Ehpad de Rulhe à Villefranche-de-Rouergue : "L’explosion ne va pas tarder !"

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  • Diego Diaz, Dominique Ponties, Nathalie Carayon et Christine Frontil  ont tous les quatre leur maman à l’Ehpad de Rulhe.
    Diego Diaz, Dominique Ponties, Nathalie Carayon et Christine Frontil ont tous les quatre leur maman à l’Ehpad de Rulhe. , MCB
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Après avoir dénoncé une maltraitance institutionnelle et psychologique et s’être demandé où passe l’argent, le collectif envisage de saisir le Défenseur des droits et prédit un chaos à venir.

Le collectif "Pour de meilleures conditions de vie de nos aînés et de meilleures conditions de travail du personnel à l’Ehpad de Rulhe" revient à la charge en cette période de rentrée. La période estivale n’a pas été synonyme, pour ce collectif de femmes et d’hommes dont les ascendants vivent à Rulhe, d’inactivité ou de démotivation, loin de là. Nathalie Carayon, Dominique Ponties, Christine Frontil et Diego Diaz ont multiplié les rendez-vous auprès des institutionnels. C’est ainsi qu’ils ont rencontré le maire de Villefranche-de-Rouergue, Jean-Sébastien Orcibal, également président du conseil de surveillance de l’hôpital, qui les a assurés de son soutien et les incite à continuer leur action, tout comme l’Union départementale des associations familiales (UDAF) et l’Association des paralysés de France (APF). Le collectif a également repris contact avec les conseillers départementaux, Stéphanie Bayol, particulièrement sensible à ce sujet puisque membre de la commission de Solidarité au Département, et Éric Cantournet. Les membres du collectif ont aussi été reçus par la députée de la circonscription, Anne Blanc.

Fermeture de certains services ?

Ils ont également échangé avec la conseillère départementale Gisèle Rigal, vice-présidente du Département en charge de la vieillesse et du handicap, qui aurait été "très étonnée du reste à charge pour les familles, entre 1 500 et 2 000 euros par mois". D’ailleurs, ces mêmes familles demandent "la baisse du prix de journée" car, selon elles, "le contrat d’obligation de résultat et de sécurité ne serait pas rempli". Paradoxalement, puisque c’est l’Agence régionale de santé qui freine en ayant demandé à maintes reprises "une restructuration plus intelligente" du projet de reconstruction de l’Ehpad de Rulhe, les membres du collectif ont donc été agréablement surpris de "l’écoute bienveillante" de Benjamin Arnal, directeur de l’ARS en Aveyron, "ouvert et humain", qui leur a assuré que "Rulhe est la priorité des priorités" mais qui "se retranche derrière des fonds du Ségur de la santé qui pourraient être débloqués en octobre prochain". De son côté, le docteur Pascale Combe Cayla, vice-présidente d’Ouest Aveyron communauté en charge de la santé, attire leur attention sur des travaux de rénovation en cours à Rulhe. Ce à quoi répond vertement Dominique Ponties : "Ce n’est pas le bâtiment qui importe en premier mais l’humain ! Les personnes ne sont pas des plantes qu’on installe dans une pièce. Personne ne passe, personne ne vient les voir. Ils sont toujours derrière une vitre, ils ne voient ni le jour ni le soleil". Contrairement à certaines familles agressives, le collectif ne condamne bien sûr absolument pas les soignants qui font ce qu’ils peuvent, "on est avec eux à 100 %", mais le manque de personnel récurrent. "Il y a déjà un manque d’effectif alors si on met à pied les non vaccinés… Les soignants se sentent abandonnés, heureusement qu’ils sont tous solidaires", estime Nathalie Carayon avant de poursuivre : "La direction a supprimé des lits en unité long séjour pour mettre le personnel en bouche-trou sur d’autres bâtiments, n’est-ce pas une préparation à la fermeture définitive de certains services ?"

Lorsqu’une soignante confie, en larmes, qu’elle "ne peut pas faire son boulot correctement", Nathalie Carayon s’insurge : "Le personnel est en souffrance, les résidents sont en souffrance, tout le monde est à bout. L’explosion ne va pas tarder !" Devant le silence assourdissant des syndicats et face à ce dramatique constat, le collectif envisage de saisir le Défenseur des droits. "L’idéal serait un directeur autonome pour l’Ehpad de Rulhe".

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