Covid-19 : vers une relance de la vaccination face à la menace d'une 7e vague ?

  • Plusieurs indicateurs montrent que l’épidémie reste à des niveaux élevés, avec actuellement même un rebond.
    Plusieurs indicateurs montrent que l’épidémie reste à des niveaux élevés, avec actuellement même un rebond. Repro CPA
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Les variants BA.4 et BA.5 du Covid-19 pourraient entraîner une nouvelle vague d’hospitalisations, qui tomberaient au pire moment à la rentrée de septembre, alors que les services d’urgence des hôpitaux français sont tous en grande difficulté. Le Dr Benjamin Davido et le professeur Yves Buisson s’inquiètent d’une nouvelle vague à l’automne. Ils jugent urgent de disposer de nouveaux vaccins et de relancer une politique de vaccination régulière, comme pour la grippe.

Santé publique France souligne le constat rassurant que la propagation du Sars-CoV-2 continue de ralentir et les hospitalisations continuent de baisser. Cependant, l’agence reconnaît que dans la semaine du 23 au 29 mai, la baisse du taux d’incidence a été plus faible dans certains groupes d’âge et qu'une tendance à la stabilisation a été observée dans certaines régions », avec une mention séparée pour les territoires d’outre-mer avec des indicateurs virologiques encore très élevés ».

« Pas d’influence hospitalière »

Santé publique France évoque également les nouvelles variantes BA4 et BA5 d’Omicron, qui ont le vent en poupe. » Toutefois, l’agence rassure en notant que l’impact en Afrique du Sud a été très modéré après un pic de l’épidémie à la mi-mai.

En conférence de presse, Guillaume Spaccaferri, épidémiologiste au sein de l’agence, a apporté des nuances, soulignant qu’on assiste déjà depuis quelques jours à une légère hausse. […] circulation virale » avec, du moins pour le moment, aucun impact sur l’hôpital ».

En effet, plusieurs indicateurs montrent que l’épidémie reste à des niveaux élevés, avec actuellement même un rebond, malgré des signaux politiques en France tendant à reconnaître que le Covid-19 ne nécessiterait plus de précautions particulières.

500 morts par jour

On l’observe dans le nombre de cas quotidiens de contamination. Plus récemment, il a culminé à plus de 140 000 début avril, depuis lors, il a régulièrement diminué pour atteindre 17 700 au moins jusqu’au 27 mai, mais a depuis repris, avec 22 354 cas le 3 juin.

Concernant le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de cas pour 100 000 habitants, sans entrer dans le détail du tour de montagnes russes observé depuis le début de l’année, on note qu’il est actuellement de 196 contre un peu plus de 100 il y a un an.

Quant au nombre de nouveaux malades Covid hospitalisés chaque jour, il était de 400 au 3 juin, contre 200 début juin 2020 et 450 début juin 2021.

Enfin le chiffre ultime, celui des décès quotidiens du Covid à l’hôpital. Nous sommes très loin des horribles 3 800 touchés au pic de l’épidémie il y a deux ans et des plus de 2 000 observés de la fin 2020 au printemps 2021 et au début de l’hiver dernier. Mais les derniers chiffres sont toujours supérieurs à 500. Cinq fois plus que ce qui a été observé à l’été 2020, par exemple.

« Loin du seuil des 5.000 cas fixé par Emmanuel Macron »

Tout cela incite le Dr. Benjamin Davido, infectiologue et directeur médical principal Covid-19 à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), pour tirer la sonnette d’alarme. La contamination reste à un plateau élevé, plus de 17 000 cas par jour, non seulement ne baisse pas mais reprend. Cela veut dire que nous avons une situation endémique qui perdure, que nous restons en présence d’un énorme réservoir de contamination. On est loin du seuil des 5 000 fixé par Emmanuel Macron au début de l’épidémie pour déclencher le déconfinement.

Au vu de cela, il s’étonne pour le moins de la décision française de supprimer l’obligation du port du masque, au moins dans les transports en commun, dès la mi-mai. On sait que le train, l’avion et le métro sont des lieux de contamination. Il aurait été plus sûr de lever l’obligation du masque plus tard, vers le début de l’été, alors que les transports en commun sont moins utilisés pour se rendre au travail et que tout le monde passe plus de temps dehors à cause du beau temps.

Si l’infectiologue est inquiet, c’est à cause des sous-variantes d’Omicron BA4 et BA5 notamment. Ils sont très présents au Portugal, à nos portes. Votre risque d’infection est de 10 à 15 % plus élevé. C’est pas énorme, d’accord, mais ça joue de plus en plus en faveur de l’épidémie. Ne vous y trompez pas, tôt ou tard cette sous-variation deviendra dominante à son tour.

Face à cela, comme le fait Santé publique France, Benjamin Davido exhorte les Français à continuer de porter le masque dans les transports en commun et dans les situations à risques.

« Secouez le cocotier »

Surtout, l’infectiologue veut secouer le cocotier et appelle à une approche différente, beaucoup plus volontariste de la vaccination afin d’éviter que l’hôpital public dans son état actuel ne tombe sous une vague épidémique après la rentrée de septembre » ​Parce que, rappelle-t-il, nous 10 à 15 millions de Français faibles, dont bien trop peu ont bénéficié d’un deuxième rappel (32,4% des 60 à 79 ans et 27,5% des plus de 80 ans) ».

C’est pourquoi, d’une part, elle appelle les laboratoires à mettre rapidement sur le marché des vaccins actualisés et adaptés aux nouvelles variantes. » À cet égard, il estime que, compte tenu du soutien qu’il a apporté à Sanofi, l’Etat français pourrait demander que le vaccin qu’il va enfin lancer sera mis à jour.

Benjamin Davido estime également qu’il faut à la fois relancer l’appel au deuxième rappel pour les plus vulnérables et adopter une logique de vaccination régulière, comme c’est le cas avec la grippe. L’épidémie ne s’arrêtera pas en un claquement de doigts.

« Il ne faut pas renoncer à la vaccination, mais on le fait »

Un avis partagé par le professeur Yves Buisson, président de la cellule Covid-19 de l’Académie de médecine. Même si le fait que la majeure partie de la population soit vaccinée et qu’Omicron ait infecté plus de la moitié de la population signifie que nous sommes globalement protégés des formes graves, nous ne devons pas, et n’avons pas abandonné la vaccination, regrette-t-il.

Le virus est désormais chez nous. Il ne laisse pas les gens partir. Il continuera à circuler tout le temps. Pourtant, on est mal immunisé contre ça et on est mal protégé. » Face à un risque probable de reprise, à la rentrée, avec le retour du froid, du travail, de l’école, alors que toutes les mesures barrières ont été abandonnées, il faut que les personnes vulnérables se protègent se protègent ».

Alors que selon lui la politique a toujours été à l’origine de l’épidémie, il pense qu’il serait bon qu’une politique de vaccination soit mise en place avec un vaccin Covid de deuxième génération à spectre plus large, pourquoi pas, à coupler avec celui de la grippe ».

Malheureusement, les autorités ne parlent plus de vaccinations », un sujet qu’il regrette de ne pas avoir abordé dans le débat électoral en cours ».

 

Centre Presse Aveyron
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Les commentaires (1)
Blancseb31 Il y a 6 mois Le 06/06/2022 à 10:08

On commence à les connaître ces vaguelettes. Et sinon, il n'y a toujours pas plus de morts qu'en temps normal ? Il faut toujours un test pour savoir si on est malade ou pas ? Toujours aucun risque pour les moins de 80 ans? On peut toujours contaminer tout le monde librement (avion, etc...) quand on est vacciné? Toujours des crises cardiaques, AVC, douleurs, dérèglements hormonaux pour de nombreux vaccinés, évidemment sans lien de cause à effet ?
Pourquoi vouloir injecter de force un vaccin qui ne marche clairement pas à des gens qui n'en ont pas besoin?
A qui profite le crime ?