Faits divers

Affaire Wilson à Vabre-Tizac: "Si Cayrou ressort, je serai son pire cauchemar"

  • Patricia Wilson et Donald Marcus aux temps des jours heureux.
    Patricia Wilson et Donald Marcus aux temps des jours heureux. DR -
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L’Anglais Donald Marcus, compagnon de Patricia Wilson, que son jardinier Jean-Louis Cayrou est soupçonné d’avoir tuée, est amer face à la justice.
 

Le compagnon de Patricia Wilson, qui n'a jamais été retrouvée, s'exprime pour la première fois depuis la disparition en août 2012 de la ressortissante anglaise installée à Vabre-Tizac. Son jardinier, Jean-Louis Cayrou, est soupçonné de l'avoir tuée.

Pourquoi êtes-vous venu en France cet été ?
Simplement pour me recueillir, en mémoire de Patricia, qui a été tuée le 17 août 2 012. Je suis venu avec la tante de Patricia, qui vit à Berlin. Malheureusement, on ne nous a pas autorisés à entrer dans la maison. On nous a dit que c’était toujours une scène de crime.
Pour moi, c’est plutôt une mauvaise excuse : un an après, toutes les opérations de police techniques devraient déjà être achevées.

Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
Je suis détruit par tout ce qui s’est passé. Le jour de l’anniversaire du crime, le 17 août, nous avons appris par les journaux que Cayrou allait être libéré. J’ai trouvé que c’était vraiment un mauvais timing, et une piètre performance des autorités françaises, de libérer cet homme cette semaine-là.

Pouvez-vous nous parler de votre vie avec Patricia ?
Nous avons vécu ensemble pendant onze ans. Patricia aimait la vie, elle était très heureuse, très facile à vivre, elle aimait voyager. Nous avons adoré voyager ensemble en Europe et en Amérique du sud.

Pourquoi vous êtes-vous installés en Aveyron ?
Quand nous nous sommes rencontrés, nous avions chacun notre maison en Angleterre. J’avais de l’argent provenant de la vente de ma société, qui employait 28 salariés, et nous avons décidé tous les deux d’essayer de vivre en France, pour voir si cela nous plaisait. Nous avons acheté la maison à Vabre-Tizac en 2008. Malheureusement, je suis tombé malade, c’est pour cela que j’ai dû rentrer en Angleterre. Cela a pris presque une année pour diagnostiquer ma maladie. J’ai été séparé de Patricia pendant près de huit mois. C’est pendant ce temps qu’elle a rencontré ce jardinier qui s’est révélé être un fou dangereux, qui a exercé sa domination sur la vie de Patricia et qui l’a sans doute tuée.
Mais nous ne nous étions pas séparés, nous étions très amoureux l’un de l’autre.

Avez-vous rencontré Cayrou ?
Jamais. Patricia ne m’en a jamais parlé. Je crois qu’ils se sont rencontrés en avril, qu’ils ont eu une relation en mai ou en juin. Mais je n’en sais que ce que j’ai appris en lisant les journaux. Quand elle est revenue en Angleterre en août 2012, j’étais en Écosse, pour me reposer à cause de ma maladie. Je crois qu’elle avait réalisé qu’elle avait fait une bêtise avec lui. Dans notre dernière conversation téléphonique, elle me disait qu’elle voulait repartir en France pour réorganiser la maison, en installant notre chambre et une salle de bain au rez-de-chaussée pour que je puisse y mener une vie plus facile.
C’est la dernière fois que je lui ai parlé.

Avez-vous été interrogé par la police après le crime ?
Non. On ne m’a laissé parler à personne, et personne ne m’a contacté, ni la police anglaise, ni la police française. C’est comme si je n’existais pas. Je n’ai eu aucun contact avec eux pendant quatre mois, ce que je trouve très étrange. La police anglaise est venue prendre une déclaration quatre mois après, pour le compte de la police française qui ne voulait pas venir elle-même en Angleterre, sans doute parce qu’elle ne trouve pas l’affaire assez importante. Je trouve cela très bizarre. D’habitude un meurtre commis dans un pays étranger est extrêmement médiatisé, surtout lorsqu’il s’agit d’un résidant britannique.

Mais vous avez quand même été entendu par la justice française ?
Jamais. Ils sont venus en début d’année en Angleterre pour interroger des témoins, mais ils ne sont pas venus me voir.

Cayrou clame son innocence, qu’en pensez-vous ?
Je crois que c’est un menteur pathologique, et je pense qu’il est coupable. D’après ce que j’ai pu lire, ses déclarations changent au fil du dossier. Il a dit qu’il n’était pas entré dans la maison, puis qu’il y était entré... Je ne sais pas pourquoi il ment. Mais je ne crois pas du tout à son innocence. Je crois qu’il est coupable, que les enquêteurs ont assez de preuves et qu’il doit passer le reste de sa vie en prison. Et que rien ne me ramènera Patricia.

Comment avez-vous réagi à sa libération surprise ?
Pour être honnête, si j’avais pu rester plus longtemps en France, je l’aurai abattu moi-même. Voilà ce que j’éprouve.

Avez-vous un message à son attention ?
La première question qui me vient, c’est de lui demander où est le corps, mais je ne crois pas qu’il le dise. Je crois qu’il est tellement tordu et possessif qu’il se dit qu’il a pu avoir Patricia, et qu’il ne veut pas que quelqu’un d’autre l’ait. Mais vous pouvez lui dire que je viendrai à son procès. Et que si jamais il ressort un jour de prison, il verra que je suis son pire cauchemar.
 

François Barrère (Midi Libre)
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