Aveyron : la filière caprine recrute !

  • Le département soutient la démarche de la filière caprine.
    Le département soutient la démarche de la filière caprine. Philippe Routhe / CPA
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Gros plan. Après avoir essuyé une crise sévère en 2010, la filière caprine retrouve des couleurs. Notamment en Aveyron où un appel à l’installation est lancé. Objectif : un cinquantaine d’exploitations dans les années à venir. 

Ces jours-ci, sur les bords des routes du département, les automobilistes vont voir fleurir une proposition d’emploi: devenir éleveur de chèvres. C’est tout sauf une blague. Et surtout, la démarche a été mûrement réfléchie avant d’être entreprise par les représentants aveyronnais de la filière caprine, son président Joël Mazars en tête.

Depuis quelque temps, ces derniers sont convaincus des opportunités qui se présentent à eux. Déficit de production en France (estimé à 50 millions de litres de lait), terrain propice à cet élevage, et, surtout, bonne tenue des cours du lait de chèvre sont autant d’arguments qui motivent les chevriers aveyronnais. Pour faire passer le message, ils ont tapé à la porte du conseil départemental, qui a ainsi offert plusieurs supports de communications aux paysans. Non sans avoir également réfléchi au bien fondé de la démarche.

"La démarche nous intéresse donc"

"Selon les statistiques, un agriculteur, c’est six emplois induits. Et j’ai en tête l’objectif d’atteindre les 300 000 habitants en Aveyron dans 10 ou 12 ans. La démarche nous intéresse donc", a ainsi plaidé Jean-Claude Luche, le président du conseil départemental, hier, dans une exploitation chevrière de Gages, théâtre du lancement de cette campagne de communication. Une exploitation exemplaire pour la filière. "Ici, au Gaec de Lussagues, chez MM Rouquet, ce sont deux frères qui tirent chacun un bon revenu avec 400 chèvres et 40 hectares de terrain", explique Joël Mazars, sans omettre de mentionner que l’un des frères a quitté son emploi à l’usine Bosch pour devenir éleveur. Un exemple parfait pour la filière !

"Devenir éleveur de chèvres : un champ de possibilités"

"Notre campagne de communication s’adresse à tout le monde. Avant de la lancer, nous avons pris le soin de renforcer la formation caprine dans le département, on a demandé des certifications", poursuit Joël Mazars, pour qui la leçon de la crise de 2010 avec l’effondrement des prix a bien été retenue. Et d’insister : "Ce n’est que si le projet est bien travaillé en amont qu’il peut réussir. Et nous avons la chance dans ce département, car ce n’est pas le cas partout, de disposer d’outils d’accompagnement très performant". Tous les ingrédients sont semble-t-il réunis pour que le «défi» des chevriers soit relevé. Dans un proche avenir, l’objectif est d’installer une cinquantaine d’exploitations, sachant qu’il faut en moyenne un an et demi à deux ans pour mener à bien un tel projet.

Philippe Routhe
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