Cadavre retrouvé à Cahors : "C'était horrible", confient les voisins sous le choc

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  • Le corps d'un homme a été retrouvé samedi à 8 heures par un riverain.
    Le corps d'un homme a été retrouvé samedi à 8 heures par un riverain. La Dépêche du Midi - Marc Salvet
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Samedi matin, le corps d'un Lotois de 52 ans a été découvert par un voisin rue Fondue-Basse, dans le centre de Cahors. Le suspect, un homme de 63 ans, a été mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention. Les voisins, toujours sous le choc, témoignent. 

Samedi 17 décembre, à 8 h, près de l'effervescence du marché, les riverains de la rue Fondue-Basse à Cahors, ont vécu l'horreur. Là, vers la maison du patrimoine, en plein centre-ville, le corps d'un Lotois de 52 ans a été découvert au pied des escaliers, dans le couloir d'entrée d'une résidence. C'est un voisin qui a trouvé le corps ensanglanté et inerte.

Le corps découvert au pied des escaliers

"Je partais à la gare pour modifier un billet de train et j'ai eu un choc en voyant ce corps en bas des escaliers, du sang partout. Je n'ai pas réussi à le reconnaître tant son visage était défiguré, c'était horrible", raconte-t-il, toujours traumatisé. La victime est à moitié dénudée sur le sol en pierre. Immédiatement, le locataire appelle les pompiers : " Au téléphone, ils me demandent de mettre les mains sur son thorax pour sentir si le pouls bat encore". Mais le voisin ne sent rien. Il comprend que c'est trop tard. Les pompiers et la police du Lot arrivent sur les lieux.

La violence de la scène

Et puis, les techniciens de police technique et scientifique ainsi que la police judiciaire de Toulouse qui démarrent alors leur enquête de voisinage." Les pompiers me réveillent à 8 h 30 et m'expliquent qu'un corps vient d'être découvert dans les parties communes, ils me demandent de ne pas sortir", confie une voisine. Cette nuit, pour la première fois depuis qu'elle vit ici, elle n'a rien entendu.
"C'était comme dans un film, la police judiciaire m'a demandé qui était rentré, qui était sorti, qui avait le badge d'accès, j'étais sous le choc", poursuit-elle.

Ce lundi, les traces de sang dans le couloir, au sol et sur la rambarde de l'escalier témoignent encore de la violence de la scène. La voisine en a encore des haut-le-cœur. Surtout que cet été, déjà, elle avait imaginé le pire. "Fin juillet, je rentre du travail et je découvre un homme par terre devant la résidence, il est recouvert de sang, la tête ouverte, il était conscient mais visiblement alcoolisé, je lui ai proposé de l'aide mais il a réussi à se lever tout seul et je l'ai vu rentrer dans la résidence, je regrette de ne pas avoir appelé les pompiers ce jour-là, peut-être que ça aurait permis d'éviter ce drame", se souvient-elle. Dans l'escalier et au sol, de nombreuses traces de sang avaient également été retrouvées. 

Le suspect placé en détention 

Quand elle recroise l'homme en question ces dernières semaines elle s'interroge :  pourquoi revient-il à nouveau ? S'agissait-il d'un accident ? D'une chute dans l'escalier ? Selon elle, c'est ce même homme qui a été retrouvé mort ce samedi matin. La voisine l'a toujours su : un jour, il y aura un drame dans cette résidence. "Toutes les nuits, il y a du tapage nocturne, on entend de la musique et des cris, ici, la population est marginalisée", explique-t-elle. Les riverains de la rue avaient déjà fait circuler une pétition, fin août, pour se plaindre de "nuisances à répétition".

L'autopsie pratiquée ce lundi

Un résident de l'immeuble âgé de 63 ans a été interpellé par la police puis placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Toulouse. Après 48 heures de garde à vue, il a été présenté ce lundi à un juge d'instruction du pôle criminel d'Agen. Selon le parquet d'Agen qui a ouvert une information judiciaire, il a été mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention. Les enquêteurs de la police judiciaire de Toulouse et les policiers de la sûreté urbaine de Cahors ont été co-saisis. "La victime et le suspect se connaissaient, d'après les premiers éléments, il s'agirait d'une querelle qui a dégénéré sur fond de consommation d'alcool", explique Alexandre Rossi, le procureur du Lot. L'autopsie doit être pratiquée ce lundi à Toulouse et devra donner davantage d'éléments sur les circonstances de la mort et notamment sur l'utilisation, ou non, d'une arme.

La voisine croisait régulièrement le suspect : "Il pouvait être courtois comme agressif, courtois car il me tenait la porte quand je rentrais les bras chargés de mes sacs de courses, agressif quand je montais ou que je descendais les escaliers et que je l'entendais m'insulter derrière sa porte". Elle décrit un homme "très alcoolisé de jour comme de nuit" qui vit seul. Depuis la découverte du cadavre, elle n'arrive plus à fermer l'œil. Son voisin qui a découvert le corps a lui préféré s'absenter pendant quelque temps. "Je vais solliciter une aide psychologique ces prochains jours et j'envisage de déménager", ajoute-t-il.

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Manon Adoue