Accès au foncier agricole : «La Pac amplifie le phénomène»

  • Guillaume Darrouy (au centre) et Sébastien Granier, mardi à Rodez.
    Guillaume Darrouy (au centre) et Sébastien Granier, mardi à Rodez. Philippe Routhe
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Agriculture. Guillaume Darrouy, administrateur national chez les Jeunes agriculteurs a travaillé sur ce dossier majeur. Mardi, à la chambre d’agriculture, il est notamment venu explique la complexité de ce dossier.

C’est un dossier complexe et particulièrement important qui a été abordé mardi par quelques agriculteurs du département: l’accès au foncier. Celui-là même qui permet, ou pas, à de nouveaux agriculteurs de s’installer. «C’est un dossier qui nous préoccupe depuis longtemps dans le département», explique Sébastien Granier, le président des Jeunes agriculteurs de l’Aveyron, département leader en matière d’installation de jeunes.

Afin d’évoquer au mieux ce sujet, les JA avaient invité Guillaume Darrouy. Administrateur national chez les JA, il a œuvré sur le dossier foncier duquel ont été extraites 127 propositions concrètes destinées à faciliter l’accès au foncier. Elles concernent aussi bien les cédants que les acquéreurs, ainsi que les collectivités, et ce, à tous les étages, de celui de l’Europe à celui de la commune.

«Une prise de conscience qui commence à peine»

«Plusieurs problématiques expliquent la difficulté de l’accès au foncier. Ainsi fait, le système aujourd’hui donne raison à l’exploitant de ne pas céder ses terres» soupire Guillaume Darrouy, qui pose un regard sans concession sur la situation. «Par exemple, les dispositifs d’aides de la Pac amplifient le phénomène. Dans certaines régions, céréalières notamment, mieux vaut cultiver les terres trois mois par an que de les céder !»

Pour ce jeune exploitant laitier installé en Haute-Garonne, le problème de base se situe toutefois au niveau de la prise de conscience du problème. «Elle n’y est pas. Tout du moins, elle commence à peine. On se rend compte aujourd’hui qu’une fois que l’urbanisme a pris le dessus, le retour en arrière est impossible. Et s’il n’y a pas de terrain agricole, il n’y a pas d’agriculteurs.»

La France pourtant bon élève

Pour Sébastien Granier, cette première rencontre n’est vraisemblablement qu’un début. «On n’a pas le choix. Il faut se battre sur ce sujet. On doit veiller notamment au problème d’accaparement des terres par de grands groupes financiers.Car nous voulons préserver notre modèle familial». Ce sujet de l’accès au foncier pour les nouveaux agriculteurs est d’autant plus préoccupant que, selon Guillaume Darrouy, au niveau européen, la France reste un des meilleurs élèves en la matière !

«En Roumanie ou en Pologne, le patron de l’exploitation est derrière un bureau et a des salariés. Ce n’est pas le modèle que l’on veut pour demain. Dans d’autres coins, comme en Italie, de plus en plus de terres sont devenues carrément inaccessibles», détaille le jeune agriculteur. Mais pas question pour eux de baisser les bras. «Il faut taper à toutes les portes. Discuter, échanger, expliquer. Sans relâche», lance Guillaume Darrouy. C’est en tout cas ce à quoi il s’est employé mardi à Rodez. 

PH.R.
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