus est encore trop dynamique en Aveyron", assure la préfète

  • La préfète de l’Aveyron analyse en permanence la situation.
    La préfète de l’Aveyron analyse en permanence la situation. Reproduction Centre Presse / Reproduction Centre Presse
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Lutter en priorité contre l’évolution de l’épidémie n’élude pas la préparation du déconfinement. La préfète Catherine de la Robertie s’y emploie en lien avec les élus.

Alors que s’immisce dans tous les esprits la perspective d’un déconfinement, Catherine de la Robertie rappelle qu’il reste encore du chemin à faire pour endiguer une activité virale en hausse dans le département, et que le 11 mai n’est "qu’un objectif".

Avec la perspective annoncée du 11 mai, percevez-vous un relâchement dans le comportement des Aveyronnais face aux règles de confinement ?

Disons que la situation n’évolue pas dans le bon sens. Le respect des règles est bien moindre en zone urbaine, surtout le week-end où trop de monde sort. On recense ainsi un peu moins de 200 verbalisations cette semaine en zone police, soit deux fois plus, en comparaison avec le volume de population, qu’en zone rurale où la gendarmerie a verbalisé un peu moins de 300 fois, soit une baisse de 40 % en une semaine.

Il faut marteler que l’Aveyron est loin d’être épargné par le virus et seul notre comportement peut le combattre efficacement pour atteindre notre objectif du 11 mai. La vertu du confinement est aussi de protéger et garantir notre système de soin.

L’évolution épidémiologique dans le département est-elle donc préoccupante ?

Nous avons environ 300 cas confirmés à ce jour. Et le virus est donc encore trop dynamique pour parler de déconfinement. Il faut rester mobilisés. J’ai réalisé des statistiques qui montrent que pendant cinq à six jours, la courbe d’évolution de la contamination est restée stationnaire, puis a brusquement grimpé avec un angle de 45°. Cette hausse montre que le virus circule dans le département. Les entrées et les sorties des hospitalisés restent, au demeurant, stables et le seul indicateur positif est la baisse significative du nombre de patients en réanimation.

J’ajoute que plusieurs Ehpad sont touchés à des degrés divers, on y recense une évolution de la contamination, l’ARS devrait prochainement en donner les chiffres. Je souligne à cet effet le formidable travail réalisé par les personnels de ces établissements. Et j’indique que les directeurs ont reçu de l’ARS, dès ce mardi, les modalités d’accueil des familles…

Pour autant l’objectif du 11 mai reste une réalité : comment préparez-vous ce déconfinement, notamment pour les cas confirmés après cette date, isolés dans des hôtels réquisitionnés ?

Tout d’abord, rappelons que le plan de déconfinement est en cours de préparation. On saura la semaine prochaine, par la voix du Premier ministre, ce qu’il en sera. Et rappelons que seules les personnes volontaires seront confinées dans les hôtels pour ne pas contaminer leurs proches. Nous avons anticipé en Aveyron où nous avons déjà un dispositif d’accueil depuis le début du confinement, au village de vacances de Najac, par convention. Lequel accueille déjà, dans une partie isolée et totalement indépendante, des sans domicile fixe. Avec l’ARS, nous sommes donc prêts à accueillir dans ce VVF les patients, peu atteints, avec toutes les garanties de soin. Par ailleurs, nous avons une liste d’hôteliers qui se sont spontanément proposés pour accueillir des ouvriers qui réalisent des chantiers ou des soignants. Ils peuvent se rendre disponibles pour accueillir les confinés, un peu partout dans le département.

Le retour à l’école semble être un casse-tête, comment y travaillez-vous ?

Le ministre de l’Éducation a esquissé les premières pistes de réouverture en trois temps, selon les niveaux. Ce n’est qu’un projet à ce stade, car si les conditions sanitaires définies par les autorités de santé ne sont pas réunies, les écoles ne rouvriraient pas.

Nous travaillons beaucoup avec les collectivités locales qui s’occupent des infrastructures. Car cette perspective de retour à l’école s’accompagne d’une réorganisation spatiale : pas plus de 15 élèves par classe. Nous mettons en œuvre des pistes de réflexion, à travers des réunions de concertation. Armelle Fellahi, directrice académique, multiplie les audioconférences avec les chefs d’établissements pour réaliser un état des lieux. Et ce vendredi, elle sera à mes côtés pour initier une concertation avec les élus du Département, de la Région, les deux associations de maires et le président de l’Agglomération de Rodez. Une audioconférence avec les parlementaires est également prévue pour faciliter les échanges en toute transparence. Nous travaillons main dans la main avec les élus, au quotidien. Et les réponses vont se construire progressivement dans le respect de chacun.

Quoi qu’il en soit, l’État tient ses engagements vis-à-vis de l’école en Aveyron, en faisant une dotation complémentaire pour tenir compte de cette période de crise sanitaire.

Nous gardons tous nos postes pour permettre aux équipes pédagogiques d’accomplir un meilleur travail. Et nous nous donnons les moyens de répondre aux problèmes posés par le déconfinement.

Propos recueillis par Christophe Cathala
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