La France se reconfine pour au moins un mois

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  • Emmanuel Macron une nouvelle fois face aux Français dans une crise interminable.
    Emmanuel Macron une nouvelle fois face aux Français dans une crise interminable. MAXPPP - Dylan Meiffret
Publié le , mis à jour

Le Président Macron a choisi un reconfinement général, qui préserve l’enseignement et certains pans de l’économie. Il s’appliquera dès ce vendredi.
 

Les Français renoueront à partir de vendredi avec l’attestation de déplacement. « A minima jusqu’au 1er décembre », a signifié, mercredi, le président de la République, en annonçant le reconfinement du pays. La seule solution, a-t-il affirmé lors d’une allocution de vingt et une minutes, pour « stopper le virus ».
Voici la France revenue en mars dernier, face au constat que les mesures déployées ces dernières semaines et les « efforts consentis », pour « utiles » qu’ils furent, ne suffisent pas. « Nous sommes submergés pas l’accélération soudaine de l’épidémie, a décrit Emmanuel Macron. Par un virus qui semble gagner en force à mesure que les températures baissent. » Surpris, a-t-il admis, par une seconde vague qui se dessine plus « dure et plus meurtrière que la première ». Qui pourrait voir 9 000 patients hospitalisés mi-novembre dans les services de réanimation, si « un coup de frein brutal aux contagions » n’était pas donné. Ce sera donc un reconfinement, amendé par rapport au premier, mais qui pèsera lourd sur les esprits et des pans entiers de l’économie.

Un confinement amendé

Le chef de l’État a pris le temps d’expliquer quelles options existaient pour protéger les plus âgés et les plus fragiles, chez qui le Covid-19 s’avère le plus mortel ; les plus jeunes, qui n’échappent pas à l’épidémie ; les soignants - « nous leur devons de prendre toutes les précautions pour limiter la propagation du virus » - ; les plus modestes que la crise économique emporte et l’économie justement.
Dans la quête d’un « juste équilibre », il a évacué l’hypothèse de laisser le virus courir, l’assurance d’avoir « 400 000 morts à déplorer » au bout du compte. Il a justifié l’insuffisance du confinement des seules personnes à risque, de la stratégie tester-alerter-protéger appliquée depuis l’été, de la simple augmentation des capacités de réanimation. Elles seront portées « au-delà de 10 000 lits » cependant. « Il faut aller plus loin », a martelé Emmanuel Macron.
Dès vendredi, à 0 h, dans tout l’Hexagone - il y aura des adaptations pour les territoires ultramarins -, il ne sera possible de sortir de chez soi qu’afin d’aller travailler, se rendre à un rendez-vous médical, porter assistance à un proche, prendre l’air à proximité, faire ses courses essentielles. Les réunions privées sont interdites, comme les rassemblements publics. « Vous ne pourrez pas vous déplacer d’une région à l’autre, a ajouté le locataire de l’Élysée, à l’exception des retours de vacances de la Toussaint. »
Les lieux accueillant du public, les commerces non-essentiels, les bars et restaurants sont une nouvelle fois clos, même si un espoir de rouvrir avant la date du 1er décembre a été laissé par l’exécutif aux commerçants. En effet, tous les quinze jours, un état des lieux de la situation sanitaire sera effectué et « nous évaluerons alors si nous pouvons alléger certaines contraintes, en particulier sur les commerces ».

Plus de détails à 18 h 30

Cette approche est l’une des nouveautés, mais il y en a surtout trois principales. « Les écoles resteront ouvertes, le travail pourra continuer, les Ehpad et les maisons de retraite pourront être visités », a listé le président de la République. Contrairement à ce qui circulait la veille, les écoliers rentreront en classe lundi à 10 h mais aussi les collégiens et les lycéens. À l’inverse, les élèves et étudiants du supérieur renoueront avec l’enseignement à distance du printemps. Les crèches resteront ouvertes, les services publics, usines et chantiers ou encore les cimetières.
Alors que lui-même participera à un Conseil européen, ce jeudi, pour organiser l’action au sein d’une Union dont les frontières extérieures resteront closes, c’est à Jean Castex, le Premier ministre, qu’il appartiendra de préciser les mesures, à 18 h 30. Une stratégie qui doit ramener les contaminations de 40 000 par jour actuellement, le double sans doute, à 5 000.
« Je sais la lassitude, a dit Emmanuel Macron. Nous devons tenir », unis, « en nous serrant les coudes ».
 

Ollivier Le Ny
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