Mort d'Elizabeth II : pourquoi ces maires refusent de mettre en berne le drapeau français

  • Dans la plupart des villes et communes françaises, les drapeaux français devraient être en berne le lundi 19 septembre, jour des funérailles de la reine Elizabeth II.
    Dans la plupart des villes et communes françaises, les drapeaux français devraient être en berne le lundi 19 septembre, jour des funérailles de la reine Elizabeth II. Repro CPA
Publié le , mis à jour

Plusieurs maires de communes françaises refusent de mettre en berne le drapeau de leur mairie pour rendre hommage à la reine Elizabeth II. Selon eux, la Première ministre a enjoint les maires à respecter ce geste de recueillement, notamment le jour des funérailles de la monarque.
 

Les drapeaux de la République française en berne pour rendre hommage à une monarque britannique ? C’est non. Plusieurs maires, au moins deux, revendiquent leur refus de se plier à la demande d’Élisabeth Borne envoyée aux édiles du pays dans la foulée du décès de la reine Elizabeth II.

La Première ministre, dans le sillage d’Emmanuel Macron, a effectivement enjoint les maires à mettre les drapeaux de leurs communes en berne, sur les bâtiments publics, vendredi dernier, puis le jour des funérailles de la monarque, lundi 19 septembre. Une demande « incroyable », selon l’un des élus réfractaires, le maire socialiste de Bourges, dans le Cher, Yann Galut. S’il dit « respecter la douleur de nos amis anglais », l’ancien député socialiste n’entend pas se plier à la consigne.

Je respecte la douleur de nos amis anglais mais je ne mettrai pas les drapeaux français sur le fronton des bâtiments municipaux de la ville de #Bourges demandée par @Elisabeth_Borne cette demande me paraît incroyable.

— Yann Galut (@yanngalut) September 11, 2022

Même refus pour son collègue à Faches-Thumesnil, une commune située dans le nord de la France. Le maire insoumis Patrick Proisy s’est fendu d’un long message, ce dimanche matin, pour justifier, sur Twitter, un choix qu’il défend comme « logique. » « Comment voulez-vous être logique en mettant en berne des drapeaux sur nos écoles là où est inscrite la devise : ’Liberté, égalité, fraternité ?’ », Interroge-t-il ainsi, alors qu’« aucun concept n’est plus éloigné de ’égalité’ que celui de la monarchie. »

S’il explique ne pas avoir de grief « contre la personne d’Elizabeth II », l’édile nordiste critique « le principe même qu’une naissance dans la bonne famille vous dote d’un sang particulier qui vous met au-dessus des autres. »

?? [Drapeaux en berne/explications]
Quelques explications sur le refus de mettre les drapeaux en berne. J'ai refusé de répondre aux sollicitations médiatiques car, non, je n'ai aucunement l'intention de faire du buzz sur ce sujet.
Je rappelle que je n'ai insulté personne 1/6

— Patrick Proisy (@P_Proisy) September 10, 2022

Enfin, Patrick Proisy se questionne publiquement sur tous les égards et hommages accordés, en France, à la reine britannique depuis l’annonce de sa disparition. « Notre République fait-elle de la préférence pour une monarque, cheffe d’une Église ? », écrit-il ainsi, toujours sur Twitter, en faisant remarquer, par exemple, que Mikhaïl Gorbatchev, l’ancien dirigeant de l’URSS, prix Nobel de la paix en 1990, n’a pas eu ces honneurs.

Le début d’une petite vague de protestation ? Pas de quoi modifier les plans de l’Élysée. En signe de recueillement, la présidence a placé un drapeau britannique sur le perron du Château jeudi soir et mettra, à nouveau, les drapeaux en berne lundi 19, le jour des funérailles de cette « grande amie de la France. »

Centre Presse Aveyron
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Les commentaires (1)
Altair12 Il y a 2 mois Le 12/09/2022 à 08:43

Il est vrai que Elisabeth II était une personne avenante et francophile mais comment accepter et glorifier la monarchie Britannique quand on voit la famille de la monarque (elle même colonel de la garde) en grands uniformes bardés de décorations ; quand on connaît l'immense fortune des Windsor en partie placée dans les paradis fiscaux (Iles Caïman, Bermudes....) ; quand on connaît le train de vie de ces gens et le coût faramineux pour le pays que cela entraîne ; quand on voit la broche ornée du plus gros diamant brut évalué à 100 millions d'euros ; quand on sait que c'est purement honorifique ; quand . . . . .
Tout cela parce qu'ils se sont donnés la peine de naître ! ! !
Et puis cela fait plus de mille ans que les Anglais empoisonnent l'existence des Français ; ils ne ratent jamais une occasion ! ! !
Alors mettre le drapeau tricolore en berne ; non merci, non merci, non merci ! ! !