Jean-Claude Luche

Jean-Claude Luche : «Mon successeur aura tout pour réussir»

  • Jean-Claude Luche lundi au conseil départemental. Il  connaît la date de son départ mais ne l’annoncera  qu’en début d’année.
    Jean-Claude Luche lundi au conseil départemental. Il connaît la date de son départ mais ne l’annoncera qu’en début d’année. José A. Torres / José A. Torres
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Le président du conseil départemental passera la main en 2017 pour ne conserver que son mandat de sénateur. Il revient avec nous sur près de neuf ans passés à « rassembler les Aveyronnais », sur ce territoire où il a « fait du bon boulot », comme il s’accorde à le dire. Explications.

Parce que la loi sur le cumul des mandats l’a obligé à choisir, Jean-Claude Luche a préféré garder son siège de sénateur. Il quittera donc, à compter du 31 mars prochain, les commandes d’un Département qu’il détenait depuis 2008. Non sans vouloir laisser « la maison en ordre » et sans oublier de préparer sa succession, sous la forme d’une primaire dans le camp de sa majorité.

Mardi 29 novembre, l’un des cinq prétendants à sa succession sera élu par les trente conseillers de « l’équipe Luche » pour se présenter aux suffrages de l’ensemble de l’hémicycle. Le président Luche tournera alors la page peu à peu. « Je serai président jusqu’au bout », assure-t-il en concédant que l’heure du bilan est désormais venue.

Quand est-ce que votre départ sera effectif ?

(Sourire) J’en connais la date, ma famille aussi. Ce sera entre janvier et mai. Je l’annoncerai, pourquoi pas, durant la période des vœux...

Pourquoi avoir choisi le Sénat ? Par lassitude des affaires départementales ?

Pas du tout. J’ai beaucoup de regrets d’abandonner la présidence. Je pense avoir fait du bon boulot, à la fois en tant que bâtisseur et développeur... Je m’y suis épanoui. Mais le Sénat est une suite logique de ma carrière politique. Avec le Sénat, il s’agit de légiférer, c’est une autre mission. De toute façon, déjà, je n’aurai pas imaginé rester président du Département durant neuf ans...

La succession de Jean Puech a été difficile ?

Jean Puech était un homme d’état avec une forte expérience politique. Cela n’a pas été facile, il m’a fallu faire mes preuves. J’ai beaucoup douté avant d’être président. Et au début, j’ai peut-être manqué de confiance en moi. Le contexte était compliqué. Il y a eu la crise financière en 2008, la collectivité n’a pu se gérer comme les années passées, il a fallu s’adapter. En 2011, la campagne a été dure, mais ma réélection a été pour moi un signal important, comme une récompense. Et en 2015, malgré un charcutage cantonal qui lui était défavorable, la majorité s’est trouvée fortifiée, malgré la poussée régulière de la gauche. Ce fut encore une fois un excellent signal car je pense que c’est ma méthode qui a été la bonne.

En 2008, vous avez triomphé d’une primaire dans votre camp, cela vous a donné envie de reprendre la méthode ?

Je n’ai voulu ni héritier naturel, ni dauphin désigné. Des candidats ont émergé, cela me paraît très démocratique. Je veux partir le plus sereinement possible : l’assemblée est rassemblée, unie, et mon successeur aura en main tous les ingrédients de la réussite. On peut me reprocher plein de choses, mais l’unité de ma majorité, plus soudée aujourd’hui qu’il y a quelques années, est pour moi une grande victoire. J’ai l’impression d’avoir contribué ainsi à rassembler les Aveyronnais. Cela dit, mon successeur - ne me demandez pas qui est mon favori, je ne répondrai pas ! - aura du travail sur la planche.

Et de nouveaux défis à relever ?

Dans l’immédiat, il faut poursuivre le travail engagé sur le projet « Cap 300 000 habitants ». C’est une ambition réaliste, même l’Insee nous le dit, et la démarche n’est contestée par personne. C’est un enjeu majeur pour développer tous les secteurs d’activité, amener des ressources fiscales au Département et aux collectivités, même si la crise ne nous aide pas.

La campagne sur les mille emplois à pourvoir s’inscrit dans cette démarche ?

Bien sûr. Avec la précédente campagne, « On ira tous en Aveyron », il s’agissait de donner envie de venir dans le département. Aujourd’hui, on continue ce travail essentiel sur l’attractivité de notre territoire, mais on s’intéresse surtout aux actifs, les 30-40 ans, avec des enfants pour peupler nos écoles... Les premiers résultats sont concrets, ils donnent confiance à tous les acteurs économiques aveyronnais. ça marche et ça marque, cette campagne est à contre-courant du défaitisme national. La Région emporte pourtant la compétence économique, le Département n’est donc plus en première ligne... Mon souci est de savoir comment aider les élus, ceux des communautés de communes notamment, à porter des projets, à financer le développement économique. Je vais proposer en ce sens de fédérer le Département avec ces collectivités, les chambres consulaires, les partenaires institutionnels. Et puis, on peut rester très inquiet de l’avenir du diesel pour Bosch, de la Sam à Viviez, du petit commerce... Et avoir envie d’agir. Cela dit, l’Aveyron ne s’en sort pas trop mal sur le terrain économique et le Département y a apporté une large contribution.

Que voudriez-vous voir aboutir avant de partir ?

En 9 ans, il s’en est fait des choses ! Et l’on a investi 675 M€ dans les travaux, distribués pour la majeure partie aux entreprises aveyronnaises. Cela étant, j’aimerais voir aboutir la liaison entre le Causse comtal et Sévérac. Mais c’est un vœu pieu, j’en ai bien peur. Et qu’aimeriez-vous que les Aveyronnais retiennent de votre présidence ? Que je suis quelqu’un d’assez généreux, que j’aime les gens et que je me saignerai pour apporter les réponses les plus positives possibles. Mes relations avec les élus de droite comme de gauche sont saines, on va tous dans le même sens, celui de l’Aveyron et de ses habitants, à l’exemple du dialogue entre le Département et l’Agglomération de Rodez... Et puis, ce qui me plaît, c’est quand je vais à Saint-Geniez, par exemple, et que je sens les gens reconnaissants du travail qui a été fait. Qu’ils retiennent le travail accompli et qu’ils en soient contents… 

Christophe Cathala
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