Un attentat taliban à Kaboul fait 30 morts et des centaines de blessés

  • Attentat à la voiture piégée le 19 avril 2016 à Kaboul
    Attentat à la voiture piégée le 19 avril 2016 à Kaboul AFP - SHAH MARAI
  • Un Afghan blessé lors d'une attaque des talibans le 19 avril 2016 à Kaboul
    Un Afghan blessé lors d'une attaque des talibans le 19 avril 2016 à Kaboul AFP - WAKIL KOHSAR
  • Attentat suicide au centre de Kaboul
    Attentat suicide au centre de Kaboul AFP - Adrian LEUNG
  • Un soldat afghan sur le site de l'explosion à la voiture piégée le 19 avril 2016 à Kaboul
    Un soldat afghan sur le site de l'explosion à la voiture piégée le 19 avril 2016 à Kaboul AFP - SHAH MARAI
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Centre Presse Aveyron

Au moins 30 personnes, des civils pour la plupart, ont péri et des centaines d'autres ont été blessées mardi dans le pire attentat perpétré par les talibans cette année à Kaboul, une semaine après le début de leur "offensive de printemps".

L'attentat suicide au camion piégé, qui visait un bâtiment gouvernemental, s'est produit en pleine heure de pointe matinale. Des journalistes de l'AFP ont senti les maisons vibrer, des vitres ont volé en éclats et une colonne de fumée s'est élevée dans le ciel.

Selon le chef de la police de la capitale afghane, Abdul Rahman Rahimi, "un assaillant a garé un camion de chantier bourré d'explosifs sur le parking attenant au bâtiment" et l'a fait exploser.

L'explosion a tué "30 personnes, des civils pour la plupart, et en a blessé plus de 320 autres", a indiqué Sediq Sediqqi, porte-parole du ministère de l'Intérieur. D'après lui, un second assaillant a ensuite réussi à "pénétrer dans le complexe", provoquant une intense fusillade avec les forces de l'ordre qui l'ont ensuite abattu.

"Dieu ne pardonnera jamais aux assaillants. Ils tuent des gens qui ne leur ont rien fait", s'est exclamé Mohammed Yasreb, un homme blessé dans l'attentat.

Le président afghan Ashraf Ghani a condamné "dans les termes les plus forts cette attaque terroriste", qui est la plus sanglante à Kaboul cette année.

"Utiliser des explosifs dans des zones habitées, tout en sachant parfaitement qu'ils risquent de causer d'énormes souffrances aux civils, peut constituer un crime de guerre", a dénoncé la mission de l'ONU en Afghanistan.

De leur côté, les Etats-Unis, dont le secrétaire d'Etat John Kerry était à Kaboul il y a dix jours, ont "condamné dans les termes les plus forts" l'attentat, qui montre le "mal que les talibans et d'autres (groupes) radicaux violents continuent d'infliger au peuple afghan".

Les talibans, qui ont revendiqué l'attaque, mènent régulièrement des attentats suicides contre les forces afghanes. Les insurgés ont assuré sur leur site que trois combattants avaient mené cette opération et que l'un d'entre eux avait réussi à prendre la fuite.

L'attentat visait un bâtiment appartenant au gouvernement afghan et que le NDS, les services de renseignement, dit avoir occupé par le passé. De même source, le complexe est aujourd'hui utilisé par des agents assurant la protection de personnalités politiques.

Dans la soirée, une deuxième explosion de bien plus faible intensité a retenti dans Kaboul. Les autorités n'étaient pas en mesure de préciser s'il s'agissait d'un nouvel attentat, ni s'il y avait des victimes.

- Voyage au Pakistan annulé -

Les talibans ont annoncé il y a une semaine le début de leur "offensive de printemps", "l'Opération Omari", en mémoire du mollah Omar, le défunt fondateur de leur mouvement. Ils disent vouloir mener des "attaques de grande envergure", notamment contre les 13.000 soldats de l'Otan et les forces de sécurité afghanes.

Les insurgés ont ainsi lancé vendredi un assaut contre Kunduz, la grande ville du Nord, qu'ils étaient parvenus à envahir et à tenir pendant quelques jours à l'automne.

L'armée afghane, seule en première ligne depuis la fin de la mission de combat de l'Otan en décembre 2014, a toutefois réussi à repousser cette nouvelle offensive sur Kunduz.

Les forces de sécurité ont toutes les peines du monde à contenir l'insurrection talibane, à laquelle s'ajoute depuis un peu plus d'un an la campagne des combattants du groupe Etat islamique (EI), notamment dans l'Est.

D'après l'Otan, "environ 5.500" soldats et policiers afghans sont morts au front l'an dernier, mais les civils payent aussi un lourd tribut.

Avec 11.002 victimes civiles, dont 3.545 morts, l'année 2015 a été la plus sanglante pour la population afghane depuis que l'ONU a commencé en 2009 à compter les tués ou blessés dans le conflit.

Dans l'espoir de stabiliser le pays, le gouvernement afghan tente de relancer les pourparlers de paix avec les talibans amorcés à l'été dernier, mais en suspens depuis l'annonce de la mort du mollah Omar.

Afghans, Pakistanais, Chinois et Américains cherchent en vain à ramener les insurgés à la table des négociations. Ces derniers posent notamment le départ des troupes étrangères comme pré-condition à toute reprise du dialogue.

Mais les relations entre Kaboul et Islamabad sont tendues. Un haut dirigeant pakistanais a reconnu en mars que son pays offrait un asile aux dirigeants talibans afghans. Et juste après l'attaque de mardi, le chef de l'exécutif afghan Abdullah Abdullah a annulé un déplacement prévu au Pakistan début mai.

Source : AFP

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