Violences, insultes racistes envers les policiers : deux ans ferme

  • Le tribunal a rapidement délibéré.
    Le tribunal a rapidement délibéré. José A. Torres
Publié le , mis à jour

Derrière son masque et ses tresses africaines voilant ses yeux, ce jeune Mahorais, installé à Millau depuis deux ans, est difficile à cerner. D’une voix basse et éraillée, il nie tous les faits qui lui sont reprochés et assure être « un bon gars ». Difficile à croire pour les magistrats, tant la liste de ses infractions est longue, « désolante et honteuse » pour le procureur.
Elle commence par des violences envers son voisin, handicapé à 80 %, pour une futile histoire de jeux vidéo et d’une manette dérobée… On est dans la nuit du 17 au 18 septembre, rue de la Capelle, et les policiers interviennent pour calmer les esprits. Ils sont reçus par des jets de cendriers, de canettes de bières et autres objets. Les enquêteurs sont formels : cela provient du troisième étage et de l’appartement du prévenu. Un an auparavant, ils avaient déjà eu maille à partir avec cet intérimaire, aîné d’une fratrie de huit frères et sœurs. Cette fois, ils l’arrêteront avec l’aide d’un passant, n’hésitant pas à aller chercher le jeune homme dans son appartement ! Mais après une courte nuit en garde à vue, il franchit un nouveau palier. Lors d’une visite obligatoire à l’hôpital, il insulte les policiers. Des insultes à caractère raciste - « fromage blanc », « petit blanc »… - et « particulièrement choquantes » pour les avocates de la partie civile, Me Bénédicte Valentin et Me Laurence Foucault. Au retour au commissariat, il finira par asséner un coup de tête à un policier…
Mais comme lors de ses interrogatoires, le prévenu nie tout devant le tribunal. « Je rentrais tranquillement chez moi, j’enlevais mes chaussures pour aller au lit et on m’a frappé, menotté et envoyé en prison », dit-il.
- « Votre voisin et les policiers vous ont tout de même reconnu, pourquoi auraient-ils menti ? », lui lance la présidente, Mandana Samii.
- « Je ne sais pas, peut-être veulent-ils que je quitte l’immeuble… », répond-il.
Son conseil, Me Maé Faure, relèvera pour sa part une « enquête avec des zones d’ombre, de nombreux vices de procédure et des vérifications qui n’ont pas été réalisées ». Le casier de son client, déjà condamné pour des faits similaires devant le tribunal de Mamoudzou (Mayotte), ne plaide pas en sa faveur. Le tribunal a d’ailleurs rapidement délibéré et condamné le prévenu à une peine de trois ans de prison dont deux ferme. Incarcéré, il retrouvera le palais de justice et le banc des accusés le 4 novembre prochain. Dans une nouvelle histoire de violences envers les policiers…

Son frère déferré pour une histoire de vols à l’arraché

C’est le procureur, Chérif Chabbi, qui lui a appris durant l’audience : « Quel exemple montrez-vous à votre petit frère ? », a-t-il lancé au prévenu avant de lui indiquer justement que son cadet, âgé de 17 ans, venait tout juste d’être déféré pour une histoire de vols à l’arraché à Millau. Avec trois autres mineurs de la commune, il aurait dérobé avec violence des sacs à main à trois personnes âgées durant le mois de septembre. L’une des victimes, âgée de 87 ans, s’est vue prescrire 10 jours d’ITT (au sens judiciaire du terme)… Mis en examen, le frère du prévenu, avec qui il habitait, a été placé en centre d’éducation fermé.

Mathieu Roualdés
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